‹ Les révolutions russesChapitre 18 sur 79 · IX. — Massacres · texte numérisé non relu

IX. — Massacres

Mais en quoi la Révolution russe ne ressemble plus à la fran-. cuise : les massacres.

— lO- Rien ne justifierait une comparaison des massacres russe^ avec les massacres français (massacres de septembre 1792 ♦ ' exécutions en masse du Tribunal révolutionnaire).

Les violences de la Révolution française s'expliquent pa^ la nécessité où étaient les révolutionnaires de se défendr contre les prêtres et les émigrés qui organisaient contre eux. ; la fois, une guerre générale et tles révoltes intérieures. Cv- C^, violences ont pour exci ise « lap j^tri e en danger ».

Les massacres russes1?ont pas cette excuse. Ils se généralisent quand la guerre de Mandchourie est terminée, et* pendant la guerre Texistence de la Russie n^a pas été menacée ui: instant, ni du dehors ni du dedans.

Dans tous les cas, les massacres de Hussie ont des proportions inouïes. Ils ne s'exercent pas sur des minorités suspectes et séditieuses (comme en France), mais sur des popula- X tions entières (Polonais, Arméniens, juifs), et sur des classe^ entières .(ouvriers, paysans, intellectuels) (Journaux: de novembre et décembre 190B).

Ils se font aussi avec une cruauté et un cynisme inouïs.

Type : Le 'pogrome, (Description du pogrome idéfi' (Broch. 4, n- 60, 67, et TEuropéen, 10 juin 1905, p. 14).

Cette résistance sanglante des privilégiés russes ne s'explique même pas par des prétentions comme pouvaient en avoir, en 1789, la noblesse et le clergé.: ils avaient rendu^ en tant .que classes, des* services — ils représentaient des traditiou> nationales^ — et même ils ont fait des gestes honorable^, comme dans la nuit du 4 août.

En Russie, Taristocratie n'existe pas ; — le clergé ne reprt'senterien. Le seul pouvoir qui ait un intérêt à empêcher la révolution, est la coterie des grands-ducs et des fonctio'nnaires^ c'est-à-dire des gens qui se font payer pour servir If peuple (Broch. 2, \v' 7, 8, 30-34).

X» NécesBitô de surveiller la Bévolution ruditie«

Pourquoi?

1^ Pour apprendre comment se perfectionnent les procédés révolutionnaires :

Bombes.

Grève générale^ à imiter.

Insurrection de Moscou, à ne pas imiter.

2* Pour sauver les capitaux qu'ils ont placés en Russie.

Les Français ont prêté au gouvernement russe plus de 11 milliards. Ces emprunts ont servi à faire la- guerre de Mandchourie et à massacrer les révolutionnaires. Or, les titres russes ont pour acquéreurs de très petits renti ers, c'est-à-di re ([uej /argent d oiil-yiLla tsarisme yiçnt.du petit peuple de / / c l^^rance. Il faut mettre un terme à ce scandale. Il ne faut pas que les Français qui ont profité de la Révolution française et rtui continuent à la développer subventionnent le gouvernement qui veut arrêter la Révolution russe. Ils doivent aussi * comprendre que leurs chances de rentrer dans leurs avances augmenteront beaucoup, et même subsisteront seulement, dans le cas où le gouvernement impuissant du tsar sera remplacé par un gouvernement populaire et responsable (L'Européen, IG septembre 1905, P- 1^; 16 décembre 1905, pp. 3 et 7; :?3 décembre 1905, p. 4; 30 décembre 1905, p. 5; 6 janvier 1906, p. 3 ; 13 janvier 1906, p. 1 ; 20 janvier 1906, pp. 4 et 12).

S"" Pour veiller aux tentatives de contre-révolution j qui se produisent à l'occasion de toutes les révolutions, surtout quand ces révolutions se propagent. -

Or la Révolution russe se propage, ou du moins se répercute déjà: . ' .

En Allemagne, agitation pour le suffrage universel (Journaux de décembre 1905 et janvier 1906, surtout aux alentours (lu 21 janvier).

En Pologne allemande, grèves (Journaux de décembre 1905 et janvier 1906).

En Autriche, agitation pour le suffrage universel (Journaux de décembre 1905 et janvier 1906).

En Italie, agitation pour le suffrage universel (Journaux de décembre 1905 et janvier 1006).

Il faut donc craindre des mouvements comme :

La Contre-Réforme du xvi" siècle ;

La Sainte Alliance de 1815 ;

La Réaction de 1819 (journées de juin, loi Falloux, Spectre Rouge) ;

La Réaction d'après 1871 contre les socialistes dans tous les pays. (Loi de 1872 contre. rinternationale, lois scélérates de 1893).

V- Il faut craindre surtout le triomphe du gouvernemeu russe, car il est depuis longtemps le 7^éservoir de la 7^éacti>r en Europe (rEuropôen, 11 juillet 1903, p. 9) :

Alexandre I" et la Sainte Alliance.

Nicolas I" et les Hongrois,

Le gouvernement russe et raffaire* Dreyfus (rEuropéen. 9 janvier 1904, p. 12 et 23 janvier 1904, p. 9)/

Police internationale (rEuropôen, 4 avril 1903, p. 7).

Massacres d'Arméniens.

Pour comble, la Russie jouit des sympathies de YEglise :

Catherine II et les Jésuites.

Les évoques polonais (Bôrard, p. 113-118; TEuropéen 15 mai 1904, p. 10).

La dernière encyclique (Journaux de décembre 1905).

(Pour des renseignements bibliographiques sur des points spéciau' de l'histoire russe ou de la révolution russe, s'adresser au sécrétai i* de la Société des Amis du Peuple 7^nsse, 2^j, rue Dauphine.)

Paris. - Imprimerie L. POCHY, S17, rue Vieillo-du-Temple. — Tél. a^o-;""»!

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