‹ Les revoltees comedie en un acte en versChapitre 20 sur 21 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

CLAIRE

J’y suis condamnée.

BRION

Glaire, ne raillez pas, quand je viens, à genoux, < Resserrer les liens qui m’unissent à vous.

CLAIRE

C’est le code civil lui-méme qui nous lie,

N’est-ce pas suffisant? Le moyen qu’on s’oublie.

Quand on est attaché l’un à l’autre! et pourquoi S’inquiéter de nœuds garantis par la loi?

BRION, 88 remettant nn pen.

Ne dissimulez plus, je vous avais comprise.

CLAIRE

AhI ■ V

BRION

'J’ai VU votre amour.

CLAIRE

Mais le succès vous grise;

Je ne vous aime pas.

BRION

Pourtant...

CLAIRE

Oh! pas du tout.

BRION

Affrontiez-vous ce bruit par plaisir ou par goût?

DARGIS.

Pourquoi plaidiez- vous donc?

CLAIRE

Par esprit de chicane

On plaide pour son champ, son fossé, sa cabane.

Pour son droit ; on attaque un voisin qui nous nuit ;

On n’aime pas toujours les gens que l'on poursuit.

BRION, étonné.

Vous n’êtes pas jalouse ?

Ohl Dieu 1 Je suis Normande.

Mais jalouse? de qui? de quoi? Je le demande.

Rayez donc ce gros mot de vos illusions j Que faut-il jalouser ? vos acquisitions? ^ i . \

DARGIS, il CUirt.

Vous êtes bien cruelle 1

SUZANNE

Oh 1 non, non, elle est ferme.

BRION, k Uaire.

Je vendrai ma maison.

CLAIRE

Et ce qu’elle renferme.

Gardez tout, cher monsieur, et puisque c’est loyal, Tronipez-moi sans rougir, je n’y vois aucun mal.

BRION

Mais si mon repentir dépassait votre attente ?

Madame, jugez-moi.

CLAIRE, faisant une rérérenee.

Je suis incompétente.

C’est un mot d’avocat, je rentre dans mes frais.

(Elle s’apprête k partir.) SUZANNE, l’imitant.

Nous partons toutes deux.

DARGIS, allant k sa femme. ■*

SL je VOUS implorais T

CLAIRE

Ce n'est plus qu’un divorce amical.

BRION

Je refuse.

CLAIRE

Vous voulez me garder ? , .

BRION

C’est mon droit, et j’en use.

CLAIRE

Prenez garde, je vais tomber dans vos loisirs.

Et je serai rivée à vos menus plaisirs.

Inscrivez, s’il vousplait, mon nom dans leur programme; Vous êtes prévenu, vous avez une femme.

' SUZANNE, k Dargis.

Monsieur, userez-vous de violence aussi?

Je m’attache à vos pas.

CLAIRE, k Brion.

Pesez bien tout ceci :

Je vous force à porter, de janvier à décembre, ^

L’armure des maris, une robe de chambre.

BRION

Vous ne pouviez m’offrir rien de plus engageant.

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