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LES MINERAIS DE FER AFRICAINS

1* Congo français. Angola. Katanga.

2* L'Est-africain. Madagascar. TransTaal.

3* Maroc. Algérie et Tunisie (la Talha, Mokta el Hadid, Djebel Ouenza, Tabarca) .

Les minerais de fer constituent une richesse, dont la mise en valeur nécessite un état de civilisation déjà avancé et des voies de communication faciles. C'est pourquoi, bien que ce genre de minerais semble particulièrement abondant en Afrique et puisse être regardé comme une ressource précieuse pour l'avenir de ce pays, n'avons-nous à mentionner qu'un très petit nombre de gisements de fer réellement exploités : gisements tous situés sur notre côte méditerranéenne d'Algérie, à proximité de ports d'embarquement. Il faut ajouter, d'ailleurs, que, jusqu'au jour où le mode d'extraction du fer se sera complètement transformé et où l'on aura, par exemple, trouvé un traitement électrique facile, ce qui permettrait l'utilisation des forces motrices hydrauliques, l'Afrique paraît devoir rester dans un état d'infériorité notable pour la grande industrie métallurgique, par suite du défaut de vastes gisements houillers, auxquels ne pourra suppléer que secondairement la combustion de ses immenses forêts.

Cette remarque faite, les gisements de fer africains se divisent en deux catégories principales : 1*, les gîtes en amas, intercalés dans les terrains primitifs ou primaires de toute la masse continentale africaine; et, 2°, les formations plus récentes, en relation avec les plissements et, peut être, avec les roches éruptives tertiaires de la chaîne algérienne. On peut ajouter à ces deux groupes principaux les produits d'altération et de concentration superficiels, qui, au détriment des divers gîtes profonds, parfois même par l'isolement ou la remise en mouvement mécanique et chimique d'éléments ferreux disséminés el inutilisables dans les roches, ont formé, à la surface, de petits dépôts : ce sont là, généralement, en tous pays, les premiers minerais, auxquels

s'attaque une industrie rudimentaire des indigènes, d'abord parce qu'ils sont faciles à exploiter à ciel ouvert et à concentrer par triage à la main ou simple débourbage, ensuite parce qu'ils sont, pour la plupart, aisément fusibles. Le fer ne paraît pas exister, en Afrique, sous forme de niveaux sédimentaires proprement dits, analogues à ceux qui font, par exemple, la richesse de TAlsace-Lorraine ; et cela se conçoit, étant donné la très faible extension des terrains secondaires et tertiaires, oQ se trouvent, en Europe, la plupart de ces niveaux. En parcourant, d'abord, la masse continentale africaine, nous ne rencontrerons que des gîtes du premier type, c'est-à-dire intercalés dans les terrains anciens métamorphiques ; en terminant par la côte méditerranéenne (Algérie et Tunisie), où se trouvent les seuls gisements de fer ayant une réelle valeur industrielle, nous observerons, à la fois, des amas primitifs et des épanchements filoniens, ou des dépôts de substitutions tertiaires, que nous ne séparerons pas les uns des autres pour ne pas rompre l'unité géographique de la description.

La grande masse continentale africaine, — c'est-à-dire tous ces terrains anciens métamorphisés et plissés, que l'on retrouve, de tous côtés, en Afrique, recouverts par un manteau intermittent de terrains du Karoo horizontaux — paraît être remarquablement riche en oxydes de fer cristallisés, oligiste et magnétite, comme elle l'est, nous l'avons vu déjà, en sulfure de fer, parfois cuprifère, parfois nickélifereoucobaltifère, parfois aurifère.

Il n'y a rien là que de très conforme avec la thèse générale, sur laquelle j'ai insisté dans ce volume, d'après laquelle les gisements africains seraient, en général, des gîtes de profondeur, mis seulement au jour par une très longue érosion et assimilables à ceux que l'on rencontre dans d'autres portions du globe, également érodées jusqu'à la racine depuis un plissement extrêmement ancien, à la suite duquel l'écorce est toujours restée stable : par exemple, la Scandinavie et la Laponie, ou le Canada avec le Nord des États-Unis *, ou encore le Brésil. L'on sait quelle est l'extraordinaire richesse en amas ferreux des pays Scandinaves ou Nord-américains ; les gisements du Brésil, peu mis en valeur, paraissent presque comparables. On pouvait donc s'attendre, a priori, par suite de cette assimilation théorique, à trouver en Afrique de grands amas, de vastes couches interstratifiées d'oligiste et de magnétite, des montagnes de fer, comme celles de Kirunavara, Gelli-

* Les chaînes de plissement les plus anciennes de noire hémisphère s'étant formées autour du pôle nord, c'est là que l'érosion a pu les attaquer le plus longtemps et que l'on a des chances de rencontrer, à la surface, les roches les plus profondes. Peut-être est-ce pour cela que les gttes de fer sont particulièrement nombreux dans cette couronne boréale et on est en droit de se demander si l'orientation du magnétisme terrestre n'en aurait pas été influencée.

vara, ou Graengesberg, en Suède, des dépôts semblables à ceux du Lac Supérieur, avec des ségrégations ou des inclusions de magnétite dans des roches basiques, moins intéressantes pour Tindustrie, mais importantes pour la théorie des gîtes métallifères, par la lumière dont elles éclairent les autres formations. Autant que l'on peut en juger d'après les récits des voyageurs et les résultats encore très sommaires de premières explorations, c'est, en effet, ce que semble présenter la masse africaine. Tous ces gisements, plus ou moins altérés à la surface suivant une remarque précédente, se présentent à un premier examen dans des conditions analogues, qui permettront d'être assez bref sur leur description : la plus grande différence entre eux résulte de leurs dimensions absolues, élément du plus haut intérêt, quand il s*agit de cuber et d'apprécier industriellement un gîte, mais qui ne modifie que peu de chose à une description sommaire, comme celle qui peut trouver place ici.

Suivant l'ordre généralement adopté dans cet ouvrage, nous allons faire le tour de l'Afrique en commençant par le Nord-Ouest, c'est-à-dire par le Soudan, ce qui nous permettra de décrire d'abord tous les gisements primitifs pour finir par les gisements tertiaires d'Algérie.

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