XVII. — UNB PROPHÉTIE
temps d’étudier cette piaule plus attentivement, et de préparer un livre qui sera le présage de ses fruits, comme celui-ci n’est qu’une révélation de leurs fleurs.
— Ne croyez pas cependant, chers lecteurs, que je doive m’endormir.
Les morts vont vile... comme dit la ballade allemande.
Aux Temps héroïques de la Grèce, ce petit monde, qui fut comme l’embryon du nôtre, succédèrent bientôt les remaniements de tous ses États; nous devons nous attendre à quelque chose d’identique dans les Temps modernes.
Nous reverrons Solon, Lycurgue, Dracon peut-être, et le dix-neuvième siècle jouira, je l’espère bien, de la répétition des sept sages répandus sur un plus vaste territoire.
Un nouveau Xerxès viendra encore échouer devant une nouvelle Salamine, et un nouveau Léonidas défendra de nouvelles Thermopyles.
— Quel Alexandre moderne poussera ses troupes jusqu’à l’Indus?
Je l’ignore, mais il est déjà né; son empire
DANS LE UENllE ANTIQUE.
s’établira, et il sera divisé comme l’Empire d’Alexandre.
D’un autre côté, partant de Troie ou de Constantinople régénérée, un nouvel Énée traversera les mers, touchera le royaume naissant de Carthage dont le germe s’élabore déjà en Algérie; il abordera dans le Latium, réveillera l'Italie de son engourdissement milliséculaire, et remuera le terrain où un nouveau Romulus plantera la nouvelle Rome.
Tous ces temps sont proches et menacent de s’accomplir ensemble, car l’Antiquité est comme un vaste paysage dont la perspective permet bien de distinguer la profondeur, mais dont le Présent ne peut figurer les lignes et les accidents qu’en les recopiant sur un même plan.
Étrange et merveilleuse époque que la nôtre ! où tout ce qui a été semé à diverses époques par les Mations divisées tend à fleurir en même temps, parce que les Nations tendent à s'unir.
Le Passé étant tout en lier dans le Présent}