SCENE PREMIÈRE
BRION, DARGIS *.
Dargis est assis à son bureau de travail.
BRION, entrant brusquement et avec joie. J'apprends votre retour.
DARGIS.
J'arrive de Bretagne.
BRION
Vous quittez vos clients pour courir la campagne. Et vous restez perdu, trente jours, à Quimperl
J'avais accompagné ma femme.
BRION
En plein hiver!
Vous êtes revenu sans bruit?
DARGIS.
Cette semaine.
BRlONj s'asseyant.
Ah! Dargis! c'est un Dieu clément qui vous ramène. Plaidez- vous aujourd'hui?
DARGIS.
Non.
BRION
Non? je suis sauvé.
* DargiSj Brion.
DARGIS.
Et de quoi?
BRIOX.
D'un désaslre idiot, d'un pavé Domestique.
DARGIS.
Un procès?
Je plaide avec ma femme.
DARGIS, étonné.
Qu'est-il donc arrivé?
BRION
Mais rien. On me diffame.
DARGIS.
Alors, c'est un procès qui m'inquiète peu ; Vous le gagnerez seul, chez vous^ au coin de feu.
BRION
La cause est appelée à la sixième chambre.
DARGIS.
Allons, c'est impossible!
BRlON.
Aujourd'hui, vingt décembre, J'entrevoyais, enfin, un terme à mes soucis ; Mon avocat se meurt, et demande un sursis.
DARGIS.
On accorde toujours la remise à quinzaine.
BRION
Attendre encor? non, noir. Je succombe à la peine. Le malade veut bien qu'on se passe de lui; C'est vous qui plaiderez.
DARGIS.
Moi?
Vous-même.
DARGIS.
Aujourd'hui?
BRION
Et vous n'aurez jamais une cause meilleure.
DARGIS.
Vous voulez que je plaide, aujourd'hui, dans une heurs?