‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 162 sur 197 · I. — Fer oxydulé, augite (20), labrador · texte numérisé non relu

I. — Fer oxydulé, augite (20), labrador

II. — Matière amorphe riche en globulites et en granules de fer oxydulé.

III. — Chlorite (37) entourée d’une couronne de petits cristaux et épigénisant un minéral non déterminé.

(DJ après MM. FOUQUÊ et MICHEL-LÉVY, Minéralogie micrographique. — Atlas, PL XXXIII, fig. 2.)

ÉLÉMENT DOMINATEUR P Y R O X È N E

Leucotéphrite. — Roche analogue, mais toujours porphyroïde, où la leucite, accompagnant l’haüyne, l’emporte en abondance sur la néphéline.

La néphéline est assez souvent cristallisée ; mais la leucite, isotrope dans ces roches, ne fait guère que remplir les interstices des minéraux de première consolidation.

L'augite (fig. 3i5) s’y trouve en prismes aciculaires, microlilithiques, polychroïques. La hornblende et la biotite n’y sont que des éléments accessoires.

Dans certaines téphrites abondent l’haüyne et la nosiane. Silice : de 45 à 57 0/0 (fig. 3 12).

Basaltes. — Masses éruptives, tertiaires ou posttertiaires, d’un noir bleuâtre ou grisâtre, généralement mub, homogènes, tenaces, ayant formé des coulées à la manière des laves et composées : i° d’éléments cristallins, parmi lesquels on distingue : feldspath alcalinoterreux, (péridotj, augite et magnétite en cristaux qu’on ne peut en général, distinguer qu’à la loupe ou au microscope ; et 20 d’éléments irrésolubles, même au microscope, confondus en une pâte vitreuse.

Ils sont plus durs que l’acier, plus ou moins poreux et plus ou moins magnétiques. Leur dureté est de 2,9 à 3,i.

Dans l’acide chlorhydrique, ils sont très inégalement attaquables. La partie dissoute varie de 36 à 88. En moyenne, d’après les analyses de Bischof ( Lehrbuck der Géologie ), II, p. 693), ils contiennent 44 de silice avec des écarts de 10 0/0 en plus ou en moins, 12 d’alumine, n de chaux, 7 de magnésie. Les oxydes de fer y varient dans la proportion de 3 à 25 0/0, l’eau de 0 à 6, le titane de 0 à 3, la soude de 2 à 16. Mais il faut tenir compte de ce fait que les basaltes contiennent des quantités très différentes de minéraux sodifères.

Caractères microscopiques. — a. Éléments distincts essentiels.

Feldspath , en lamelles suivant la loi de l’Albite, formant des bandelettes longitudinales, parallèles, alternativement bleues ou grises, ou colorées de nuances vives en lumière polarisée; Zirkel

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a fait remarquer qu’il n’est pas attaqué par les acides. Plusieurs observateurs y voient un mélange de lamelles feldspaths alcalinoterreux, où le labrador paraît dominer.

Augite , souvent en gros cristaux de la forme pmh 1 g 1 61/*, groupés suivant /<', d’un brun rouge, ou jaunâtre, plus rarement verts. Ces cristaux deviennent presque incolores en lames minces. Ils sont peu dichroïques, leurs contours sont des parallélogrammes, des hexagones, des irréguliers, des octogones ayant ordinairement deux côtés longs et quatre courts ; ils contiennent des inclusions solides, formées d’apatite, de magnétite, des fluides.

Péridoty souvent en grains irréguliers avec inclusions de picotile. Ses clivages, les grains de picotite qu’il renferme, sa surface d’apparence chagrinée, lorsqu’on élève ou qu’on abaisse brusquement le condensateur du microscope, les rendent faciles à recon-

Fig. 312 à 315. — Diverses sections d’augite, dont l’une montre le groupement de deux cristaux accolés suivant h1 avec hémitropie.

naître. Us passent fréquemment à des matières serpentineuses. Éléments indistincts : on y observe en plus ou moins grande abondance une substance vitreuse répandue entre les éléments cristallins. Celle-ci, d’après les nombreuse? observations deM. Zirkel, ressemble à un verre homogène d’un brun jaune, lorsqu’elle est pure ; en général elle renferme des grains plus foncés en couleur et des aiguilles cristallines, noires ou d’un noir brunâtre, terminées soit en pointes, soit en massue et groupées en réseau. Cette matière restée vitreuse, ou rendue à demi cristalline par les éléments qui s’en séparent, peut former jusqu’à la moitié de la masse. Dans la lave de Beaulieu, en Auvergne, dans celle de l’éruption de

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l’Hékla (Islande), en i84ô, on ne trouve plus ce verre, assez riche en petits grains foncés, que pincé sous forme de coins entre les éléments cristallisés de la roche. La masse vitreuse offre la même disposition en coins; mais elle renferme des trichites aciculaires en même temps que des grains étrangersaux éléments cristallisés, labrador et augite, dans la plupart des basaltes appelés anamésites du nord de l’Europe, Islande, îles Faroë, Écosse, Hébrides, Groenland.

c. Éléments distincts accidentels.

Hornblende. On la rencontre quelquefois en gros cristaux ordinairement dichroïques; on la distingue aisément de l’augite à ses clivages qui font entre eux un angle de 124° environ ; néphéline, amphigène (Voy. leurs caractères à néphélinite, amphigénite). Fer titané, sphène, apatife en prismes hexagonaux allongés, déliés, incolores ou violacés; carbonates de fer et de chaux , aragonite, mica brun foncé , zircon [Hyacinthe) cordiérite , grenats , pyrite, zéolithes, calcédoine, wollastonite.

Fer natif. — Découvert par Andrews dans le basalte du comté d’Antrim, Irlande, il a été retrouvé par Reuss dans les basaltes de Bohême. Il échappe aux investigations microscopiques, parce qu'on ne sait pas le distinguer de lamagnétite, opaque et isotrope comme lui; mais on en constate chimiquement la présence dans un certain nombre de basaltes en broyant la roche dans un mortier de porcelaine. Une dissolution de sulfate de cuivre dépose du cuivre métallique qu’on reconnaît aisément (voy. fig. 3o6, à dolérite).

On sait que le basalte d’Ovifak près du fjord de Disco, côte du Groenland, renferme des masses considérables de fer natif, qu’on retrouve en plus petits fragments dans les roches basaltiques de cette île.

Variétés : Basalte commun.

B. amygdaloïde , à grandes cavités où l’on collectionne la plupart des beaux cristaux de zéolithes, avec calcédoine, carbonates de chaux et de fer, etc.

Tachylyte ( Gallinace de Cordier, basalte vitreux). — Masses

vitreuses ou demi-vitreuses, à faciès résinoïde, quelquefois un peu gras, d’un noir de poix, bleuâtre ou brunâtre; elles sont décomposées par l’acide chlorhydrique avec séparation de silice gélatineuse; elles contiennent 7 à 8 o/o de chaux et de petites proportions d’eau, Breithaupt avait donné ce nom de tachylite à une. matière de Salsebrüll, près Dransfeld, qui est rapidement décomposée par les acides.

Dans celle-ci on observe au milieu de la masse vitreuse des cristaux, visibles quelquefois à l’œil nu, mais généralement microlithiques, d’augite, de néphéline, de magnétite surtout, et comme produits de dévitrifîcation, des microlithes prismatiques, aciculaires, groupés en gerbes, en barbes de plumes, en étoiles.

La tachylite de Bobenhausen. Vogelsgeberg, est définie par M. Zirkel comme un verre brun foncé renfermant une grande quantité de grains sombres, à bords déchiquetés, entourés d’une auréole plus claire, visibles à la loupe et se décomposant à des grossissements plus considérables en granules infiniment petits, ronds ou aciculaires. Ces granules, en se réunissant, dessinent dans la pâte vitreuse des petites masses noires, hérissées d’aiguilles, ou d’espèces de petites frondes de fougères qui sont quelquefois enroulées sur elles-mêmes, ou qui émettent un appendice également composé de granules, ressemblant dans ce cas à une fleur sur sa tige, et qui enfin se trouvent agglomérées en nombre considérable au milieu de régions plus claires que le reste de la masse auxquelles elles ont enlevé le fer qui les colore.

Celte matière forme des salbandes entre le basalte proprement dit et les roches encaissantes. Elle paraît constituer aussi le fond des laves basaltiques.

Quelques gallinacés paraissent se rapprocher de V hyalomélane de Hausmann, matière vitreuse peu soluble dans les acides et contenant 5y o/o de silice, du fer, de la chaux, de la magnésie, et de i à 2 o/o d’eau.

L’hyalomélane établit le passage entre la tachylite et la matière compacte ou scoriacée, insoluble dans les acides, appelée par

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M. Rosenbusch, augite compacte ou scoriacée , qu’on rencontre dans le basalte d’Ostlieim Wetterhau, en petites masses irrégulières, vitreuses, vertes en lumière réfléchie, brunes en lumière transmise, altérables et mêlées d’argile qui provient de leur décomposition.

Scories volcaniques. — La croûle extérieure des coulées et leur nappe inférieure, ont souvent une texture scoriacée ou poreuse, homogène ou porphyroïde et plus ou moins vitreuse. Les scories sont des blocs rejetés lors de l’éruption. Elles ont les formes les plus variées : contournées, cloisonnées, etc. Souvent, animées d’un mouvement rotatoire, en vertu de la force centrifuge, elles ont acquis, en décrivant leur trajectoire dans l’espace, la forme d’ellipsoïdes, dont le grand axe a des extrémités tordues ( bombes volcaniques). Elles sont ordinairement rouges extérieurement, pleines ou creuses, riches en péridot, qui leur donne leur coloration rouge, étant lui-même altéré, quelquefois en feldspathoïdes.

Lapilli. — Scories en fragments plus petits, tombées comme une pluie de pierrailles autour des cratères, dont elles forment ordinairement les parois.

Cinérites. — Cendres volcaniques , projetées aussi par les cratères, autour desquels elles retombent en donnant lieu aux cônes successifs des volcans étagés les uns sur les autres au fur et à mesure des différentes éruptions, lorsqu’elles ne sont pas emportées par le vent., quelquefois à d’énormes distances, sous forme de poussière impalpable. Des cendres volcaniques ont englouti, comme on sait, Pompéï, en l’an 79.

Les cendres de l’éruption de novembre i843, à Catane, Etna, étaient d'un gris clair, et renfermaient 46, 3 1 % de silice; 16, 85 d’alumine; 9,85 de peroxyde de fer; 4,43 de fer oxydulé ; 10,28 de chaux; 5,44 de magnésie; 1,41 de potasse; 3,34 de soude, et en outre 2,21 d'acide sulfurique; o,52 de chlorydrate d’ammoniaque et de gypse, d’après l’analyse de Yon Waltershausen.

Il n’y a pas de différence minéralogique essentielle entre ces poussières que lancent les volcans et la lave qui en coule pendant

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la même éruption; mais la structure des laves est très différente de celle des cendres.

M. Zirkel (1) a observé comme différences essentielles à ce point de vue, dans les sables de l’Etna, qui sont composés de feldspath, d’augite, de magnétite et d’éclats de verre, le nombre infini des inclusions vitreuses et des microlithes libres renfermés dans les cristaux intacts ou brisés, le nombre également considérable des éclats de substances vitreuses mêlées à celles qui ont cristallisé, celui des pores produits par des dégagements de gaz et de vapeurs que contenaient les éléments cristallins ou vitreux et celui, enfin, des agrégats formés par les microlithes. Parmi les microlithes des cendres projetées par le Vésuve en 1861, dominait l’augite. Dans les cendres de l’Etna et de l’Hékla, il en est de même; mais on y voit aussi beaucoup de magnétite. Dans des sables volcaniques se rencontrent de la magnétite, du mica en petites lamelles, des grains d’Haüyne, etc.

On pense que la masse en fusion contenait déjà des microlithes cristallisés avant sa projection.

Dans les scories lancées par le volcan de Gravenoire (Puy-de- Dôme), on trouve du fer oligiste, du fer titané.

Pépérites. — Ce sont des cendres volcaniques agglutinées et contenant des cristaux de hornblende et de mica noir. Aux pépérites se rattachent les tufs basaltiques à fragments de basaltes cimentés par du calcaire et des zéolithes, les pépérino , sortes de tufs à cristaux d'augite, le mica, etc. Elles sont en général miocènes.

Les scories, lapilli, cendres basaltiques plus ou moins décomposées, souvent rougeâtres, fournissent les pouzzolanes .

Spilites des basaltes. — Voyez à spilites des mélaphyres.

Waches des basaltes. — Masses compactes, terreuses, d’un gris verdâtre ou brunâtre, à odeur argileuse, happaut à la langue, où l’on distingue des paillettes de mica, des cristaux d’augite, de

(1) F. Z., Neues Jahrbuch fiir Minéralogie, 1872, p. 16.

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zéolitlies, de hornblende quelquefois, des grains de magnétite, de péridot rouge, des cavités souvent remplies de cristaux de calcaire, de terre verte, de calcédoine, de cornaline; ces masses sont disséminées en blocs çà et là dans les pépérites.

Les argiles résultant de la décomposition des porphyrites, mélaphyres, basaltes, sont très riches en magnésie et renferment souvent des cristaux de feldspaths, d’augite, des grains de magnétite, etc.

Physionomie générale des roches basaltiques. — Ainsi que les mélaphyres, les basaltes se comportent souvent comme de vrais trapps et s’étalent à la surface du sol en vastes terrasses étagées les unes sur les autres ; on les voit se dresser aussi comme de grandes murailles, ou comme des ruines amoncelées (Islande). Souvent les cratères basaltiques ont vomi des laves à texture scoriacée* des scories, des cendres, comme ceux des volcans actuels (Eifel, Auvergne) ; ou bien, imitant les trachytes, le basalte a

Fig. 316. — Grotte de Fiugal, île basaltique de Staffa, Hébrides.

coiffé d’un dôme l’ouverture supérieure des grandes cheminées qui lui avaient donné passage. En général, les basaltes, accompagnés de leurs tufs et de leurs conglomérats, sont d'âge tertiaire. Les plus anciens basaltes du Cantal sont miocènes ; les basaltes

DESCRIPTION DES ROCHES

dits des plateaux en Auvergne, appartiennent au pliocène supérieur. Ceux du centre de la France sont ordinairement postérieurs aux trachytes de la même région.

Souvent ils se divisent en colonnes prismatiques, qui s’élancent d’une venue à de grandes hauteurs, ou qui se subdivisent suivant des sections transversales en petits prismes superposés (fig. 3 1 6) (grotte de Fingal). Parfois les prismes s’arrondissent en boules (grottes des Fromages).

Roches augitiques, sans feldspath, récentes.

NéphéÜnites, Cordier (Dolérite néphélitique de Brongniart et de Léonhard). Roches à structure microlithique, ayant toutes les allures des roches basaltiques et n’en différant que par la substitution de la néphéline au feldspath, au moins en grande partie.

La néphéline s’y trouve en prismes hexagonaux, à éclat gras, à sections hexagonales, ou rectangulaires, presque carrées, d’un blanc jaunâtre, verdâtre, rougeâtre, fusible au chalumeau, etc. (voir néphéline).

Les néphéliniles proprement dites ne contiennent pas de feldspath ; celles qui en renferment sont les téphrites (voy. plus haut, p. 564).

La N. de Katzenhückel, Odenwald, renferme des petits cristaux à section rectangulaire ou hexagonale d’une matière qui paraît être de la noséane, et des petits octaèdres de pléonasle d’après Sandberger.

Variétés principales : N. grenue ; N. à grains fins ; N. compacte ; N. avec amphibole (passage aux amphigénites).

On appelle néphélinites à olivine, celles où le péridot s’ajoute à la néphéline et à l’augite.

Amphigénite Cordier. ( Leucilites ). — Basaltes à amphigène. Roches compactes, souvent porphyriques, d’un gris foncé, ou rougeâtres, dans lesquelles la leucite ou amphigène remplace plus ou moins complètement le feldspath. Les cristaux de leucite sou-

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