PLOMB
OÙ on les rencontre. Je me contenterai donc de mentionner quelques gîtes, plus particulièrement plombeux, que je ne me suis pas trouvé signaler pour le zinc.
Au Haroc, le district de Tadlah^ près Mekinez, passe pour contenir du plomb, en même temps que du cuivre et le Sud-Ouest du pays, que Ton appelle le Soos a, dit-on, exporté de l'argent, provenant de galènes, en Vénétie, pendant le moyen âge.
En Algérie, le gîte bien connu et concédé de Garrouban, sur la frontière marocaine (30 kil. S.-O. de Lalla Maghnia) est formé de filons encaissés dans les schistes anciens, où l'on trouve, en môme temps, un peu de cuivre pyriteux et de faibles quantités de blende. Le groupement du plomb avec le cuivre, qui a été rarement signalé par les géologues, est un de ceux que nous allons rencontrer assez fréquemment dans l'Afrique ; il existe, d'ailleurs, dans beaucoup d'autres pays : par exemple, pour citer deux gisements de genres très différents, dans les filons de Linarès en Espagne et les grès triasiques à nodules métallifères de la Prusse Rhénane.
Un assez grand nombre de gisements plombeux dans l'Ouest Algérien se présentent tous avec un type analogue, sous la forme de veines noduleuses au milieu de calcaires bathoniens, devenus dolomitiques au voisinage du gisement. Dans ces veines, les nodules de galène, plus ou moins volumineux, sont accompagnés par de la blende et parfois des traces de cuivre. Ce type, qui existe à Deglem, Coudiat Reça$,Saiday Kselna, se retrouve également, plus à l'Est, dans le Bou-Thaleb, au Sud de Sétif, gisement déjà mentionné plus haut comme zincifère, mais où les Arabes avaient exploité beaucoup de plomb.
Une association différente du plomb, cette fois avec le fer, sous forme d'hématite, a rarement de la valeur comme gisement plombeux, mais est intéressante à signaler, parce qu'elle apporte un indice de plus en faveur de l'origine sulfurée, que Ton est peut-être en droit d'attribuer à certaines hématites. Le cas se présente à Messelmoun, à l'Est du cap Ténès.
Dans le département d'Alger, près de Palestre, à Tellat, il existe, au voisinage d'îlots liasiques, des imprégnations plombeuses.
Enfin, dans l'Est de l'Algérie, la galène, souvent très disséminée, se rencontre dans le calcaire à orbitolites k Mestoula^ Sidi-Yousêefy etc.
En Tunisie, comme n.ous venons de le voir, le plomb, ainsi qu'en Algérie, accompagne ordinairement le zinc ; nombre de gisements tunisiens ont été exploités pour plomb par les anciens, et les travaux actuels, quand ils s'enfoncent, retrouvent, en bien des points, le prolongement de ces zones plombifères. En outre, les gisements tunisiens produisent de grandes quantités de minerais mixtes, nécessitant une
préparation mécanique, que l'on commence (1902) à traiter en grand dans diverses laveries ; il en résulte que la production des minerais de plomb a beaucoup augmenté en 1901 et paraît destinée à s'accroître encore. Ce plomb se présente à l'état de galène, partiellement transformée en cérusite, avec la calamine, ou avec les argiles rouges zincifères, résultant de la dissolution superficielle des calcaires calaminaires. Parmi les principaux gîtes de plomb tunisiens, je rappelle ceux du Djebel Reças, de Sidi-Youssef, de Sidû Ahmed, de Fedj el Adoum^ etc., dont la description sera donnée ultérieurement au chapitre X. Le reste de l'Afrique nous offre surtout des exemples de l'association cuivre et plomb, déjà signalée tout à l'heure à Garrouban ; on la retrouve, par exemple, dans le Niari, le Katanga, à Grand-Otavi et à Tsoumeb, dans le Sud-Ouest africain allemand.
Dans le Niari, près de Mindouli^ la galène paraît faire partie d'un ensemble filonien complexe, infiltré avec substitution dans des calcaires et comportant un mélange de fer, cuivre, plomb et zinc. La galène a subi un commencement de transformation en cérusite. La môme association de cuivre et plomb, qui existe si souvent dans les gîtes sédimentaires de la période permotriasique, se retrouve, plus à l'Ouest, dans le gisement de Mboko-Songo.
Dans l'Angola, j'ai cité plus haut des filons, renfermant le même groupement de cuivre et de plomb, qui existent, dit-on, près Domôc, au Sud de Benguella.
Dans le Sud-Ouest Africain Allemand, le gîte de Tsoumeb passe pour constituer un amas important à forte teneur en cuivre et en plomb.
Au Transvaal, l'association cuivre et plomb se retrouve dans un groupement complexe, qui caractérise la zone métallisée du niveau supérieur de la dolomie, entre Pretoria et le district de Marico, à rOuest. Les gisements se présentent parfois, comme à Kromdraai, sous la forme de véritables filons de quartz et fluorine, avec galène, cérusite et pyromorphite ; ailleurs, on a des amas de minerais plus complexes (galène, blende, calamine, pyrite, chalcopyrite, cinabre et fluorine), dans des élargissements de la dolomie.
La Transvaal Silver mine renferme une association de galène et cuivre gris argentifères avec crocoïse. Il existe également, en rapport probable avec les roches éruptives du Boschveld, des filons de galène (et blende accessoire) dans le niveau supérieur des quartzites du Magaliesberg (Elendale^ etc.).
A Madagascar, on connaît un peu de plomb près du gîte de cuivre A' Ambatofangehana, et, dans la même région, la haute vallée de la Vaio présente, dans un bassin silurien, de beaux filons de galène, avec