‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 67 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mairie exclusif de la médecine que je ne me sens pas capable d'aborder. Je dirai seulement que ces aperçus me paraissent abonder en observations utiles, et je citerai quelques passages qui ne sortent point du cadre que je me suis tracé.

En parlant des oppressions si pénibles auxquelles on a donné le nom de cauchemars, Moreau (de la Sarthe*) s'exprime ainsi :

« Ce genre de rêves est susceptible d'une infinité de modifications très-variées depuis l'impossibilité d'avoir ou de communiquer certaines idées, d'ef fectuer un projet, d'accomplir une résolution quelconque jusqu'à l'angoisse que l'on éprouve en sentant l'imnossibilité de faire un mouvement pour se dégager de la position la plus dan gereuse.

« On regarde avec raison le véritable incube, le cauchemar complet et absolu, comme le plus pénible et le plus douloureux de tous les rêves, et il n'est pas étonnant que l'on ait pensé qu'il ait pu devenir, dans certaines circonstances, une cause de mort subite.

« Cette espèce de songe est éminemment caractérisée par la vue d'un grand péril ou l'apparition de l'objet le plus effrayant, le plus horrible, combinée avec l'impossibilité vivement sentie, de parler, décrier, de se mouvoir, accompagnée d'un sentiment d'angoisse et d'oppression qui ne se

rencontre pas dans les autres songes morbides, quelque tragiques et quelque douloureux qu'on puisse les supposer. »

Je ferai remarquer encore que cette atroce anxiété, que cette oppression désespérée dont la cause physique occasionnelle n'est parfois qu'un léger malaise prouvent à quel point la sensibilité peut s'accroître durant le sommeil. Le cauchemar nous offre l'expression de la.souffrance, poussée par cette surexcitation nerveuse et morale à son maximum d'intensité, comme aussi certains rêves d'une tout autre nature savent exalter en nous l'instinct des passions les plus ardentes et nous font éprouver des sentiments de joie , des transports dune volupté suprême qu'il serait difficile de ressentir aussi profondément dans la réalité.

« Plusieurs dispositions morbides, mieux déterminées que celles qui occasionnent le cauchemar, » poursuit Moreau (de la Sarthe), « ont une influence marquée sur la nature des rêves, à tel point que, dans ce cas, le songe des malades peut mieux éclairer sur leur situation qu'aucun autre moyen d'information. Si l'on devait s'en rapporter à quelques observations faites par des auteurs dignes de foi, les inspirations, la voix intérieure de l'instinct auraient présenté, dans certaines circonstances, pendant les rêves, une justesse

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