‹ Les révoltées, comédie en un acte, en vers. Par Edmond GondinetChapitre 6 sur 27 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Je crois bien .

SUZANNE, la regardant avec élonneraent.

Vous auriez une aulre émotion.

CLAIRE

Pourquoi? Rien n'est plus simple; un huissier fort honnête A bien voulu remettre à monsieur ma requête.

BRION, s'avaaçant.

Mais puisque le hasard me peimet de vous voir, J'apprendrai les méfaits qui me rendent si noir.

(Ils s'asseyent excepte Dargis. "* CLAIRE.

Vous n'avez donc pas lu mon exploit?

BRlON.

Je déclare Que je n'ai rien compris à ce procès bizarre.

CLAIRE

Il s'agit d'un contrat qu'on exécute mal; Je porte mes griefs devant le tribunal.

DARGIS, souriant *.

Il les faut sérieux, et j'espère, madame,

Que Brion n'a pas fait... ce que la loi réclame.

CLAIRE

Le code, cependant, a l'extrême bonté De dire quelques mots de la fidélité.

DARGIS, de même.

Oui,

CLAIRE

C'est pour rire ? — Eh bien, je m'en doutais . DARGIS, avec vivacité.

Oh ! certe, Brion a quelques torts.

BRION

Non pas.

CLAIRE, raillcusej montrant Dargis.

Monsieur déserte.

DARGIS, continuant.

Mais VOUS demandez trop en le voulant parfait, Vous en conviendrez bien, madame?

• Suzaune, Dargis, Claire, Brion.

CLAIRE, Irès-gaienicnt.

Toul à l'ait.

Pourquoi ne pas le dire avant le mariage? On nous laisse monter gaiment dans un nuage, D'où l'on voit un monsieur tendre, immatériel ; Son habit noir, lui-même, a dos tons d'arc-en-ciel! DARGIS, souriant et s'appuyant sur h) dossier do la chaise de Claire. Qu'il ne peut pas garder, madame, quoi qu'on fasse. Ce sont des rêves creux que le mari remplace.

CLAIRE

Comme les cheveux gris qui remplacent les blonds.

DARGIS, prenant un toQ d'avocat.

Est-ce donc un amour fade que nous voulons ? Brion laissait aller sa vie à la dérive ; 11 n'a peut-être pas la tendresse expansive. Mais vous êtes, au fond, son seul attachement.

CLAIRE

Au fond, comme le lest au fond du bâtiment. Je suis là pour le poids, je maintiens l'équililjre : Monsieur n'est plus garçon, mais il est toujours libre.

DARGIS.

Madame, il faut sortir de ce malentendu.

CLAIRE ; on se lève .

Nous ne serons jamais, nous, le fruit défendu, Le scandale bruyant qui mange et qui gaspille ; Nous serons le repos et l'ennui, la famille. SUZANNE, gaiement.

C'est un portrait trop laid pour n'être pas trompeur. Tous les maris sont-ils coupables?

CLAIRE

J'en ai peur.

SUZANNE

Vous n'exceptez personne ?

CLAIRE

Hélas ! non.

DARGIS, souiiaut.

Je réclame Pour un, au moins ; Adam n'a pas trompé sa femme,

CLAIRE

Il l'a calomniée.

' Dargis, Suzanue, Claire Brio

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