‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 114 sur 197 · TENEUR EN SILICE · texte numérisé non relu

TENEUR EN SILICE

Anorthite

Bytownite

Labrador-bytownite

Labrador ...

Andésine

Andésine-oligoclase

Oiigoclase

Ohgoclase-albite

Albite

Anorthose

Microcline-anorthose

Microcline

Orthose

65 en moyenne

Les feldspaths riches en silice fondent difficilement au chalumeau; on ne peut les fondre qu’en esquilles minces, après un certain temps d’exposition au bord! extérieur d'une flamme courte et chaude; l’anorthite fond plus facilement en verre bulleux.

Les formes dominantes des plagioclases diffèrent peu de celles de l’orthose dans les cristaux simples; mais iis se groupent suivant plusieurs lois importantes :

Groupements particuliers aux plagioclases. — Les feldspaths du système bioblique peuvent présenter les groupements de l’orthose et surtout celui qui obéit à la loi de Carlsbad ; c’est ce qu’on observe souvent dans les cristaux de labrador et quelquefois dans

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ceuxd’oligoclase; mais ils en possèdent encore d’autres qui leur sont propres, seuls ou combinés aux précédents. On oppelle groupements poly synthétiques ceux qui sont produits par l’association de groupements simples, soumis à des lois différentes. En dehors des modes de groupements étudiés plus haut à propos de l’orthose, l’albite fournit les types d’autres modes, soumis à plusieurs lois, dont les deux principales, celles qu’on rencontre dans les cristaux qu’on peut regarder comme éléments essentiels des roches, sont les suivantes :

io Deux individus sont accolés suivant la face g1; l’un des deux ayant tourné de i8o° par rapport à l’autre autour d’un axe perpendiculaire au plan de jonction; ce mode de groupement donne lieu à un angle rentrant qu’on appelle goutière de l’albite; on l’appelle loi de l’albite (fig. 232). Un demi-cristal 2 se juxtaposant iu demi-cristal 1 en se renversant par rapport à lui, un demi-cristal 3 se comporte vis-à-vis de 2, comme celui-ci vis-à-vis de 1 et reprend la position de 1, et ainsi de suite ; on a une série de 1/2 cristaux 1, 3, 5... alternés avec des demi-cristaux renversés 2, 4? 6 (fig. 2 33). Ces groupements répétés produisent sur les faces extérieures et particulièrement sur les bases des cristaux ou les faces de clivage qui leur sont parallèles des stries fines, quelquefois très rapprochées.

20 Une moitié d’un cristal, après avoir tourné d’un angle variable autour de l’axe de la zone phl a[l 2 parallèle à la droite qui joint les milieux des lignes qq', rr', de la figure 236, arêtes pg\ se trouve placée après cette rotation, tantôt au dessus, tantôt au dessous de l’autre moitié restée fixe. Ce groupement se manifeste sur les faces g{ par un angle renlrant très voisin de 1800, sur la face de gauche, lorsque le 1/2 cristal inférieur a exécuté la rotation, le supérieur étant resté fixe; il se manifeste sur la face de droite, lorsque l’inférieur étant fixe, c’est le supé-

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rieur qui est passé en dessous. Ce groupement est spécial à la variété d’albite appelée Péricline', la loi qu’il suit est dite loi de la Péricline (fig. 234).

Le plan de jonction est parallèle à la section rhombique du prisme triclinique choisi pour forme primitive; sa position j subit des changements très notables, lorsque les inclinaisons des faces varient de petites quantités. Fis- 234.

L’angle dont il faut tourner un des cristaux pour l’amener à couper l’autre suivant la section rhombique est fixe dans chacune des espèces de plagioclases et, comme il est fréquent, on l’utilise pour la distinction de ces différentes espèces, en mesurant sur les faces g1 obtenues par le clivage l’angle de la trace du plan de jonction et de celle du clivage p sur ces faces.

Sur la face g1 dans Landésine la trace du plan de jonction est parallèle à celle du clivage p , ou, ce qui revient au même, à la direction pg\ L’angle est donc — o°. Dans le labrador cet angle est

de — 90° et dans l’anorthiteil est de — i8°; on voit qu’il se compte à partir de la parallèle à pgl en sens inverse des aiguilles d’une montre; on est convenu de le compter négativement dans ce sens. Dans l’oligoclase, il est de +4°; dans l’albite, il varie de 1 3 à 2 1° ; dans le microcline il est de ioo° ou de — 8o°; dans ces trois derniers cas, il se compte à partir de la direction pgx dans le sens des aiguilles d’une montre; il est positif (fig. 235).

W Caractères généraux des plagioclases. Stries. — Les groupements si fréquents et si multipliés dans les plagioclases se manifestent sur un grand nombre de leurs sections par les stries qu’y déterminent les traces de leurs plans de jonction. On observe particulièrement ce phénomène sur les faces de clivage parallèles aux

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bases qui sont souvent sillonnées destries parallèles entre elles et au plan de jonction produit par la loi de l’albite, très nombreuses quelquefois et très fines; ce caractère faisait appeler autrefois tous les plagioclases des feldspaths striés . On ne peut évidemment pas apercevoir ce groupement sur g1 puisqu’il lui est parallèle; mais il est plus ou moins net sur les autres sections suivant que cellesci se rapprochent plus ou moins comme direction de la base.

Les couleurs y sont en général claires comme dans l’orthôse. L’albite est quelquefois d’un blanc de lait; elle est parfois verdâtre ou même rougeâtre; elle est généralement blanche dansles roches; elle a souvent un éclat nacré sur la base et vitraux sur les autres faces. L’albite joue rarement le rôle d’élément essentiel dans les roches; mais elle forme souvent des veines dans les autres feldspaths.

L’oligoclase est ordinairement d’un blanc grisâtre, jaunâtre, parfois verdâtre ou rougeâtre. Souvent ses cassures, quand elles ne sont pas parallèles à p ou à g1 son esquilleuses et ont l’éclat de la noisette.

Une variété a reçu le nom de pierre du soleil à cause de ses effets de lumière , qui rappellent ceux de l’aventurine artificielle et qui sont dus à l’interposition de lamelles jaunes ou rouges de fer oligiste ou de pyrite magnétique.

L’oligoclase est ordinairement escortée dans les roches, de silicates, de magnésie et de fer plus ou moins alumineux : micas, chlorites, amphiboles, pyroxènes. Il représente en quelque sorte la moyenne des autres feldspaths, et se trouve associé à tous; à l’orthose, dans les syénites; à 1 albite, dans les diorites ; au labrador, dans les mélaphyres. Parfois il forme dans les syénites le noyau d’un cristal, dont, l’orthose fournit l’enveloppe. Ou bien il entoure comme d’une auréole l’orthose des granités de Finlande (granités de Rappakivi). Souvent une croûte jaune enveloppe les cristaux; elle est produite par l’action de l’acide carbonique de l’air.

Labrador. — La couleur varie du gris au blanc grisâtre ou

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verdâtre. Quelques variétés brillent de reflets splendides, bleus, verts, jaune d’or, rouges, sur les faces g *.

Anorthite. — Elle est souvent incolore, transparente et elle a un éclat très vif, souvent nacré sur les faces de clivage.

Les feldspaths intermédiaires ont en général des caractères voisins de ceux des précédents dont ils se rapprochent le plus.

C’est aux gros cristaux que se rapportent les caractères précédents. Maiss, le plus souvent dans les roches, surtout dans les régions de première consolidation, les feldspaths se sont constitués en prismes allongés suivant l’arête pg ’, direction de l’arête aO des bases de la forme primitive. Il est rare d’observer des facettes aux extrémités du prisme; on voit des tronçons bacillaires parallèles (microli thés), mais retournés chacun par rapport aux voisins, comme en font foi les caractères optiques. Enfin, tous ces feldspaths peuvent présenter comme l’orthose des variétés de toutes sortes (vitreuses, etc.).

Caractères optiques. — Une section mince de roche présente presque toujours des cristaux de feldspath taillés dans toutes les directions. Parmi celles-ci, on doit choisir celles qui offrent des éléments de détermination. L’on a deux méthodes :

i° Celle basée sur l’emploi de la lumière parallèle seule et la mesure des angles d’extinction sur certaines faces reconnues; 20 celle basée sur l’emploi de la lumière convergente.

Souvent, sans tailler des sections minces, on peut, avec un marteau, obtenir des lamelles parallèles aux clivages p et g', lorsque les cristaux ont des dimensions qui le permettent.

Observations en lumière parallèle. — Soit un cristal de feldspath triclinique sous sa forme la plus commune pmtg' ; ç^'est l’arête d’intersection de p et de g1 qu’on représente par pgi.

qq’ est parallèle à la diagonale ao; oa’ est l’arête h ou mt , parallèle à l’axe de la zone mtg \

Quelles que soient les orientations des cristaux de feldspath dans les sections minces des roches, on a toujours chance d’en observer un certain nombre qui présentent des faces de clivage p ou g1,

chacune de ces directions planes présentant des fissures où Ton ne tarde pas à reconnaître, avec un peu d’habitude, des fissures ou des stries parallèles à la trace de l’autre clivage; en sorte que ces tissures, parallèles à l’intersection pg *, deviennent des lignes de repère qu’on amène par une rotation convenable de la platine tournant du microscope à être ç' parallèles au fil antéropostérieur de la croisée de fils fixée au foyer de l’oculaire des microscopes polarisants. La plaque étant dans cette position, on note la division marquée sur le bord de la platine qui correspond au zéro du vernier; on tourne ensuite la platine et la plaque jusqu’à ce qu’on observe une position où l’obscurité soit rétablie; on lit de nouveau la division de la platine correspondant au zéro du vernier; par différence, on connaît l’angle de cette direction d’extinction et de l’arête pg *.

Face p. — Par convention, on compte positivement la distance angulaire akz sur p de la ligne d’extinction kz et de ao, parallèle à l’intersection pg1 lorsque, pour aller de ak vers s , il faut marcher dans le sens des aiguilles d’une montre. L'angle zka est au contraire négatif, puisqu’il faut suivre le sens inverse pour aller de a vers z.

Face g1. — Par une convention analogue, on regarde comme positif sur g 1 l’angle aorh qui se compte à partir de oa , parallèle à pg1, dans le sens des aiguilles d’une montre et comme négatif un angle qui se compterait en sens inverse. L’angle r/oV reste positif, puisqu’on peut transporter la] ligne d’extinction o'r/ parallèlement à elle-même, en oyj.

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