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CHAPITRE III

AMPHIBOLE ET FELDSPATIIS CALCOSODIQUES

a. — Roches prétertiaires.

Diorite. — Composée d' amphibole lamellaire et de feldspath ordinairement blanchâtre et compact. — Telle était la définition donnée par Haüy de cette roche qu'il a nommée ainsi pour exprimer le contraste de la couleur ordinairement blanchâtre du feldspath avec celle de l’amphibole ordinairement noire ou d’un vert noirâtre, et celle du tissu lamellaire de l’amphibole avec l’aspect compacte du feldspath. Dans la syénite c’est le feldspath qui l’emporte, ajoute Haüy; dans le diorite, c’est l’amphibole et les deux éléments y sont plus confusément mélangés (1).

Haüy distinguait quatre variétés :

Commun;

A feldspath lamellaire ;

Porphyroïde, à grains bien distincts, avec cristaux de feldspath ;

Porphyrique, à très petits grains, d’apparence presque homogène, avec des cristaux de feldspath disséminé, grünstein porphyr.

(1) Haüy, Minéralogie , t. IV, p. 540.

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Aujourd’hui, on sait que le feldspath est calcosodique.

Le diorite est un agrégat grenu, à structure grenue, souvent ophitique, noirâtre, ou d’un vert plus ou moins foncé dans l’ensemble, plus exactement d’un blanc moucheté de noir, composé de hornblende et d’oligoclase souvent en quantités à peu près égales (Hartz et Vosges). Dans les diorites des Pyrénées ( ophite de Pcilassou ), la hornblende est généralement dominante.

Les grains de hornblende y sont prismatiques ; leur cassure est lamellaire, brillante, noire ou d’un vert foncé ; quelquefois ils s’allongent et se rassemblent en petites houpes. Ceux d’oligoclase sont striés, blancs, ou d’un blanc jaunâtre ou verdâtre. La densité est d’environ 2,9.

Eléments accessoires : quartz, en grains grisâtres, très fréquent dans les variétés grenues, où il atteint la proportion de 4 à 5 0/0; albite, rare; orthose, dans les diorites du Hartz, d’après Keibel; labrador; pyroxène; épidote, très fréquente surtout dans les diorites des Pyrénées, soit disséminée dans leur masse, soit en druses cristallines sur les parois de leurs cavités. Durocher a trouvé jusqu’à 4 0 0/0 d’épidote dans un diorite de Saint-Beat (Haute- Garonne).

Minéraux accidentels : pyrite cubique , magnétite, cklorite , sphène , pyrite magnétique , micat calcaire. Les diorites se décomposent souvent en blocs, quelquefois plus ou moinfe polyédriques, ordinairement arrondis, où l’on voit une croûte argileuse, jaune ou brune, riche en magnésie et en hydrate d’oxyde de fer.

Au microscope, le feldspath plagioclase apparaît en bandelettes étroites et en grains finement striés; il est souvent utile, pour distinguer les stries, de traiter la section mince par quelques gouttes d’acide chlorydrique étendu qui lui enlèvent ses parties altérées. Quelquefois il y a un peu d’orthose. La hornblende verte, ou jaunâtre, bleuâtre, et quelquefois brune, se montre en longs prismes très fibreux ou en grains; elle est souvent décomposée en une matière verte; elle est peu dichroïque. Le quartz, quand il y en a, est riche en inclusions fluidales. La magnétite, l’apatite, le

DESCRIPTION DES ROCHES

sphène ont leurs caractères ordinaires. Le mica magnésien, d’un rouge brun, est très dichroïque lorsqu’il est vu sur la tranche; ses lamelles ont leurs contours arrondis. Le calcaire, qu’on reconnaît surtout par son effervescence avec les acides étendus, est en général un produit de décomposition ; cependant quelques auteurs le regardent comme de formation primordiale dans certains cas où il est enveloppé par des feldspaths, tout en conservant des contours nets et réguliers.

Variétés. Diorite ordinaire ou granitoide , à grains plus ou moins gros, tous de grosseur à peu près semblable. Le grain est d’autant plus petit que le filon est plus mince, cependant Delesse a observé des grosseurs de grains très différentes dans les mêmes masses. D. porphyroïde, en grains assez fins, avec gros cristaux de hornblende ou d’oligoclase.

Diorite schistoïde. — Hornblende en lamelles formant des zones alternes avec de l’oligoclase.

Diorite micacé de Delesse. Beaucoup de mica; pas de quartz; 48,9 o/o de silice.

Kersanton. Syn. Kersantite (Delesse). — Roche composée essentiellement d 'oligoclase et de mica magnésien brun associé à de faugite, parfois à de l'amphibole. Dans celui de Bretagne, il s’est formé ensuite du quartz et de la calcédoine.

Éléments accessoires : Àugite ou hornblende , calcaire.

De couleur assez foncée, assez tendre pour se prêter aux travaux de sculpture les plus délicats, assez tenace pour conserver intactes les formes qu’on lui a données, cette roche a une structure en général porphyroïde. On y observe une masse de grains très fins qu’on peut ordinairement décomposer en ses éléments au microscope, et, sur ce fond, des cristaux de feldspath et de mica. Il s’y ajoute en général, tantôt de la hornblende brune ou verte, tantôt, le plus souvent, de l’augite en prismes verts.

Le kersanton est, en général, poreux, et les pores sont souvent remplis de grains de calcaire de formation évidemment postérieure, qui donnent à la masse la propriété de faire effervescence

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avec les acides. On observe aussi de la chlorite, qui est sans doute, comme le calcaire, un produit de décomposition. Son apparition est postérieure au carbonifère.

Les auteurs donnent souvent à cette roche le nom de kersantite. On a proposé d’appeler kersantites celles qui contiennent de l’amphibole, et kersantons celles qui renferment du pyroxène, celles-ci sont les variétés les plus nombreuses en Allemagne.

Porphyres à amphibole et à feldspath calcosodiques (prétertiaires). — Haüy avait appelé aphanite une roche dont il donnait la définition suivante : roche formée d’amphibole compacte et de feldspaths fondus imperceptiblement l’un dans l’autre ; apparence homogène, couleur noirâtre. Il admettait plusieurs variétés :

i° Commun. Trapp deBolomieu;

2° Porphyrique (grünporphyre de Werner), vulgairement ophite ou serpentin. Porphyre vert des anciens: cette description est celle qu’on pouvait donner à l’époque d’Haüy de la roche appelée aujourd’hui porphyrite andésitique à amphibole.

Porphyrites andésitiques à amphibole formées de microlithes d’oligoclase et d'albite, parfois d’orthose, mêlées, dans certaines variétés, de microlithes d’amphibole, empâtant des cristaux de hornblende et de labrador, des grains de quartz d’épidote et contenant accessoirement des cristaux d’oligoclase, de fer oxydulé , du mica noir , du pyroxène , de Yapatite.

Mélaphyre andésitique. — On donne aujourd’hui le nom de mélaphyre andésitique à la roche précédente, quand il s’y ajoute du péridot ordinairement grenu.

Ces roches sont très tenaces; elles sont d’un gris verdâtre ou noirâtre; elles ont la cassure inégalement esquilleuse, souvent, luisante. Celle des Vosges a pour densité 2,568 et contient 46,83 de silice. La pâte offre souvent une structure fluidale très nette. On y a signalé des variétés schisteuses.

Les diorites forment des amas considérables, à la manière des granités, dans les roches cristallines et dans les terrains de transition.

DESCRIPTION DES ROCHES

Certaines variétés à texture schisteuse paraissent subordonnées aux micaschistes ou aux gneiss.

Corsite ( diorite orbiculaire , diorite globulaire , granité de Corse). — Assemblage grenu d’anorthite, de hornblende et d’une petite quantité de quartz. Les éléments affectent dans cette roche une disposition caractéristique : ils s’y disposent fréquemment en espèces de membranes à peu près sphériques, où dominent alternativement l’anorthite, et la hornblende ; dans une section quelconque, l’on aperçoit nettement les zones, successivement blanches et noires ou d’un noir brunâtre, qui en résultent.

La centre des globules est grenu.

La roche contient 48, o5 de silice et n,o4 o/o de chaux. Elle a pour densité 2,768. Elle contient 84 0/0 d’anorthite, soluble dans les acides, et 16 0/0 de hornblende. Ces déterminations sont dues à Delesse.

Au microscope, le feldspath montre les extinctions de l’anortliite ; il forme des aiguilles fines, serrées, qui divergent autour d’un centre commun, et qui sont interrompues par les lamelles ou écailles d'amphibole disposées en couches concentriques les unes aux autres. On y rencontre enfin de l’augite très dichroïque.

Tonalité. — Roche grenue et à grains fins, composée de feldspath strié, d’un blanc de neige, qui a les caractères extérieurs de l’oligoclase, mais qui ne contient guère que 5 7 0/0 de silice; de quartz ordinairement en grains grisâtres, et de petites quantités de hornblende vert noirâtre et de mica brun.

Minéraux accidentels : sphène , magnétite , pyrite , corindon, orthite, épidote.

Cette roche ne se rencontre guère qu’à Tonale, dans les Alpes méridionales. C’est un diorite quartzifère.

Certains diorites contiennent de l’éléolithe en assez grande abondance.

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b. — Tertiaires ou posttertiaires

Andésites à hornblende. — Eléments essentiels : feldspaths calcosodiques ordinairement microlithiques, voisins de l’oligoclase et du labrador, à groupements simples, mais quelquefois polysynthétiques ; hornblende en cristaux bruns très dichroïques, aciculaires, ou en agrégats grenus ; matière vitreuse isotrope plus ou moins abondante (fig. 3o5).

Éléments accessoires : pyroxène verdâtre , peu dichroïque; raagétite , mica magnésien , apatite, trydîmite , sanidine.

Dans certaines andésites, le mica devient assez abondant pour leur mériter le nom d’A. à biotite.

Structure : grenue avec régions vitreuses et microlithiques où l’on observe quelquefois la disposition fluidale.

Dacites à hornblende. — Andésites à hornblende quartzifères. Aux éléments essentiels des andésites s'ajoute souvent de la biotite et du quartz, en cristaux généralement distincts à l’œil nu, renfermant quelquefois des inclusions vitreuses. Accessoirement : zircon, orthite, cordiérite, grenat.

Toutes ces roches forment des ballons; elles ont quelquefois l’allure filonienne.

Propylite. — Ce nom a été donné à une andésite amphibolifère d’un gris verdâtre, qui, au lieu d’avoir des formes ballonnées comme les précédentes, s’élance en obélisques et en tours. La roche est formée d’un feldspath calcosodique et de hornblende fibreuse aciculaire, verte, qui colore toute la roche; la hornblende a un éclat vitreux et des clivages très nets; elle s’altère souvent en épidote. Le quartz y renferme surtout des inclusions fluides.

Tufs des mélaphyres. — Sortes de bombes des mélaphyres tombées au fond d’une mer qui les a englobées d’un peu de grès rouge (rothliegende du Mansfeld).

Tufs dioritiques. — Roche tachetée, verdâtre, stratiforme, à grains de quartz, schiste argileux, hornblende, feldspath, diorite.

DESCRIPTION DES ROCHES

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