I I 0 VIII. — DE LA SÉRIE DES ÉPOQUES
et les mille ans sont passés depuis bientôt mille ans.
Qu’un sceptique voie là des contradictions, je le conçois; mais celui qui sait que la faculté prophétique émane de l’infinilé de l'âme comprend très-bien que, les époques n’existant pas dans l’infini, tout Prophète est sujet à l’erreur dans la spéculation du temps.
— « Je ne suis pas de ce monde , » disait encore le Christ , et en effet il était du monde de l’Avenir, et son règne n’est pas encore venu.
Tant que notre Religion, qui se dit la sienne, le représentera cloué sur l’instrument de son supplice , elle aura beau le bénir et l’adorer en cet état, elle sera toujours juive du moment qu’elle l’y laisse.
• Quand la Religion prédite par le Christ sera enfin établie, ce n’est plus ainsi qu’on l’adorera, mais le pied posé sur sa croix brisée, le front débarrassé d’épines et rayonnant. .
Les hommes comprendront enfin, d’après le principe absolu de la Foi, que tant qu’ils
avaient cru à cet emblème d'opprobre et de misère, ils n’avaient pu créer pour eux que la misère et l’opprobre.
Commencez donc par délivrer votre Dieu, si vous voulez qu’il vous délivre !
Mais avant que ces événements s’accomplissent, l’Humanité, qui a déjà réalisé par son histoire une grande partie des vengeances célébrées dans la Bible et accompli le temps de sa captivité (celle d’Israël), va voir se dérouler en elle-même d’autres événements réfléchis encore du Passé par les Poètes, Prophètes non moins glorieux, de la Religion païenne.
— Qu’est-ce en effet que le Monde moderne ?
— Rappelons-nous ses germes principaux si nous voulons connaître ses produits.
Les peuples d’Occident sont un mélange que le temps n’a pas encore suffisamment élaboré,
— Du germe barbare, par les coutumes ;
— Du germe juif, par la foi ;