‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 150 sur 197 · PL. X · texte numérisé non relu

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Fig. 299. — obsidienne andésitique a pyroxène de siccipamba (nouvelle-grenade). (Page 535)

Au milieu d’un magma entièrement vitreux (59), on distingue des globules (61) également vitreux, ayant l’apparence pétrosiliceuse radiée ou homogène. On y observe en outre des traînées cristallitiques parallèles de fer oxydulé (29) et de pyroxène (20).

(D'après MM. FOUQUÉ et LÉVY, PI. XXX, fig. 2.)

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treuse, et surtout des corps microscopiques à formes variées, provenant de la dévitrification de cette masse.

Obsidienne. — Roche vitreuse qui a au plus haut degré l’éclat, la cassure conchoïdale et la fragilité du verre. Elle se brise en éclats tranchants. Vert noirâtre, noir de velours ou brune, plus rarement grise ou d’un gris verdâtre, elle est quelquefois chatoyante ou rubanée. Par transparence en lames minces, elle est presque incolore en général et limpide. Son indice de réfraction est i,448. La densité est d’environ 2,4.

Elle contient peu ou point d’eau; la proportion delà silice y peut atteindre 80 0/0. Au chalumeau, elle fond en verre blanchâtre.

Analyse de l’obsidienne du pic de Ténériffe par M. Ch. Sainte- Glaire Deville : silice, 69,71; alumine, 19,23; fer oxydulé, 5,48; manganèse oxydulé, o,3o; chaux, o,58; alcali, 14,70 (fig. 297 et 298).

Variétés : Obsidienne porphyroide, avec feldspalh (fig. 299), O. ponceuse , avec trous plus ou moins volumineux; O. filamenteuse, formée d’un amas de filaments capillaires; O. globuleuse [ marékanite J, en nodules vitreux, disséminés dans la perlite à

DESCRIPTION DES ROCHES

Marekanka près Okhotsk (Sibérie); ( O . sphérolithique, empâtant des sphérolithes.

Au microscope, on y aperçoit assez souvent la structure fluidale (fig. 298) et des microlithes en forme de prismes allongés, les uns isotropes, les autres agissant sur la lumière polarisée, des lamelles de mica, des aiguilles d’augite, peut-être d’amphibole et surtout de la magnélite. Lorsqu’on attaque l’obsidienne par l’acide fluorhydrique, on y voit apparaître des microlithes.

A de forts grossissements, elle montre des pores à bords foncés, à formes irrégulières, quelquefois elliptiques, et remplis de gaz et de vapeurs. Dans un très grand nombre d’entre elles, on voit des fissures capillaires qui ressemblent à des trichites, rayonnant autour d'un grain foncé de magnétiteet provenant de la contraction déterminée dans la masse par son refroidissement.

Rétinite ( Pechstein , pitchstone, pierre de poix, perlites). — Roche vitreuse ou demi-vitreuse, translucide sur les bords, fragile.

Fig. 299. — Rétinite de Saint- VVendel.

Fig. 300. — Rétinite trachytique de Cattajo, d’après Rosenbusch.

L’éclat en est assez gras; la cassure moitié conchoïdaie, moitié esquilleuse ; l'aspect, celui de la poix, de la résine, ou d’un émail, d’une terre cuite, suivant que l’éclat en est plus ou moins vif; les couleurs y varient du vert olive au brun jaunâtre, quelquefois au

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noir ou au rouge, par suite d’un mélange d’oxyde de fer; la fusion au chalumeau en est facile; elle est accompagnée d’un dégagement caractéristique de vapeurs d’eau ammoniacale, quelquefois bitumineuse et presque toujours de boursouflement.

Les rétinites contiennent généralement plus de silice que l’orthose (environ 72 0/0), et moins d’alumine; la teneur en eau y oscille entre 5 et 10 0/0. La dureté en est un peu plus faible que celle de l’orthose; la densité approche ordinairement de 2,3.

Souvent elles deviennent porphyroïdes : elles renferment alors des cristaux d’orthose assez nets, visibles à l’œil nu. assez fréquemment des grains de quartz, et quelquefois même du mica, surtout lorsqu’elles se rattachent à des formations porphyriques. Elles sont des modifications vitreuses, soit des porphyres, soit des trachytes. Lorsqu’elles se rattachent aux trachytes, elles sont plus riches en silice, plus acides; lorsqu’elles dérivent des porphyres, elles ont le faciès d’une agate ou d’un émail et deviennent volontiers porphyroïdes, renfermant alors des cristaux, visibles à l’œil nu, de feldspath, de quartz ou même de mica.

Elles sont quelquefois globulifères, et leurs globules sont composées de feldspath, rétinites perlaires.

Dans quelques variétés, rétinites zonaires , l’on observe des zones qui ont alternativement l’aspect du verre ou celui d’un émail.

Dans quelques autres, la masse, vitreuse en général, offre des régions qui ont la texture du feldspath compacte et ressemblent à une brèche : rétinite bréchoïde. Enfin, certaines variétés présentent des cavités amygdalaires remplies d’agate, de calcédoine, etc.

Au microscope, la pâte vitreuse des rétinites est toujours plus ou moins dévitrifiée. On y observe un grand nombre de microlithes, souvent disposés d’après un arrangement fluidal.

Nous empruntons au bel ouvrage de M. Rosenbusch quelques dessins qui montrent la microstructure de ces roches.

Les trichiles sont peu abondantes.

Quelquefois les produits dévitrifiés prennent des formes végé-

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taies, par exemple dans la rétinitede l’ile d’Arran,qui renferme des cristaux de quartz, de feldspaths, de hornblende (fîg. 3oi et 3o2).

Les figures 299 et 3oo montrent la masse vitreuse des rétinites de Catlajo et de Saint-Wendel, résolubles au microscope en microlithes isolés ou groupés.

On voit que les rétinites des trachytes ne se distinguent pas au microscope de celles des porphyres. C’est sur le terrain seul qu’on reconnaît la formation dont elles font partie.

On appelle quelquefois hyalo trachytes, les roches trachytiques vitreuses les moins riches en silice.

Perlites. — ,On a réuni dans un grohpe particulier des roches vitreuses composées en totalité ou au moins en grande partie d’éléments globuliformes ou polyédriques. Les globules, qu’on a comparés à des perles, sont formés de lamelles minces, membraneuses, à éclat gris, qui s’emboîtent comme les tuniques d’un oignon, ou bien ne présentent qu’une masse indivise, semblable ou à du verre ou à un émail. Ils se sont groupés quelquefois confusément, ou bien ils se sont comprimés en s’accollant, comme l’indique leur forme quelquefois polyédrique. Dans certains cas, Ms sont isolés les uns des autres au milieu d’une pâte vitreuse ou

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semblable à un émail, et cette pâte renferme, en outre, tantôt des cristaux de sanidine ou du mica, tantôt de 1 opale, des granules d’obsidienne (marékanite), des filaments microscopiques analogues à ceux des obsidiennes, enfin des sphérolithes (voy. p. 285, au mot Obsidienne ).

Dans les perlites sphérolithiques (fig. 3o3 et 3o4), la silice atteint les proportions de 70 à 80 0/0, et leur densité est plus forte que dans les rétinites, auxquelles on peut les rattacher néanmoins à cause de leur origine commune et de l’analogie de leur composition générale.

Fig. 303. — l’erhte de Telkibanya. Fig. 304. — Pcrlite de Telkibanya,

par Rosenbusch.

Au microscope, on ne voit que des portions de courbe analogue aux écailles d’un oignon.

Leur pâte vitreuse, isotrope, renferme un nombre souvent prodigieux de microlithes et de trichites, produits par dévitrificalion, ainsi que des feldspaths, de la biotite dichroïque, des grains de magnétite et des sphérolithes.

Cendres trachy tiques. — Poussière grisâtre, formée de cristaux microscopiques, qui résulte quelquefois de la désagrégation du trachyte, mais le plus souvent de déjections cinériformes, qui ont accompagné la sortie de ces roches.

Lapilli ponceux. Cendres ponceuses. — La ponce apparaît

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fréquemment au milieu des trachytes, comme étant une de leurs variétés de texture. Elle est encore un des produits de déjection des volcans actuels, sous la forme de blocs, de lapilli ou de cendres.

Tufs, conglomérats tracliytiques et ponceux. — Les fragments, les lapilli ponceux, les cendres ponceuses ou trachytiques projetés par les volcans ont été emportés par lèvent à des distances quelquefois considérables, et souvent remaniés, modifiés, cimentés par les eaux de l’atmosphère ou des ruisseaux et des mers. Il en résulte ces masses en général à fond argiloïde, que l’on appelle : 1 ufs, conglomérats trachytiques , phonolithiques , ponceux .

Tufs trachytiques. — Roche friable ou compacte, grisâtre, jaune d’ocre, terreuse, ayant l’aspect d’une boue volcanique solidifiée, renfermant quelquefois des cristaux de sanidine, de mica, etc.

Brèches , conglomérats trachytiques. — Fragments anguleux, galets arrondis de trachyte, mêlés souvent de débris de roches différentes, cimentés par une pâte qui consiste en tuf trachytique.

Tufs phonolithiques. — Débris de phonolith?, mêlés de fragments de cristaux de sanidine, de mica, de hornblende, de fer magnétique, réunis dans une pâte terreuse, qui fait effervescence avec les acides.

Tufs ponceux. — Boue de ponce, grisâtre, consolidée, mêlée de matières étrangères (Mont-Dore en France; tuf de Pausilippe, près de Naples).

Conglomérats ponceux. — Fragments de ponce, agglutinés avec quelques débris de trachyte, d’obsidienne, par un tuf ponceux plus ou moins apparent.

Trass (variété de conglomérat ponceux). — ■ Ce sont des roches terreuses, mates, grisâtres, jaunâtres ou brunâtres, plus ou moins compactes, formées d’une poussière ponceuse, décomposée, qui englobe des fragments de ponce, et quelques morceaux de lave, de schistes argileux, des cristaux de feldspath, de mica, des troncs d’arbres carbonisés. Le trass donne, dans le tube fermé, de l’eau,

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qui contient souvent de faibles quantités d’ammoniaque, avec un peu de chlore et même d’acide sulfurique. Il fond souvent avec difficulté en émail grisâtre. Il forme des couches puissantes sur la rive gauche du Rhin, où il est employé comme mortier hydraulique. D’après Cordier (i), la pâte du Trass serait trachytique, plutôt que ponceuse, et le ciment consisterait en hydrosilicate d’alumine provenant de la décomposition des cendres, et quelquefois en alunite. Cordier reconnaît bien des roches provenant de la décomposition de la ponce, ou des cendres ponceuses; mais il appelle les premières Asclérines (Perrier, près d’Issoire) ; les dernières Alloues (grotte du Chien).

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