‹ Les révoltées, comédie en un acte, en vers. Par Edmond GondinetChapitre 23 sur 27 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

BRION

Un peu moins que le vôtre.

f Riant aux cclaU.) El nous n'en dormions plus, Dargis^ ni l'un ni l'autre. Je viens de m'all(>n(lrir en lisant son rec.i'.eil, El vous alliez porter, pendant dix mois, mon deuil.

DARGIS, qui re?lo toujours abattu.

Qu'ai-je à faire, à présent, de celte découverte? 11 est trop tard.

nniOX, layoanant.

Trop lard ! C'est une porte ouverte, Une faute passée à l'étal de leçon.

Je me sens^ tout à coup, léger comme un pinson. Les femmes au cœur chaste, il faut (|u'on y revienne, Mon ami, tout est là; moi, j'adore la mienne.

DARGIS, se levant.

Vous?

BRlON.

Regardez-moi donc. Je me sens tout en feu. La pureté, le bien, le printemps, le ciel bleu, Les larmes, les candeurs, les phrases étouffées. Les rêves de vingt ans me viennent par bouffées.

DARGIS,

Nous pardonnera-t-on jamais ?

Pardonner "i* quoi?

Je suis parfait.

DAUGIS.

Brion, vous étiez comme moi, Le stupide jouet d'une odi'use ruse; Penspz-vous qu'une femme admette cette excuse?

DUIOM, se promenant d'un air île triomphe. Nous prenons, tous les dfux, un air qui me confond ; El ce sont à présent nos femmes qui s'en vont ! Nous ne sommes donc i)lus les maîtres de personne ? Nous abdiquons, alors?

(11 sonni-.) DARGIS.

Que faites-vous ?

BRION

Je sonne.

J'ai fait le mal, Dargis, je vais le réparer.

(a un domestique.)

Vous prierez de ma part ces dames de rentrer.

(Le domestique sort.) On nous quitte, on s'en va, pour une peccadille' Est-ce que c'est permis? que devient la famille ? Et l'ordre social et notre autorité?

DAUGIS.

Que voulez-vous, Brion ?

BRION

Dicter ma volonté.

Quand on est vertueux, tout est facile, on ose. Et vous allez me voir . je serai grandiose ! (Claire entre gravement, suivie de Suzanne, qui a pris son cliapeau pour partir. )

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