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ESPÈCES LES PLUS IMPORTANTES DE PYROXÈNES

Fig. 216. Diopside {(Ca,Mg) OSiO2] ou (Ca,Mg,Fe)Si03. —

Incolore, blanc, vertpâle, vert olive, vert grisâtre.

Les formes dominantes montrent p , IM1, d h2, g\ /p, m.

— 1 3 1 03()/ en avant; z=z i2o°48' en arrière;

phl —z 1 o5°49/-

Les clivages m sont assez nets; certaines variétés, comme la mussile d’Ala, offrent des plans de séparation suivant la base qui n’influent pas sur l’orientation des lignes isothermes, et en même temps des interpositions entre les plans de séparation; dans une seule variété nous avons observé un véritable clivage basique avec séparation en feuillets très minces, et, sur la face g1 de ce cristal, une ellipse thermique allongée suivant p.

LES MINÉRAUX

L’allongement des faces est parallèle à la direction hlgl ; la bissectrice rig fait un angle de 38° sur g1 avec cette direction. 2 V zz Sp0; rig — np “ o,o3 (M.-L.).

Diallage. — Une variété a reçu un nom spécial, à cause de son abondance et de son clivage di lièrent de celui des autres diopsides; c’est la (Hallage [(Mg, Ga, FeJOSiO2].

Le plan de clivage facile à éclat très vif, souvent nacré et quelquefois métalloïde, a une certaine analogie avec celui des micas.

La diallage est jaune, d’un gris jaunâtre ou verdâtre, ou brune, faiblement translucide sur les bords ; elle a pour dureté 4, pour densité 3,25. Elle n’est pas attaquable par les acides et fond difficilement au chalumeau. Les deux axes optiques sont dans le plan g1 ; une lamelle déchirée de diallage parallèle au clivage montre sous le microscope d’Amici un seul système d’anneaux colorés; une lame d’hypersthène laisse apercevoir ensemble les deux systèmes d’anneaux colorés, si elle est prise parallèlement au clivage de même direction, qui est le clivage plus difficile. C’est à h{ qu’est parallèle sur la section droite des diallages le plus grand axe de l’ellipsoïde isotherme et à gv dans l’hypersthène. La diallage montre sur h 1 au microscope des lamelles à reflets bronzés, et dans les sections minces, pour des directions convenables, des stries fines, qui ne sont que les traces de deux clivages difficiles suivant les faces m et d’un quatrième, presque indistinct suivant les faces g1. Au travers des faces g1 on voit interposées entre les stries des inclusions de magnétite, d’apatite, d’olivine, etc. Les grains de diallage répandus dans les roches n’ont généralement pas de formes régulières; ils semblent remplir les vides laissés par les minéraux qui les accompagnent. On a pu cependant y apercevoir un groupement parallèle à la face p ; quelquefois la face h1 d’un cristal de diallage s’accole à la face g1 d’un cristal de bronzite. En lumière polarisée, ils se colorent vivementets’éteignent en général dans des directions obliques aux stries. Sur la section g1, leslignes d’extinction font des angles de 3<)°etde 5io avec les stries. D’après MM. Michel Lévy et Lacroix, nfJ — np — 0,024 ; 2 Vu 34°.

GROUPE DES PYROXÈNES ET AMPHIBOLES 355

Aux diopsides se rattachent les variétés appelées sahlite [(CaO, FeO, MgO) SiO“] , d’un vert plus franc, tendant au vert d’herbe, à densité 3,2 à 3,5; Vhédenbergite |{jCa, Fe)0Si02], noire, ou d’un vert sombre, fusible en verre noir magnétique, contenant de 18 à 52 o/o d’oxyde de fer et de 20 à 0 de chaux, dont la densité s’élève, quand elle est pure, à 3,467.

Augite. — C'est un pyroxène contenant toujours de l’alumine; silice, 44,4 ; alumine, 7,83 ; protoxyde de fer, 11,8; protoxyde de manganèse, 0,11; magnésie, 10, i5; chaux,

22,6; soude, 2,i3; potasse, o,65; eau, i,o3 (A. du Kaiserstuhe). Les faces dominantes sont b1/2, m, k\ g1 (fig. 217). Les cristaux sont souvent maclés, ayant h1 pour plan de jonction et la normale à h1 pour axe d’hémitropie.

Les cristaux sont noirs, bruns, d’un vert foncé, à poussière incolore ou un peu jaunâtre, verdâtre.

La dureté est 6. L’augite fond en verre noir, plus difficilement que la hornblende.

L'angle des axes 2V — 6i°à68°; la bissectrice aiguë positive fait de — 45°5' à — 54° avec l’arête glhl; le plan des axes est h1 ; ng — np— 0,022 (M. L. et L.).

Au microscope, dans les plaques minces, les sections des cristaux offrent des contours à 6 ou 8 côtés. On observe aussi un groupement de deux demi- cristaux renversés l’un par rapport à l’autre suivant h1, avec angle rentrant. Quelquefois, les bords seuls du cristal sont nets ; l’intérieur renferme des lamelles entassées confusément. Vue par transparence, l’augite en lames minces est brune, verte, grise ou jaunâtre; quelquefois elle montre plusieurs de ces différentes colorations sur un espace assez restreint. Elle est plutôt verte dans les roches où elle est associée à l’amphigène, brune dans un grand nombre de basaltes; en sections très minces, elle devient presque incolore ; dans la lumière polarisée, elle prend des colorations vives, qui varient avec

l’épaisseur des grains souvent très inégale, mais qui changent peu, lorsqu’on fait tourner la plaque sur elle-même entre les niçois croisés. Cependant l’augite de plusieurs basaltes d’Auvergne est assez fortement dichroïque. Dans plusieurs roches à néphéline et dans plusieurs gabbros, l’augite, la diallage et la hornblende sont entremêlées. On reconnaît ordinairement sur les cristaux ou les grains d'augite en lames minces leurs clivages par des lignes qui se coupent sous des angles de 87°; mais on n’y remarque plus les stries fines de la diallage. Quelquefois, les cristaux d’augite, bien vitreux, ne laissent plus voir ces sortes de fentes rectilignes qui sont dues au clivage ; on n’aperçoit que des contours plus ou moins ondulés; on croirait avoir affaire à de l’olivine; mais, aussitôt qu’on peut orienter une des lignes du contour, on résout la dificulté au moyen des lignes d’extinction qui peuvent servir à distinguer l’augite de l’olivine, aussi bien que de la hornblende.

Les pyroxènes accompagnent la magnétite dans lés calcaires et les dolomies cristallisés, subordonnés aux granités et aux schistes métamorphiques, les grenats et les clinochlores dans les schistes. L’augite est un élément essentiel des basaltes, des labradorites, des laves proprement dites, de leurs cortèges de tufs et de beaucoup de porphyres.

De Senarmont et Daubrée ont reproduit le diopside au moyen d’eau chauffée dans un tube scellé en même temps que la wollastonite.

On peut rapprocher des pyroxènes :

i° Triphane ou Spodumène (Li2, Na*)0Al2034Si02 ou Li2,Al2 (SiO5)*, dont les formes mm — 87°, blIHlJ* i6-°3o' adjacent, sont

voisines de celles des pyroxènes, avec des clivages h1 facile, m moins facile, substance translucide, quelquefois transparente, verdâtre ou jaunâtre, parfois d’un beau vert émeraude (variété chromifère, appelée hiddénite); le plan des axes est g1 ; l’angle 2 V z=z 670; la bissectrice aiguë positive fait un angle de — 26° avec l’arête mm sur g1 ; les cristaux se maclent suivant h1; leur densité est d’environ 3,i5 ; leur dureté de 6,5 à 7.

CROUPE DES PYROXÈNES ET AMPHIBOLES 357

20 Jadéite- (Naa0Al2034Si02, ou Na2At2(Si03}4 dont le prisme se clive suivant ses faces m et a pour plan bissecteur de son angle aigu, qui est de 85°2o', le plan de symétrie g1. Couleurs : vert, vert d’émeraude, vert bleuâtre, blanc verdâtre; translucide ou presque opaque; cassure esquileuse. La dureté est d’environ 7 ; la densité, de 3,33 à 3,35 ; la fusibilité très facile en verre transparent. Les propriétés optiques sont très voisines de celles des pyroxènes ; cette matière se présente en fibres entrecroisées, allongées suivant l’arête g' h1.

3° Achmite (œgyrine). — Silicate du même type que les précédents, mais assez riches en oxydes de fer, dont la densité est de 3,4 à 3,5, la dureté de 3,5; on y peut mesurer mm = 86°56'; elgl zn i2o°i5'; elel — 1 i9°8o' sur p (Mallard). Le prisme se clive assez nettement suivant m, plus difficilement suivant h1 et g 1 ; l’angle des axes est de 63°5'; le plan des axes g1 ; la bissectrice aiguë positive est. ici presque parallèle à l’arête h1 g1. L’œgyrinese reconnaît facilement au microscope par sa grande réfringence.

A la suite des pyroxènes .on classe maintenant des silicates dont les formes deviennent biobliques au tricliniques. Le plan bissecteur de l’angle aigu des faces du prisme qui est très voisin de celui des pyroxènes, et qui deviennent ici m, t, n'est plus de symétrie. Il n’y a plus isomorphisme que pour les zones p/i' et

Babingtonite [9(Ca, Fe, Mn)0Al303i2Si02] ou (Ca,Fe,Mn)9 Al2 (SiO3)12. — mt — 87°24' ; pm — 92°32' ; pt — i22°i2'; phl

rz io7°37' en avant.

Le prisme se clive suivant m et moins facilement suivant t.

La densité est de 3,4; la dureté, de 6; la fusibilité assez facile. Le plan des axes est voisin de t. Les cristaux sont polychroïques; suivant nCJ, brun ; suivant vert; suivant nm, violacé. .

Rhodonite (MnOSiCf) ou MnSiO'h — Ici mt~8 7°2i' et phl i07°24': pg' — ioi°i8'; g'k1 ~ 85054'. La rhodonite est isomorphe du diopside dans la zone ph\ Le prisme se clive suivant m et t , moins facilement suivant^; l’angle des axes optiques

LES MINÉRAUX

2 Y — 76° ; la bissectrice aiguë négative est à peu près la bissectrice des normales à m et à p,~dans le quadrant antéro-inférieur de droite. Dichroïsme à travers p; rose rouge et vert bleuâtre.

La rhodonite a pour densité 3,4 à 3,7, pour densité 6. Elle est en général d’un beau rose; quelques variétés sont plus pâles. D’après MM. Michel Lévy et Lacroix, ng — ^1=0,01 à 0,011.

Les différentes variétés ne sont pas également fusibles.

AMPHIBOLES ; SANS ALUMINE

Trémolite (Ga,Mg)Si03 ou GaOSiO* + 3 MgOSiO9. — Silice, 57,69; magnésie, 28,86; chaux, 1 3,46; quelquefois on y trouve une très petite quantité de fer.

mm — i24°i5 ph' io4°58 pd h2 i52o36 pb]l 2 i45°35.

Clivages faciles m. Hémitropie avec axe de rotation normal à h'.

Dureté : environ 5; densité : 2,9 à 3.

Incolore, blanche, vert pomme, grise en masse. Texture ordinairement fibreuse; éclat soyeux.

Au chalumeau, assez facilement fusible en verre incolore, translucide ; inattaquable aux acides.

Variétés : Asbeste , en fibres soyeuses; liège , cuir , carton de. montagne, résultant de la désagrégation des trémolites ou des actinotes et contenant souvent un peu d’eau; néphrite , jade de la Chine , à éclat gras, à cassure un peu esquilleuse, d’un blanc verdâtre; on retrouve la néphrite en Sibérie; les néphrites d’un vert franc appartiennent à l’actinote.

Dans la trémolite, le plan des axes optiques est g1 ; la bissectrice aiguë est négative; l’obtuse positive fait — i5° avec l’arête fi g1 ; l’allongement des cristaux parallèle à mm est positif.

Sur g1, le grand axe de la courbe isotherme fait un angle de + 5° ou 5° en avant avec l'arête h'g1; le rapport des axes est 0,6. Sur p, le plus grand axe parallèle à la diagonale horizontale est 0,754

GROUPE DES PYROXÈNES ET AMPHIBOLES

en prenant l’axe le plus voisin de l’axe cristallographique vertical pour unité.

Actinote. — De 6 à 12 0/0 de protoxyde de fer. Masses rayonnées, vertes, fibreuses; densité, 3,o4 ; mêmes caractères que pour la trémolile.

Amphiboles alumineuses (3 à 10 0/0 d’alumine et toujours des 'oxydes de fer).

Hornblende. — Noire ou d’un vert foncé, brunâtre; ordinairement elle est fibreuse et ressemble à du charbon de bois. Elle est fusible en émail noir et cède du fer aux acides, quelquefois avec un peu d’effervescence.

Dureté, environ 5,5. Densité, 3, 1 5 à 3,33.

Le plan des axes optiques est g1 ; bissectrice aiguë négative (np) ; l’obtuse \ng) positive fait un angle de — o° à 180 avec l’arête blgi. L’allongement est positif.

Au microscope, les amphiboles se montrent en aiguilles minces, rarement en paillettes, souvent infléchies, brisées, sillonnées de fentes qui se coupent sous des angles 4e 124° environ sur les sections droites du prisme primitif et qui sont les traces des clivages sur ces plans. On observe aussi des plans de séparation parallèles à el (101).

Lorsqu’on place une section mince sous le microscope à lumière parallèle, en retirant le nicol supérieur, et en tournant la platine sur elle-même, on voit que l’extinction maximum a lieu suivant ng, c’est-à-dire suivant la hauteur ou allongement des fibres, ce qui distingue l’amphibole de la tourmaline où cette extinction se produit transversalement. Les axes de conductibilité thermique ont la même direction que dans la trémolite et l’on a : à : b : c — 0,7 : 0,8 : 1. b est l’axe de symétrie binaire et c l’axe situé à 5° du vertical.

Pargasite. — C’est une hornblende où la bissectrice aiguë positive fait 180 avec l’arête h'g\

INDICES DE RÉFRACTION ET PRINCIPAUX CARACTÈRES OPTIQUES DES AMPHIBOLES :

anale de n avec

angle des axes

fj

Trémolite du Saint-

Gothard

Actinote du Ziller-

thal

Hornblende de Kra-

MicheJj

geroë* •. .

Hornblende de Bo-

> Lévy et

hême

Pargasite de Pargas.

Glaucophane île de

1 Lacroix

Groix

rvg — nf) — 0,022 et p > v.

Ouralite. — C’est une agglomération de petits cristaux de py~ roxène, dont l’ensemble a la forme du pyroxène offrant le biseau b1/ 2; bn\

Arfvedsonite. — Silicate d’alumine, de fer, chaux et soude, qui a les formes de l’amphibole. Le prisme a un angie de i23Jr5 et se clive suivant ses faces ; la densité est de 3,3 à 6 ; la dureté de1#.

La bissectrice aiguë, positive, fait un angle de o° à 12° avec l’arête hyg\

L’axe de plus petite élasticité ng est d’un brun rouge; np d’un brun pâle, nm d’un jaune pâle.

La densité varie de 3,3 à 3,6 et la dureté est de 6.

Glaucophane- — Silicate d’alumine, de fer, de magnésie et dV soude, à formes d'actinote. mm — i 2'4°5o' ; m IM'1 ~ i24°4&/-

La glaucophane, de couleur bleuâtre , se clive suivant les faces m. La bissectrice aiguë, négative, fait un angle de — 85°/ avec h'g1 ; l’axe de plus petite élasticité ng est bleu ; n^est d’un jaune pâle; nm violet. L’allongement est positif comme dans l’aetinote. La densité en est de 3, 1 , la dureté de 6 à 6,5 , elle est facilement fusible.

Crocidolite. — Matière fibreuse, bleue, à densité de 3,25, à

GROUPE DES PYROXÈNES ET AMPHIBOLES 3')1

dureté égale à 4 ; elle se distingue de la glaucophane par son allongement qui est négatif; elle est très polychroïque : r\g est bleu; ïim violet; np jaune pâle; l’angle d’extinction est de 20°.

Riebeckite. — D’un bleu plus foncé que la précédente; l’angle d’extinction n’est'que de 5°; polychroïsme aussi intense.

Caractères distinctif, des minéraux qui ont de ! analogie avec les amphiboles (au microscope) — Au microscope polarisant en lumière parallèle, on distingue le péridot ou olivine par ses agrégats grenus, dont les grains ont des contours irréguliers, anguleux, souvent arrondis, par ses sections souvent hexagonales, à ses fentes très différentes de netteté, parallèles l’une au clivage facile <7*, l’autre au clivage difficile /a, rectangulaires entre elles,, à son relief considérable, à ses couleurs éclatantes.

La diallage, ordinairement de couleur claire, offre des colorations vives, jaunes, rouges, moins limpides que celles de l’épi dote, moins éclatantes que celles de l’olivine, un dichroïsme faible et des fentes nettes et souvent serrées parallèles au clivage h1.

Laugite a des couleurs pâles ; ses fentes sont presque rectangulaires sur les sections droites ou voisines de cette section ; le dichroïsme y fait ordinairement défaut; les extinctions s’élèvent jusqu’à près de 4o°; les cristaux sont souvent rongés sur les bords, quelquefois déchiquetés, brisés, froissés, contournés, tordus; le relief y est assez considérable; les cristaux nets y sont caractérisés par le biseau ô1/2 bll2.

üachmite est très peu transparente. L’augite devient souvent microlithique dans les roches d’épanchement : elle est ordinairement verte ou brune, rarement violette ou rouge.

L'amphibole offre des fentes, également nettes, parallèles aux clivages faciles, dont l’angle peut atteindre 126°, un dichroïsme remarquable dans les variétés de couleur un peu foncée. Les extinctions s’éloignent de la longueur des prismes de 20° au plus.

L kgpersthène est aussi dichroïque ; les extinctions y sont parallèles aux fibres et à la longueur des cristaux; les fentes de clivage y sont rectangulaires sur la section droite.

LES MINÉRAUX

La tourmaline e st très dichroïque et l’extinction y est inverse de celle de la hornblende.

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