Couche de phosphate de chaux
Marnes noires gypseuses, renfermant à leur base, à AYn-Kissa, une couche de 70 à 80 centimètres de phosphate de fer, avec nombreux cristaux de gypse et dents de squales.
La couche de phosphates i , qui a 3 mètres d*épaisseur et qui donne lieu à rimportante exploitation Crokston, est particulièrement intéressante. Elle est d aspect grisâtre gréso-sableuse et, sur les 70 centimètres supérieurs, se charge de silice en même temps qu'elle s'appauvrit ; ce banc dur est ménagé comme toit des travaux. La teneur du reste de la couche va de 60 à 70 p. 100 de phosphate.
L'aspect de ce banc est tout à fait celui d'un dépôt littoral. On y voit
des zones blanches et gréseuses, qui s*entre-croisent. En outre, les nombreux restes de poissons, de sauriens, et de crustacés, qui s'y trouvent, semblent avoir été rejetés là par les vagues comme sur une plage.
Le banc phosphaté fait tout le tour du plateau ; mais les recherches méthodiques, exécutées en 1898 par le Service des Mines, ont malheureusement montré que, dans toute la partie Nord, il devenait trop pauvre pour être exploitable. Ces recherches renseignent, d'une façon intéressante, sur la grande variabilité de teneur de ces dépôts : variabilité toute naturelle d'ailleurs, étant donné leur origine littorale. En résunié, il y a eu, dans le Dyr, une zone extrêmement riche à 70 p. 100, qui existait, au Sud-Est, sur environ 200 mètres de long et qui a fourni 300000 tonnes environ. Quand on s'en est écarté vers l'Ouest, on est descendu d'abord à 65 p. 100 et l'on arrive progressivement à 68. Dans tout le Nord, on n'a guère que 50 p. 100. Par contre, dans cette région Nord, au Nord-Est, on a trouvé, dans les marnes noires inférieures, un point très riche, d'environ 100 mètres de long, pouvant contenir 100 000 tonnes entre 65 et 70 p. 100 ; mais, comme l'exploitation de cette zone riche aurait demandé la construction d'un chemin de fer de 50 kilomètres, on n'a pu l'entreprendre.
En résumé, les exploitations du Dyr Sud (S" Crokston, convertie en S" française des phosphates du Dyr; S portent sur environ 1 :200 mètres de long et fournissent à peu près 90 000 tonnes par an : ce qui leur permettra de faire concorder, avec la fin de leur amodiation vers 1910, l'épuisement de leur gisement. Elles sont reliées à la voie ferré^i du Bône-Guelma par un chemin de fer de 6 kilomètres à voie de 0,60 m., un câble aérien sur 2,5 kilom. et une voie de 1 mètre sur 4 kilomètres.
Le même banc phosphaté se retrouve, plus à l'Est, dans le Djebel- Kouif (exploitation Jacobscn, aujourd'hui à l'Omnium), où les exploitations atteignent déjà un chiffre supérieur à celui du Dyr (environ 110.000 tonnes par an) et paraissent devoir être plus durables ; on considère qu'à l'expiration de l'amodiation, dans une dizaine d'années, le Sud seulement sera dépilé et l'Ouest restera à prendre. Les phosphates atteignent là 4,50 m., dont les trois quarts exploitables, avec de fortes teneurs, qui, pour certaines parties tendres, montent à des chiffres très élevés, et donnent une moyenne d'environ 65 p. 100. On exploite par foudroyage et Ton perd, dans les deux bancs supérieurs, des quantités importantes de phosphates à 50 p. 100, qui auraient pu constituer une ressource pour l'avenir.
Enfin, à Ain-Kissa, le gisement, moins riche et plus tourmenté, pro-
' Cette compagnie possède, de plus, en Tunisie, la concession du Kalaal-èê' Sénantt dont il sera question plus loin, p. 226.
RicheMM miaérales de l'Afrique. 15
226 Ll!:S RlGHliSSIiS MINÉRALES DE L'AFRIQUE
duil environ 50.000 tonnes, dans les exploitations de l'Omnium, qui a acquis, en grande partie, les droits de la société française des phosphates de Kissa. l.à on ne trouve déjà plus la grosse couche du Dyr, mais une série de couches de 0,80m. à 1,10 m. en nombre un peu variable (jusqu'à 6), qui semblent provenir de son dédoublement. Chaque banc a son toit formé par un banc de silex.
Au Sud-Ouestde Tébessa, et à environ 30 kilomètres du Dyr, se trouvent les phosphates du plateau de Chéria (près le village d'Youks), que M. Jacob a décrits en 1895 et qui étaient alors inexploités. Là également, on trouve, à la base, les calcaires à inocérames sur les marnes grises du sénonien et, au-dessus, le suessonien, débutant par des marnes noires, auxquelles succèdent les bancs phosphatés, surmontés par des calcaires blancs durs à nodules de silex. Un banc de silex caractéristique jalonne le niveau supérieur de la couche phosphatée. Suivant M. Jacob, la coupe serait identique à celle du Dyr.
Plus au Sud, le terrain sucssonieu s'étend sur des surfaces considérables jusqu'aux confins du Sahara et forme une longue traînée de Gafsa vers Biskra, au Nord de la dépression des Chotts. L'existence des phosphates y est considérée comme vraisemblable ; mais les difficultés de transport enlèvent, jusqu'à nouvel ordre, à celte zone, toute valeur industrielle.
Vers le Nord, au contraire, la formation de Tébessa se prolonge en gardant des caractères analogues, vers Kalaat-es-Senam, Kalaat- Djerda, les Ouartan, Djebel-Ghakelma (près Sbiba), le Kef, Sidi-Ayei et Teboursouk.
Gisements de Kalaat-es-Senam, Kalaat-Djerda, des Ouartan, de Sbiba, etc. — La montagne très escarpée du Kalaat-es-Senam ou Guelaat-es-Snam (Kalaat, château fort, falaise), forme, d'après M. Thomas, un immense bloc calcaire rectangulaire, de plus de 80 mètres de haut, posé au sommet d'une pyramide quadrangulaire et accessible seulement par un étroit escalier, entaillé de main d'homme dans son entablement Nord.
Ce calcaire, étonnamment riche en nummulites, renferme quelques parties phosphatées. 11 repose, comme dans la coupe du Dyr, sur des alternances de marnes noires avec bancs phosphatés, atteignant 10 mètres d'épaisseur ; mais, entre ces marnes et le calcaire nummulitique, s'intercale un calcaire blanc à gastropodes. Les travaux de l'Administration, en 1899, ont établi l'existence d'une couche de 1,60 m. à teneur de 60 p. 100, cubant 5 à 6 millions de tonnes.
La concession de ce gisement, situé en Tunisie, a été adjugée, en 1900, à la C** des phosphates du Dyr, moyennant une redevance de 1,77 fr. par tonne, plus un droit d'exportation de 0,50 (r. ; mais elle ne
pourra être exploitée qu'après la construction de la voie ferrée de Pontdu-Fahs àKalaat-es-Senam. Cette voie doit être établie prochainemenL
En continuant vers le Nord-Est, on trouve une disposition analogue. i\\i Kalaai-es-Djerda, près d'Haydra, les phosphates sont riches et leur teneur paraît dépasser 60 p. 100 ; ils sont malheureusement l'objet de litiges, qui en retardent l'exploitation. Au Kouif, entre Tébessaet llaydra, l'épaisseur reconnue n'est que de 3 à 4 mètres.
Le gisement du Kef-el-Massouje fait partie d'une ligne d'affleurements de calcaire nummulitique, qui relie le Kalaat-es-Senam aux Khremensa. Un niveau phosphaté, situé sous le calcaire, ne contiendrait, d'après les premières recherches, que des minerais à moins de 50 p. 100. Au plateau des Ouarlan, au Sud du Ksour, une large ondulation synclinalc de calcaire nummulitique, dirigée perpendiculairement aux plis principaux, repose, comme partout, sur un niveau phosj)iiaté, qui, d'après les travaux faits en 1897, présente, en un point (Djebel- Ayata, au S.-O), 15 mètres d'épaisseur, dont une couche i\c 2,60 m. à 56p. 100. Au Djebel-Chakelma, près de Sbiba,le Service des Mines a reconnu, en 1901-1902, une formation phosphatée d'environ 20 mètres, avec teneurs variables atteignant 60 p. 100.
Gisement du Kef . — Le gisement du Kef prolonge ceux de Tébessa et de Kalaat-es-Senam. On trouve là environ 6 mètres de couches phosphatées à 35 p. 100, à la base du vaste plateau nummulitique^ qui s'étend, à l'altitude de 850 mètres, à côté de la ville du Kef et qui porte le nom de Dyi^el-Kef.
Région de Sidi-Ayet. — Les gisements de Sidi-Ayet sont situés dans la vallée de l'OuedSiliana, au Sud de Testour, à 55 kilomètres environ de la Hgne de Tunis à Constantine ; ils ont, à diverses reprises, attiré l'attention, mais on n'y a encore reconnu que des bancs à moins de 45 p. 100, inexploitables.
Les couches phosphatées sont dirigées Nord-Sud avec plongement Ouest. Elles reposent sur des marnes grises gypseuses et alternent avec des bancs de calcaire, de marnes et d'argiles.
Dans le groupe le plus important de cette région, celui d'Oued-Merire, on a sept à huit couches sableuses d'épaisseur variable entre 0,50 m, et 0,90 m., comprenant beaucoup de nodules phosphatés et de coprolithes, qui, séparés du sable, atteignent une teneur de 60 p. 100, mais dont Tenrichissement est difficile. Ailleurs, on trouve des bancs, soit blancs, soitrougeâtres, à faible teneur de 15 à 20 p. 100 de phosphate.
Enfin, l'on connaît mal, dans la région Nord, avoisinant le cours de la Medjerda^ les gisements du Djebel-Skama (Ouled-Aya), du massif du Ghorra, près Teboursouk, etc.
gnent .souvent ces amas de gypse. Par exemple, Tophite de VOwd- Chaucky à 14 kil. S. de Souk-Arrhas, renferme de nombreuses lamelles d oligiste, avec quelques indices cuivreux.
Ces mêmes dépôts gypseux de Souk-Arrhas doivent se prolonger dans TEst de la vallée tunisienne de la Medjerda et dans celle de rOued Mellègue.
Il semble qu'ils reposent sur des schistes cristallins avec bancs à glaucophanes et soient recouverts directement par du sénonien.
La seule exploitation de plâtre, qui présente de Timportance en Tu7ii- $ie est celle de Tebourba, reliée par un embranchement particulier à la ligne de Tunis à Bône.
En moyenne, à 100 ou 150 kil. S. de cette première zone triasique saline, on en trouve une seconde, immédiatement mise en évidence sur une carte par cette longue traînée presque continue de Chotts, généralement salés, qui commence au Chott el-Charhi et au Choti el-Chergui à l'Ouest, entre Tlemcen et Aïn-Sefra, et se termine aux Chotts des Hauts-Plateaux, entre Batna etTébessa. Pour ces derniers seulement, la démonstration a été clairement faite que l'origine de leur salure est due, non, comme on l'avait jadis supposé, à quelque fond de mer évaporé, mais au simple lessivage des terrains triasiques voisins. Ceux d'entre eux, qui ne reçoivent que des eaux douces ayant circulé sur des calcaires, sont, en effet, exempts de sel.
Les principaux des Chotts salés sont, de l'Ouest à l'Est : le Chott el- Charbi, Ck. des Hamian, Chott el-Chei'gui, Zahrez-Rarbi, Zahrez Chergui, Ch. el-Hoâna; puis, sur le plateau qui s'étend au Nord de TAurès, entre Batna et Aïn-Beida, à environ 800 ou 1.000 mètres d'altitude : le Tinecilt (4 kil. sur 5), le Zemoul (7 kil. sur 9), le Guerrah eJrMarzel (4 kil. sur 3), YAnk el-Djemel (10 kil. sur 7), le Guéliff, le Tharf (18 kil. sur 12), le Djendlù
Ces derniers Chotts sont, d'après M. Blayac, alimentés par le terrain triasique marno-gypseux et, en partie, par des terrains lacustres oligocènes, eux aussi légèrement salés. Certains d'entre eux renferment assez de sel pour qu'on l'exploite : ainsi le Zemoul, l'Ank el Djemel. Leur profondeur d'eau la plus grande ne dépasse guère 2 mètres. Seul, le Djendli, très faiblement salé et encaissé entre des falaises abruptes, est rarement à sec. Dans la môme région, des lacs, alimentés par des rivières qui ont circulé sur des massifs exclusivement calcaires, ne renferment, comme je le faisais remarquer plus haut, que de l'eau douce.
Au sud de cette ligne de Chotts, les amas gypso-salins et les sources salées, alimentées par d'autres amas souterrains, sont nombreux.
Citons seulement, avec M. Lacroix, les amas salins d' Aîn-Otierkal (41 kil. E., 2« S. d'Aïn Sefra), de VOued Cheria (40 kil. S. de Geryrille),
MATIÈRES SALINES EN ALGÉRIE Ul
du Djebel Malah (52 kil., IS* 0. dAflou), du Khang eJrMelah (au Sud d*Âflou, sur la route de Laghouat).
Plus au Nord, entre les deux lacs salés du Zahrez Rharbi, et du Zahcez Chergui, qu'il alimente, à 23 kil. N.-N.-O. de Djelfa, il existe un autre rocher de sel fameux, le Khang (ou Rhang) elrMelah (Djebel Sahari), dont les escarpements atteignent 35 mètres de hauteur ^
La forme du Khang el Melah, qui a été décrite par M. Ville, est très bizarre; on peut se le représenter comme un cône raviné et éventré par des ravins. Au centre d'une plaine d'alluvions, surgit un massif crétacé, entouré par du miocène en stratification discordante. C'est au centre de cet affleurement crétacé que se trouve le pointement de sel. La coupe de M. Ville montre une série de récifs de sel ruiniformeSy surmontés souvent d'un lambeau d'argile et demeurés debout par un phénomène analogue à celui des Erd Pyramiden. Des fragments de marnes crétacées se sont trouvés englobés dans le sel. En outre, les circulations d'eaux souterraines ont creusé de grandes cavités tapissées de stalactites de sel. Des sources salées sortent du rocher.
Au Sud, un autre gisement semblable se nomme VAîn-Hadjura,
Le sel de ces affleurements est très pur et présente des masses considérables. Suivant M. Ville, le seul cubage des dépôts apportés par l'Oued Melah dans des bassins sans issue ne donnerait pas moins de 250 millions de tonnes.
De même, 200 kil. plus à l'O., près de Biskra, la montagne de sel d'El-Outaïa (un peu au nord de Biskra, sur la ligne de Constantine), forme une masse puissante de gypse et de sel gemme, au milieu de laquelle apparaissent, de place en place, des débris ou des paquets de couches stratifiées, disloqués, dont les calcaires sont plus ou moins modifiés et imprégnés de cristaux de quartz et de gypse. Autour de cette masse, les calcaires sénoniens se montrent fortement relevés. C'est encore là, très probablement, d'après MM. Ficheur et Blayac, un affleurement du trias.
Sur le prolongement de la zone algérienne, les gisements salins se poursuivent , soit vers l'Ouest au Maroc, soit vers l'Est, en ïripolitaine, dans le désert de Lybie et en Egypte.
Au Uaroc S on exploite de vastes carrières de sel gemme, au nord de Fez (ou Fàs), de l'autre côté de la vallée du Sebou, dans le tertiaire moyen. 11 en existe d'autres près Hajar el-Wacsif et des collines de sel à Laalooah, près de Casa blanca (sur la côte Ouest), ainsi qu'à
' M. Ville avait décrit autrefois ce gisement comme miocène.
* BôDGETT Mbakin. The minerai Resources of Marocco. — Th. Fischer. Die Bodenschâtie Maroccos.
Demnai, dans l'Atlas (80 kil. E. deMarocco). On signale, déplus : de nombreuses eaux salées dans la plaine de ifaroc (Marrakesh, Marocco) et à Abda ; des sources salées à Wazzan, sur le chemin d*El-Kasar; un lac salé de 10 à 12 kil. de diamètre, kZeemah (ou Sîma), province d*Ahman, à 78 kil. S.-E. du port de Safi, dans la direction deMogador.
Le gypse est également exploité, en divers points, pour fournir le plâtre, qui joue, on le sait, un grand rôle dans la décoration arabe. Enfin, l'on signale du salpêtre près de Maroc et, 200 kil. plus au Sud- Est, à Tarudant.
Vers TEst, au contraire, nous trouvons d*abord, au sud de la Tunisie, entre Biskra et Gabès, la zone des grands Chotts salés tunisiens, qui ont donné lieu à tous les anciens projets de mer intérieure : ChoU Melrir (ou Melghigh), ChoU Achichina, ChoU Garsa, ChoU el-Djerid (ou des Palmes), ChoU el-Fedjedj * (ou des Passages).
Dans rOuest, le ChoU Melghigh avait surtout servi de base aux projets Roudaire.
Le ChoU Garsa^ qui est à cheval sur l'Algérie et la Tunisie, est tout entier au-dessous du niveau de la mer.
Dans l'Est, il ne reste d'eau permanente, dit-on , que dans la partie centrale du ChoU el-Djerid; mais cette nappe liquide ne se voit pas : elle est recouverte d'une croûte saline, sur laquelle les pas résonnent, comme sur une route. Par-dessus cette croûte, des eaux superficielles occupent momentanément les dépressions et se déplacent sous l'action du vent. Parfois, la croûte de sel se fend et une partie de ces eaux disparaissent en profondeur ; ailleurs, elle se soulève, au contraire, sous la pression des eaux profondes et forme des sortes d'îles. Au sud du lac Fedjedj, dans la région voisine de Nefzaoua, se trouvent de nombreuses sources thermales et un gouffre de profondeur inconnue.
Au Nord, ces Chotts orientaux sont limités parles falaises, dites Ech Cherb^ ou falaises des Lèvres.
Enfin, près de la côte, se trouvent des sebkas salées, telles que la Sebka eUMelah^ en face l'île de Djerba, assimilables aux étangs côtiers du Languedoc.
Dans la Tripolitaine, il y a également une zone bien classique de dépressions salées. C'est celle qui sépare l'antique CyrénaTque du déserl Lybien, entre le golfe de la grande Syrte et l'oasis de Jupiter Ammon (Oase Sinah). Là, se trouvent, au-dessous du niveau de la Méditerranée, des lacs amers, avec des couches de sel, gj'pse, salpêtre, magnésie, etc., que l'on considère comme les produits d'un bras de mer récemment asséché et au sujet desquels on a mis en avant
* Voir Reclus. T. II, p. 167 à 174. la description de ces Chotts, avec carte et vue. et TissoT (Buli. Soc. géogr., juillet 1879).
Région de Souk-Arrhas. Djebel-Dekma.— Cette région est la première en Algérie, où Ton ait fait une exploitation suivie de phosphates. Les travaux, portant sur des marnes à nodules (Exploitation Wetterlé), ont donné de mauvais résultats : les produits ne pouvaient atteindre 80 à 55 p. 100 qu'après un lavage coûteux; on a donc interrompu les recherches.
Il paraît y avoir, dans cette région, au-dessus des calcaires à inocérames, un premier banc phosphaté, assez riche localement, mais à caractère gréseux, surmonté par les marnes à nodules, que recouvrent elles-mêmes, ordinairement, les grès et argiles miocènes.
Région de Béja. — Le terrain éocène est très développé au Nord de Béja, dans la région qui s'étend de Béja à l'Oued-Ksob, aux Beni-Maleck et au Khanguet-el-Tout. On y trouve quelques phosphates, sous forme de grès rouges argileux ou de grès jaunes, phosphatés par places, situés au-dessous de calcaires éocènes à polypiers, eux-mêmes surmontés par des grès éocènes stériles ou par des grès pliocènes d'eau douce. Ces grès phosphatés remplacent le système des marnes feuilletées éocènes, où l'on trouve, en général, le phosphate.
Région de Tébessa, Dyr, Kouif, Aîn-Kissa, etc. — Au Sud de la première zone Est-Ouest, que nous venons d'étudier, une seconde zone, dirigée N.-E.-S.-O., va de l'extrémité de l'Aurès et de Tébessa vers Teboursouk et Béja, en comprenant les gisements de Cheria, Kissa, du Dyi\ du Kouif, d'Haydra, Thala, Kalaat-^s-Senam, IL des Ouled Aoun, Dj, Haout, Guern-Alfaya y Le Kef, Sidi-Ayet, Dj. Gerrah, Teboursouk, etc. C'est la zone, sur laquelle les exploitations ont été jusqu'ici les plus développées. (Voir la fig. 45, page 215.)
J'emprunterai à M. Blayac la description des phosphates du Dyr et du Kouif, au Nord-Est de Tébessa (fig. 47).
Le Djebel-Byr est un immense plateau de 45 à 50 kilomètres de tour, à peu près rectangulaire et couronné par des bancs calcaires, que l'on aperçoit de très loin, car ils dominent de 7 à 800 mètres la plaine qui s'étend à l'Ouest. Son altitude varie de 4 200 à 1 500 mètres. Plus à l'Est (à 27 kil. N. E. de Tébessa), le Djebel-Kouif est constitué par deux plateaux presque attenants : celui d'Aïn-el^Kébir et celui d'Aïn-el- Bey. Son altitude est d'environ 1 200 mètres; il a de 15 à 18 kilomètres de tour. Au Sud du Dyr, le lambeau suessonien d' Aîn-Kissa est encadré par des failles.
Le crétacé, sur lequel repose le suessonien phosphaté, présente, de haut en bas, la coupe suivante :
Sénonien supéneur. Calcaires blancs à moules d'inocérames, en bancs réguliers, tendres et cassants .... 3 à 400 mètres.
^^énonien inférieur. Marnes vertes et grises, alternant avec de petits bancs calcaires 80 à 100 —
/ Calcaires durs dolomitiques rougeàtres à \
- . ! échinides : 20 à 25 mètres ( ka *. gQ mètres
uroni n \ Calcaires marneux avec gastropodes, tur- 1
^ ritelles, etc.; 30 mètres /
Cénomanien, Marnes calcaires très fossilifères, alternant avec des bancs calcaires souvent formés par des magmas d'ostracécs 80 à 100 —
Le suessonien repose en discordance, dans deux ondulations synclinales des calcaires à inocéramus sénoniens, dont les bancs supérieurs sont souvent corrodés (fig. 48).
Conformément à la coupe générale donnée plus haut (p. 210), il comprend : à la base (A), des mames noires, gypseuses, riches en fossiles, d'épaisseur très variable (120 mètres au Dyr, 80 mètres au Kouif) ; puis
Fig. 48. — Coupe transversale N.-O.-S.-E. du Djebel-Dyr et du Dj. Kouif, d'après
M. Blayac.
Échelle au \ /200.000 ; hauteurs triplées.
(B) les couches à phosphates (1,35 m.), alternant avec des calcaires blancs marneux à silex ; et, au-dessus, (C) des calcaires durs à nummulites (7); par exemple, dans l'exploitation Grokston, au Sud du Dyr :
7. Calcaires durs à nummulites, avec bancs compacts à rognons siliceux à la base 80 mètres.
6. Calcaire blanc tendre â s lex, passant aux calcaires durs du dessus 3à4 mètres.