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Les Rochelais à Terre-Neuve, 1500-1550 [microforme]

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PAR M. GEORGES MUSSET Uorrespondant du Comité, à La Rochelle.

Le traité de paix et d'amitié conclu, en 1713, à Utrecht entre la France et la Grande-Bretagne, enlevait l'ile de Terre-Neuve à la France. Désormais, les sujets du roi de France n’avaient plus la liberté d'établir dans l’île aucune habitation ayant un caractère permanent, à l'exception des établissements, cabanes ou échafauds destinés au séchage du poisson, sous la condition que ce serait pendant le temps de la pêche seulement. La pêche et la préparation « des poissonneries » n'étaient permises que sur une bande nettement déterminée du littoral, du cap Bona-Visa à la pointe Riche, c’està-dire sur la côte nord-esl et sur une partie de la côte nord-ouest de l'ile, et ce, du 5 avril au 5 octobre!.

Lors du traité de Paris de 1763, la France recouvrait quelques-uns de ses droits. On lui restituait Saint-Pierre et Miquelon.

« Par la déclaration du 3 septembre 1883, le roi de la Grande- Bretagne, désirant mettre fin aux querelles incessantes entre pêcheurs français et anglais, prévenait ses sujets d’avoir à ne troubler en aucune manière par leur concurrence, la pêche des Français pendant l'exercice temporaire de leurs droits sur les côtes de Terre-Neuve, leur enjoignait de retirer leurs établissements sédentaires qui se seraient fondés sur la côte française, et renouvelait aux pêcheurs l'autorisation de couper le bois nécessaire à la réparation de leurs échafaudages, cabanes et bâtiments de pêche*. »

Telles sont les dispositions des traités qui règlent d'une façon générale les rapports des pêcheurs anglais et français dans la région de Terre-Neuve. Tout ce qui a été fait ou promulgué depuis lors, n’a eu qu’un seul but, réglementer ou confirmer les dispositions antérieures. Nous allons passer en revue cette législation moderne.

1. Chailley, Économiste français, 22 juin 1889, p. 777. — Schrader, Tour du Monde, Nouvelles géographiques, 1891, 18 avril. 2. Schrader, loc. cit.

1814. L'article XII du traité de Paris, du 30 mai 1814, était ainsi conçu : « Quant au droit de pêche des Français sur le grand banc de Terre-Neuve, sur les côtes de l'ile de ce nom et des iles adjacentes, et dans le golfe de Saint-Laurent, tout sera remis sur le même pied qu'en 1792. »

1815. Dans son article XI, le traité de Paris confirme purement et simplement toutes les dispositions qui n'étaient pas modifiées audit traité ; et l’article XII du traité de 1814 n’est pas compris dans ces dernières.

1857. La convention faite en cette année a trait à l’achat de la boëtte, nom donné à l’appât, hareng où capelan, qui était garanti aux pêcheurs, quelle que fût leur nationalité. Mais, entre temps, l'îlé de Térre-Neuve s'était peuplée. Elle compte aujourd’hui cent quatrevingt mille habitants, la plupart d’origine écossaise ou irlandaise. Quelques Français y ont fait souche.

Des conflits s'étaient élevés entre les régionaux et les Français ; pour les prévenir, il avait été stipulé que les Français auraient droit à une réserve, sur le rivage, jusqu’à la distance d’un tiers de mille anglais (616 mètres) à l’intérieur ; de plus, la coupé du bois dont les Français avaient besoin pour l'établissement de leurs places où sécheries, était soumise à l’autorisation préalable des hropriétaires, si elle avait lieu sur un terrain privé.

1882. Malgré ces réglementations, les rapports entré régionaux ét pêcheurs devientient si aigus, qu’en cette année, une commission des gouvernements anglais et français est nommée pour trouver une solution conforme au droit et aux intérêts de chacun.

Le 26 avril 1884, cette commission composée de quatre membres, deux Anglais et deux Français, libelle un arrangement destiné à rétablir la paix. Les établissements sédentaires établis sur la côte française soht maintenus. La création d'établissements analogues, sur cette côte, même quand ils seraient destinés à une industrie autre que la pêche, est autorisée. Néanmoins, les privilèges concédés par les traités aux pêcheurs français, soit pour la préparation de la pêche, soit pour la coupe du bois, sont rigoureusement conservés.

Mais le Parlement de Terre-Neuve’ n’accepta pas cette convention quand elle lui fut soumise par lé gouvernement britannique. Et,

1. C’est depuis 1832, que Terre-Neuve a une constitution et un gouvernement représentatif. Elle est dans ses rapports avec la métropole dans une situation semi-indépendante. Depuis 1855, le gouvernement terre-neuvien est responsable,

alors que les navires de guerre français et anglais employaient leur soin à la faire respecter, le Parlement de Terre-Neuve favorisait. la fraude ou la résistance, ou tout au moins fermait les yeux sur les contraventions qu'il aurait dû réprimer. De plus, le gouvernement de Terre-Neuve cherchait à nuire à la pêche française en interdisant la vente de la boëtte.

Une question intéressante surgissait en outre et nécessitait une intérprétation du traité d'Utrécht. La péche de Terre-Neuve avait pris, dans ces dernières années, une nouvelle direction. A la pèche de la morue, les pêcheurs avaient jugé avantageux de joindre la création de homarderies et la chasse aux phoques; qui créaient de nouvelles branches d'industrie. Des homarderies furent établies par les Français ou des industriels de nationalité anglaise sur la côte française. 11 s'agissait donc de savoir si la légitimité de ces industries pouvait découler de l'interprétation de l’article XIII du traité d'Utrecht qui semblait muet sur ces diverses questions. Les conflits ne firent que s'accentuer, ét menacèrent même de se terminer par une scission entre le gouvernement britannique et le Parlement de Terre-Neuve.

La décision a été soumise à un arbitrage.

Il importe donc, pour la sauvegarde des intérêts français, de déterminer l’étendue de nos droits, et de chercher l'interprétation des traités, soit dans les termes de ces traités, soit dans la situation acquise par les Français dans la région de Terre-Neuve.

Chacun, dans la mesure de ses forces, doit s’employer à fairé la lumière autour de cette grave question qui intéresse à un si haut point notre population maritime. En prenant la plume à notre tour, nous n'avons pas la prétention de résoudre, à nous seul, le problème ; nous avons cependant la conviction que les documents que nous invoquerons et les arguments que nous produirons auront un résultat : celui de démontrer que les droits des Français dans la région de Terre-Neuve étaient sans limite, incontestables et incontestés jusqu’au traité d’Utrecht; — que l'insertion de l’article XIII dans ce traité, n’a été qu’une restitution du droit de pêche, sans restriction d’aucune sorte, sur la côte française; — qu'il a été interprété ainsi jusqu'au milieu du xix° siècle; — et que les distinctions byzantines, invoquées maintenant, ne sont, dans le passé, justifiées par aucun fait.

La partie du Mémoire que nous publions aujourd’hui, n’a trait qu'à notre situation originaire. Ce n’est que postérieurement, après

avoir complété les documents que nous possédons, que nous. pourrons achever notre démonstration,

to La découverte.

S'il est admis que le véritabledécouvreur d'une terre et d'in monde nouveau soit l'explorateur qui est allé à sa recherche, sans autre but que celui de la découverte, l'honneur, en ce qui concerne le nurd de l'Amérique, en appartiendra incontestablement à Jean et à Sébastien Cabot. C'est le 24 juin 1497 qu'atterrirent, dans la partie septentrionale du Cap-Breton, c’est-à-dire, au cap Percé, ou, plus vraisemblablement, au Labrador‘, ces deux grands navigateurs partis de Bristol, dans ce but, au commencement de mai 1497.

Cette découverte fut suivie d’un certain nombre d’expéditions organisées soit par l’Angleterre, soit par le Portugal, séparément, soit par l'Angleterre et le Portugal d'un commun accord. A côté des Cabot, nous retrouvons, dans ces voyages de découvertes, le nom des Cortereal, Miguel et Gaspar, illustres navigateurs qui y trouvèrent la mort. Quelle fut l’étendue des découvertes de ces premiers explorateurs, il est difficile de le savoir ? Ce qu'il y a de certain, c'est que l'ile de Terre-Neuve fut très imparfaitement connue et qu'on fut longtemps convaincu que cette partie de l'Amérique du Nord faisait corps avec le continent.

Mais alors que les Anglais et les Portugais s’efforçaient de prendre possession de ces terres et les concédaient par avance aux navigateurs qu’ils y expédiaient, il n’est pas douteux que nos pêcheurs français en prenaient, même sans brevet du roi, une possession effective.

Dès 1504, la présence de Bretons y est signalée”. Il est même vraisemblable que ces hardis marins n’en étaient pas à leur premier voyage. Il est en effet à noter, que dans leurs premiers projets d’expédition vers ces contrées, les Espagnols imposaient à leurs capitaines l’adjonction ce pilotes bretons. Sur les cartes portugaises ou lusitano-portugaises les plus anciennes, on trouve des mentions telles que celles-ci : c. do brelaos, et tierra de los bretones, ou encore terra

1. Harrisse, Jean et Sébastien Cabot, Paris, Leroux, 1883, in-8, p. 95. 2. Récit du « Gran capitano Francese », rapporté par Ramusio. (V. Harrisse, Cabot, p. 271.)

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q. foy descubierta por bertones, cap Race ou cap de Raz. Nous verrons, dans le cours de notre article, que les pilotes bretons étaient particulièrement recherchés des armateurs rochelais dans leurs armements pour Terre-Neuve. ;

Mais allons plus loin. Si nous en croyions Thévet, c'est en 1488 que les Rochelais auraient navigué dans les eaux de Terre-Neuve, c'est-à-dire deux ans avant le voyage de Christophe Colomb. Nous savons bien que l'historiographe de Henri II, qui écrivait au milieu du xvi° siècle, a laissé derrière lui une réputation de menteur ou de naïf. Nous savons que l'historien de Thou disait de lui : Falsa pro veris summa fiducia semper scriberet. Mais nous savons aussi que la critique moderne devient tous les jours moins sévère pour ce chroniqueur. Certainement, soit dans les compendieux chapitres de sa Cosmographie universelle, soit dans les ouvrages manuscrits du même auteur conservés à la Bibliothèque nationale, on trouvera des faits apocryphes, des légendes, des altérations de nom. Mais la publication de mémoires contemporains vient établir que si Thévet s’est laissé allé à répéter, après d’autres, des légendes qui avaient cours autour de lui, il a enregistré des faits, taxés pendant longtemps de fantaisistes, et dont les découvertes modernes ont établi la véracité.

Le fait de la présence des Rochelais dans les eaux de Terre-Neuve ne paraît pas invraisemblable, quand on sait que, dans tous les temps et principalement au xv° siècle, les armateurs rochelais, soit par eux-mêmes, soit par le moyen des navires basques, se livraient avec ardeur à la pêche de la baleine. Cette pêche dut les entrainer bien souvent dans les mers septentrionales, et put les conduire jusqu'aux approches de Terre-Neuve. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que le but des négociants rochelais ne fut pas, de longtemps, la prise de possession de ces terres lointaines ; leurs visées n’étaient pas si ambitieuses. Faire des pèches fructueuses, en apporter le produit dans leur ville, cela leur suffisait amplement. Et nous en avons une preuve dans ce fait que, Cartier, accomplissant en 1535, sous le patronage du roi de France, un grand voyage à Terre-Neuve et sur les côtes du Saint-Laurent, rencontra dans les eaux de ce fleuve, un navire rochelais qui, de sa propre initiative, se livrait à la pêche, sans aucune prétention de découverte.

Donc, sans vouloir attacher une importance excessive à cette priorité de la découverte de Terre-Neuve par les Rochelais, fait qui restera forcément dans l’ombre, à cause de la disette de nos documents, on peut toutefois reconnaître qu’il n’y aurait là rien d’invrai-

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semblable, Thévet, d'ailleurs sur ce point, ne s’attira aucun démenti de la part de ses contemporains.

Laïissant de côté ces souvenirs légendaires, nous pouvons affirmer que les véritables découvreurs de Terre-Neuve et du Saint-Laurent furent Jacques Cartie-‘, Reberval et le pilote Alfonse de Saintonge;

e*est à ces grands capitaines et à ces häbiles pilotes que l’on dut de

savoir d’une manière positive que Terre-Neuve était une ile; c’est à

: eux que l’on dut de bien connaître les côtes de cette partie du Nouveau-Monde et des bords du Saint-Laurent jusqu'au saut Saint-Paul.

La prise de possession des Français était si apparente que Charles-

Quini s’en irquiéta. Il faut se souvenir, en effet, que les Espagnols

prétendaient, en vertu dure bulle du pape, avoir un droit incon-

testable sur toute cette partie du Nonveau-Monde‘. Les voyages

de Cartier et de ses lieutenants furent considérés par les Espa-

gnols comme une atteinte à leurs droits. Ils cherchèrent à nous

troubler dans notre possession par des expéditions similaires. Ces

1. Jacques Cartier est le premier navigateur dont nous puissions acrepter É à tous les dires concernant ces régions et en tirer parti. 1 où K

« Jusqu'à plus ample informé, on doit done admettre que toute carte de la ! ou S première moitié du xvie siècle où l’ilé de Terre-Neuve n'est pas soudée au con- gen tinent, qui porte dans l'intérieur du golfe, à l’ouest et à proximité de la région | supérieure de la péninsule du cap Breton, une île de grandes dimensions, et

qui trace au fleuve Saint-Laurent un parcours jusqu'au 70° de longitude, est i prool une carte non seulement postérieure aux voyages de Jacques Cartier, mais L'ét aussi une carte qui a été construite avec des éléments géographiques em- : ce pruntés, directement ou indirectement, à l'hydrographie française. » Loc. cit., E Fan p. 79 et 149. D 2. Le pilote Alfonse de Szinionge s'élève énergiquement contre cette prétention % mit des rois d'Espagne et de Portugal de se partager le monde. « Le roy de Portu- 4 1657, gal a prins la partie d'Orient ‘nsques là où descent la rivière de Gange en la colle mer Pacifique. Et le roy d'Espaigne a prins en Occident jusques à la rivière de À = B Gange. Et ont fait les dessusd. les dits partaiges sans y appeler Vostre Majesté Ë 1. 3 royalle ne aultres voz prédécesseurs. Et m'est advis qu'ilz ont mal party, actendu 4 tous H qu'ilz ont tout prins ; actendu que vous y aviez aultant et si grand droict que 4 naitr à eulx. » (Bibl. nat., :uss, fonds fr., n° 676, fol. 15.) k espa 5 3. On lit dans un document de la collection Muñoz (t. LXXXIIL, fol. 209) : À l'océ | « En carta dirigida por el Embajador en Portugal al Commendador mayor de qual N Castilla el mismo año de 1541, cuenta que he recibido relacion de una cara- carte bella que el Emperador mando à los -baccallaos para inquirir adonde fué Car- a d'e F] tier, » Cité par M. Harrisse, /. c., p. 83, d'après M. Duro (4rca de Noe, p. 36). igno | « Au printemps de l’année 1541, dit également M. Harrisse, p. 416, nous voyons À pelle k le Conseil des Indes envoyer en Franse un espion para saver lo de lus arma- d'Ar | das que se preparaban alli. L'envoyé répondit qu'à Saint-Malo on armait treize la r î navires, et à Honfleur, quatre galions que Jacques Cartier, au milieu d'avril L. plar f k ; î

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nayor de na carafué Car- , P. 316).

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préc :cupations se traduisirent même dans la rédaction des cartes et des portulans sur lesquels ils s'efforcèrent de substituer des noms espagnols aux appellations françaises" données par nos explorateurs ou nos pêcheurs. Mais ces prétentions n’eurent aucun succès. Les découvertes de Jacques Cartier firent de toutes ces terres des terres françaises. Nous allons voir en outre que les arrnateurs et les pêcheurs contribuèrent pour une large part à assurer notre suprématie sur , contrées.

» La péche.

Les * ,duits de la pèche avaient toujours constitué une part importante du commerce rochelais. Nous ne visons pas, en disant cela, le poisson frais qui se vendait à La Rochelle pour la consommation de* habitants de la ville ou des régions voisines, les seules où le pois on püt arriver frais. Nous faisons allusion au poisson salé ou séch . Les espèces qui se prèlaient plus particulièrement à ce genre « opération, étaient d'abord, en dehors des poissons, sous le

procb 1, devait conduire a poblure una lierra que se llumaba Canadà. L'ét ;uivant, Charles-Quint envoya aux Bacallaos une caravelle commandée,

ce .mble, par Ares de Sea, a suber lo que havia hecho por alla un capilan

F nces que se dice Jacques Cartier. »

Wapres : Archives des Indes à Séville, Patr. Real, leg. 6; Buckingham

nith, Co/leccion de varios documentos para la historia de la Florida. Madrid, 1657, in-4°, L. Ier, p. 107, 109 = Ms, t. LXXIL, f, 19 et t. LAXXII, f. 209, de la collection Muñoz, cité par M. C. F. Duro, 4rca de Noe, Madrid, 1881, p. 316 = Buckingham Smith, Loc. cit., p. 114.

1. «Il est évident qu'à une époque où l'Espagne ne cessait de revendiquer tous ces pays, un pilote major de Charles-Quint aurait été mal venu à reconnaitre le bien fondé des prétentions de la France en conservant sur une carte espagnole les appellations absolument françaises. Par exemple, la partie de l'océan Atlantique qui baigne les côtes du Canada ne pouvait continuer à être qualifiée mer de France et ainsi des autres noms. Aussi remarque-t-on sur la carte de Cabot un certain nombre de désignations nouvelles et uniques. 11 y en a d'autres qui ne sont que des noms français défigurés dont on parait avoir ignoré l'origine, et parmi ceux-ci nous distinguon, en première ligne, des appellations provenant directement de Cartier : la aga de golosme, pour lac d'Angoulème, Golosme pour Angoulème, et le Rio de S. Quenain, évidemment la rivière du Saguenay, noms placés tous aux lieux mêmes où on les lit sur le planisphère de Henri 1 (1546). » Harrisse, /oc ci!,

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nom générique desquels elles étaient comprise : les cétacés, baleines ou dauphins (porcilles), puis. parmi les poissons proprement dits : les

merlus, les harengs, les morues, les maquereaux, etc., en un mot.

les allés {a/lecia), nom qui semble les résumer tous,

Les côtes françaises de l'Océan et de la Manche, les côtes de l'Espagne, l'Irlande et les régions plus ou moins éloignées du nord élaient fréquentées par les pècheurs de nos ports pour l’approvisionnement des populations en poisson conservé. Il n’est pas douteux, et nous ne ferons qu’indiquer ici ce fait, sans insister davantage, que nos parages étaient bien plus fréquentés alors qu'aujourd'hui par toutes ces espèces, et que les pêcheurs durent faire leurs premiers voyages dans les régions du nord à la suite des poissons qui s'éloignaient de jour en jour. : æ

Nous sommes notamment porté à croire que sans être d’une abondance extrème dans les eaux françaises, la morue y était plus abondante que de nos jours, puisqu'on l’expédiait comme poisson salé.

La morue fut principalement connue sous trois noms distincts : morue, pouf les Français, — bacallaos, pour les Espagnols, — cabillaud, kabeljouve ou cabliauwe pour certaines populations du nord ou même de la Méditerranée!.

1. Morue. — L'étymologie du nom de la morue est assez obscure. Littré renvoie à diverses langues dans lesquelles le mot se retrouve : le wallon, molowe; le namurien, moleuwe; molue, en Hainaut; en Angleterre, melwel, merluche. Diez le tirerait de l'espagnol morros, qui signifie petits corps arrondis et qui s'applique particulièrement aux intestins de la morue salée et mis dans le commerce. A quoi Scheler objecte, avec raison, qu'on ne voit pas comment le francais aurait emprunté pour dénommer la morue, un mot à l'espagnol qui la dénomme tout autrement. Suivant M. Baudry, molue est la forme dégénérée de merlus, cela est vraisemblable. C'est à cette dernière opinion que nous nous rattacherons. Les Anglais, nous l'avons vu, appellent parfois la morue, merluche, or le nom de merluche est encore employé par les pècheurs pour désigner une variété du merlu. Pour mieux dire, nous croyons que les noms des deux poissons ont la mème étymologie; qu'on à même quelquefois donné indifféremment le mème nom aux deux, et sans recourir au wallon, nous en trouverions l'origine simplement dans le latin; #norue et merlu élant des poissons relativement mous par rapport aux autres poissons de mer, le mot primitif, merdu où mollue, moulue sera sorti d'un diminutif de mollis.

Cabillaud, habbeljouwe où'cabliauve. — Ce serait, d'après Littré, un dérivé, par renversement, de bacailhaba, nom basque de la morue, d'où serait venu l'espagnol bacalao et le flamand bakkeljaw. On trouverait le radical belche, balche, comme nom de poisson sur un registre de Saint-Gall, dès 1360, d'où le plus moderne boleh dans le mème sens; mais il s'agirait d’une sorte de saumon ;

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