scène
MARTHE
SoitI
JACQUES
Au lieu d'avoir confiance, une confiance aveugle en son mari !
MARTHE
Vous la voulez aveugle, parce que votre conduite est louche?
Oui!... Enfin, c'est une façon de parler! mais, mets-toi dans la tète, ma chère amie, que les maris qui trompent leurs femmes, c'est bon pour les romans et les pièces de théâtre! Ça crée des incidents, des péripéties!... Mais, dans la vie réelle, c'est plus rare qu'on ne pense... à Paris, surtout!...
MARTHE
Oui-dà! Enfin, tout ça na me dit pas d'où vous venez!...
JACQUES, levant les épaules.
C'est vrai, je n'y pensais plus. Primo, je suis entré au bureau de tabac de la place de la Madeleine et j'ai acheté une boite d'allumettes de quinze centimes. Tu peux le demander ;\ la buraliste. Secundo, je suis allé à pied jusqu'à l'Arc de Triomphe. Tu peux le demander au sergent de ville. Tertio, je suis revenu à pied de l'Arc de Triomphe à la Concorde, Tu peux le demander à l'Obélisque. Quarto, je suis sorti de l'Obélisque pour revenir ici, tu peux le demander à tous les passants, ici où je trouve une femme querelleuse, jalouse de son mari qui l'adore, qui no pense qu'à elle et qui ne la trompe jamais, jamais, jamais!
MARTHE, à part.
Et l'on dit que les femmes savent dissimuler.
JACQUES
Jamais ! jamais I jamais !
MARTHE
C'est bien, mon ami, je compte sur votre bonne promesse.
JACQUES, machinalement.
Tu me pardonnes?
MARTHE, vivement.
11 y a donc quelque chose à vous pardonner?
JACQUES
Non, non. Je voulais dire : Je te pardonne.
Il l'embrasse. Elle reçoit le baiser froidemi'nt. Jeanne entre de gauche. Elle les voit s'embrasser.
JEANNE, à part.
Encore!
Elle sort par le fond.