CHAPITRE VIII
( Phyllites , phyllades , schistes argileux, argiles schisteuses.)
On a donné tous ces noms à des roches de structure schisteuse, souvent divisibles en feuillets très minces, les unes, voisines des micaschistes, alternes avec eux et s’en rapprochant par leur éclat satiné, soyeux, assez brillant, entièrement cristallines, sans qu’on aperçoive, parmi leurs éléments essentiels, des cristaux à contours bien définis (phyllites) ; les autres à éclat plus mat, bien qu’elles contiennent généralement un élément fondamental , micacé, renfermant quelquefois des fossiles et des proportions de plus en plus grandes de matières élastiques au fur et à mesure qu’elles s’élèvent dans la série des terrains (schistes argileux et argiles schisteuses ) .
Parmi les schistes argileux se distinguent ceux qu’on appelle spécialement phyllades , ardoises , schistes tégulaires , à cause de la facilité avec laquelle on peut les travailler en plaques minces, résistantes, propres à la couverture des toits et qui est due, comme il a été dit plus haut, à des actions extérieures.
L’argile et les matières micacées formées, non pas sans doute par la pression seule, mais par cette pression aidée de l’action de la vapeur d’eau et d’une température élevée, souvent aussi d’émanations minérales, le graphite, la stéatite en général, les matières molles, plastiques, se prêtent merveilleusement à ce laminage; le calcaire, le quartz, les feldspaths, les matières cristallines, fragiles, y sont plus ou moins réfractaires.
Beaucoup de roches schisteuses ont conservé les traces de ces actions mécaniques; elles renferment çà et là des cristaux de grenats, de tourmaline, cassés, même des fossiles brisés, dont les tronçons se trouvent souvent déviés de leur direction commune, ou ont chevauché les uns sur les autres. Ces matières jouent un certain rôle dans la production de la flssilité principale, en ce sens qu’elles ont été souvent couchées suivant le sens de rallongement général, celui de l’écoulement lors du mouvement déterminé par l’action mécanique extérieure.
Les colorations elles-mêmes de ces roches sont des témoins de l’indépendance de la stratification primitive et du clivage principal que les actions mécaniques y ont déterminé. Dans les schistes des Ardennes on voit souvent des bandes de différentes couleurs parallèles traverser cette direction de flssilité. Ces bandes étaient incontestablement parallèles à la stratification qu’elles permettent même de retrouver à travers les directions de flssilité, avec les quelles on pourrait la confondre au premier abord. Quant aux mouvements qui ont transformé la structure de ces roches, on peut toujours en déterminer la direction au moyen des ellipses isothermes, puisque sur la face du clivage principal, perpendiculaire à l’action de la force motrice, le plus grand axe de l’ellipse est parallèle au longrain ou à la direction de cette force.
Le tableau suivant donne quelques exemples de la composition chimique de ces roches prises en bloc.