TROISIÈME PARTIE
ci-dessus indiqués, comme du salpêtre, du soufiv; et du charbon , ces trois éléments d'une autre sorte. Isolés, ils n'ont rien qui étonne; combinés, ils produisent des effets surprenants.
Une affirmation purement théorique des vertus de la poudre eût été certainement accueillie jadis avec une incrédulité bien grande , et je ne saurais exiger par anticipation plus de confiance dans le résultat des moyens que je propose pour maîtriser les illusions du sommeil. Qu'on veuille bien cependant suivre mes indications précises; qu'on mette de la persévérance à contrôler sciemment ce qu'elles valent, et j'accepte volontiers par avance le jugement qu'on en portera.
Ici, je prévois une objection ou réflexion de quelques esprits positifs. A supposer, penserontils, que l'expérience confirme pleinement tout ce qui vient d'être avancé , que chacun soit maître de régler ses rêves et de soumettre pendant la nuit son imagination à sa volonté, quelles seront les conséquences de cette découverte , et quelle en sera l'utilité ?
Il me serait permis de répondre à cela que chacun trouvant utile ce qui l'intéresse , le seul résultat de pouvoir rêver à ce que bon lui semble sera jugé de soi-même fort utile par quiconque y prendra son plaisir. Mais je n'entends pas, je n'ai jamais entendu réduire aux proportions d'un sim-
pie amusement une méthode applicable aux progrès de la science, autant qu'aux inspirations de la fantaisie. Je rappellerai donc ici que j'ai insisté plus d'une fois, en m'adressant aux médecins et aux psychologues , sur la part d'intérêt que cette méthode doit leur offrir.
Un dernier mot enfin , avant de déposer la plume, pour protester contre cette éternelle comparaison du sommeil et de la mort dont les auteurs anciens et modernes ont fait un si étrange abus. Que ce soit au point de vue matériel ou bien au point de vue matérialiste qu'on l'envisage; que ce soit l'apparence d'un cadavre que Ion veuille chercher dans l'aspect d'un homme endormi, ou bien un exemple de l'anéantissement possible du Moi qu'on imagine trouver dans une absence momentanée de la pensée, une telle comparaison est également fausse à tous égards.
IN 'est-ce point d'ailleurs une idée bizarre que celle de prétendre comparer une situation qu'on ne connaît guère , avec un autre état qu'on ne connaît pas ?
Je préfère de beaucoup le vieil axiome qui nous dit : la vie est un songe. A ceux pour qui c'est un songe pénible , elle laisse du moins l'heureuse pensée de se réveiller dans la mort.