CHAPITRE XXIV
PÉRIDOTS
Péridot [2 (Mg, Fe) OSiO2]. — Contenant environ 5o 0/0 de magnésie et 10 0/0 de protoxyde de fer.
Les cristaux dérivent d’un prisme orthorhombique (fig. 214) ; on y observe deux faces m, qui font entre elles un angle de ii9°i3', coupées par une base perpendiculaire, des faces situées sur les angles e par des faces qu’on note e1 ; pel zzz i55°2'; elel — Sy°56' sur p. On rencontre souvent aussi des faces o5 et o1
Fig. 2J4. ÿ u
(g*gz — 8o°54' en avant).
Les cristaux se clivent suivant gi ; à peine suivant p.
Leur densité est de 3,35 ; leur dureté, 6,5.
Couleurs : vert jaunâtre; vert bouteille clair (P. d’Orient).
La variété si abondante dans les basaltes dont elle est un élément essentiel est grenue et d’un vert plus ou moins foncé. Souvent les variétés très ferrugineuses sont altérées en jaune sale, en brun, en rougeâtre (limbilite, hyalosidérite).
L’indice de réfraction y est assez considérable.
ng — 1,697 nm— 1,661 ftp = 1,678 (d’après M. Des Cloizeaux) 2 Y zz 87°46' p < v.
PÉRIDOTS
La bissectrice aiguë positive est normale à p et le plan des axes est g'.
Caractères thermiques : a : b : c = o,9 : 0,75 ; 1; Taxe vertical de l’ellipsoïde isotherme ; l’axe horizontal allant de droite à gauche ; à axe horizontale antéro-postérieur.
Le péridot est infusible au chalumeau et soluble en faisant gelée dans les acides.
Au microscope, à cause de leur forte réfringence, la surface des cristaux taillés en sections minces a un assez fort relief et prend un aspect chagriné, lorsqu’on élève et qu’on abaisse brusquement le condenseur.
Le péridot est très répandu en nodules ou en grains dans les basaltes, dans la lherzolite, etc. lise rencontre dans les cavités de plusieurs fers météoriques (météorites de Pallas, d’Atakama). On le regarde comme la matière première qui, par des altérations postérieures, a donné naissance à beaucoup de roches serpentineuses, et particulièrement à ces substances tendres si répandues dans la pâte de beaucoup de basaltes.
Lorsque le péridot est très riche en oxyde de fer (3o o/o), souvent passé à l’état de rouille, on l’appelle hyalosidérite [(2Fe203Mg0)Si02j ; il devient fusible au chalumeau.
Forstérite(2 MgOSiO2) ou Mg2SiO\ — C’est un péridot du Vésuve, qui ne contient que de la magnésie. Densité : 3,24; dureté : 7. Plan desaxes optiques : /^.Bissectrice aiguë positive normale kp.
Monticellite [(2 CaO, MgOJSiO2]. — Sorte de péridot qui ne contient pas de fer non plus, mais qui renferme autant de chaux que de magnésie. Dureté : 6. Densité : l3,2.
Fayalite (2 FeOSi02)ou Fe2SiOL — Péridot qui ne contient au contraire que de l’oxyde de fer, en nodules noirs dans les roches volcaniques des Açores.
Reproduction. — Ebelmen l’a reproduit en portant à une haute température du silicate de magnésie dissous par fusion dans de l’acide borique. Dans les scories d’affinage, il n’est pas rare de rencontrer des cristaux de péridot et de fayalite.
LES MINÉRAUX
On peut rapprocher du péridot :
Téphroïte [2 Mn20, SiO2 (MnLSiO4)]. — En masses clivables dans trois directions, d’un rouge brun, fusibles en émail noir. Densité : 4,1 ; dureté : 5,5. Plan des axes opliques : h1 ; bissectrice aiguë négative normale à g\.
Knébélite [2 (- Fe, - MnlO.SiO2!. — En masses brunes, vertes,
grises, fusibles. Densité : 3,21. Dureté : 5,5. Plan des axes optiques p ; bissectrice aiguë négative normale à g\
Gadolinite (dédiée à Gadolin) [2 (Y, Ga, La, Fe, Gl)0,SiO°'J. — Formes clinorhombiques.
mm — n5° à 1160 ; épe1 — i25°38f pli1 — go*3a'.
Souvent des faces b {/± hémièdres. Plan des axes optiques : g\ Bissectrice aiguë positive verticale à 4° près.
Certaines variétés contenant 10 0/0 de glucine agissent sur la lumière polarisée ; d’autres, ne contenant pas de glucine, d’un vert bouteille, sont inactives et ont une structure gommeuse.
Au chalumeau, ces matières se gonflent ou se fendillent, mais ne fondent pas.
Elles font, comme les péridols de toutes sortes, gelée dans les acides.
Humites. — Silicates de magnésie contenant du fluorure de magnésium. Les formes sont isomorphes de celles du péridot, mais hémiédriques. Elles offrent des màcles complexes. Densité : 3, 06 à 3,23. Dureté : 6,5. Plan des axes optiques : p. Bissectrice aiguë positive normale à AL En général, i’humite se présente en grains d’un jaune d’or.
On distingue sous le nom de clinohumite et de chondrodlle celles de ces matières où le plan des axes s’abaisse d’avant en arrière de io° à 3o° au-dessous de p.
Willémite (2Zn0Si02). — Bhomboédrique. Densité : 3,9 à 4,2. Dureté : 5,5. Axe optique positif, pp — \ i6°i'.
Dans la troostite , qui a la même composition et les mêmes
PÉRIDOTS
formes, il va trois directions de clivage, parallèles au prisme e‘, et l’ellipsoïde isotherme a son grand axe parallèle à l’axe optique.
Wollastonite (CaOSiO*) (une seule base). — Les formes cristallines présentent toutes un seul plan de symétrie et dérivent d’un même prisme clinorhombique. On prend, en France, pour prisme primitif celui formé par deux faces qu’on appelle m et qui font entre elles un angle de 95° 35'. Une face de principal clivage fait avec l’arête mm un angle de no°i2'; on la prend pour base p ; les cristaux sont allongés suivant l’axe de la zone p/d ; on y observe sur les angles latéraux des faces qu’on choisit pour déterminer les unités de dimension de la diagonale horizontale et de la hauteur et qu’on appelle el ; pe1 i33°43\
Les cristaux portent souvent aussi des faces o1/^ a[/2.
po[l 2 ~ i2<)042'; pa1/2 — 95°23' adjacent.
Les directions de clivage sont assez nombreuses et toutes dans la zone d’allongement : p, 01/2, h1, oM-.
L’éclat est perlé sur plusieurs de ces faces; la densité est d’environ 2,85, la dureté d’environ 5. Au chalumeau, la fusion est difficile. La wollastonite fait gelée dans l’acide chlorhydrique.
Le plan des axes optiques est g1. La bissectrice aiguë négative fait 33° 2' avec l’axe vertical; la biréfringence est faible.
Le plus grand axe de l’ellipsoïde isotherme est parallèle à l’axç de la zone d’allongement p/d.
La wollastonite se forme dans des tubes de verre remplis d’eau, scellés et chauffés à i5o° ou 160°; le verre devient fibreux et donne des cristaux de wollastonite. Elle se produit aussi dans les scories des hauts fourneaux, blanche comme du coton.
LES MINÉRAUX