‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 177 sur 197 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ROCHES SULFATÉES .

Gypse (voy. la description aux espèces minérales, p. 453.

Un assez grand nombre de variétés de gypse cristallin se trouvent dans les mêmes gisements que celles du calcaire et doivent être considérées comme métamorphiques. Elles résultent de la transformation de calcaires où l’acide carbonique a été remplacé sur place par de l'acide sulfurique provenant sans doute lui-même d’émanations thermates sulfureuses . (par exemple à Aix, en Savoie).

Le gypse du Saint-Gothard contient du mica et du talc. On a rencontré du béryl dans le gypse, dans la vallée d’Harroch, à i5 kilomètres de Blidah (Afrique française). Les lagoni de Monte- Gerboli et de Castel-Nuovo, Toscane, gypsifient encore de nos jours les bancs calcaires qu’ils traversent.

Variétés ordinaires : lamellaire , à éclat souvent assez vif, un peu nacré; fibreux , à éclat soyeux; saccharoïde1 ressemblant au marbre, dont il se distingue pir sa faible dureté, puisqu’il se raie avec l’ongle.

DESCRIPTION DES ROCHES

Les variétés lamellaires, et surtout la compacte, sont souvent d’un blanc pur, toujours mat, il est vrai, et possèdent souvent ûne translucidité douce, qui les fait rechercher comme albâtres [alabastrites ou albâtres gypseux) . Elles ont l’inconvénient d’être trop tendres, ce qui force à les couvrir d’un verre, une fois travaillées. Le gypse fibreux a l’éclat de la soie.

Minéraux accidentels mêlés au gypse : sel gemme , anhgdrite mica , boracitey quartz, pyrite , etc.

L’eau dissout deux centièmes de gypse à la température ordinaire; c’est à 35° que le coefficient de solubilité atteint son maximum.

Gisements. — Il se rencontre dans les formations sédimentaires de tous les âges; dès l’époque silurienne, aux Etats-Unis; dans le permien du Mansfeld ; dans les grès bigarrés de la Thuringe, dans le muschelkalak du Wurtemberg; dans les marnes irisées du Jura, de la Lorraine, de la Provence, de la Toscane, où les marnes, les dolomies, les grès se replient en voûte au-dessus des gros tubercules de gypse divisés en assises et se laissent pénétrer par leurs innombrables ramifications; dans le trias de l’Isèie, dans le wealdien du Doubs; dans le nummulitique de la Catalogne; dans l’éocène supérieur des environs de Paris, où l’on rencontre, à Montmartre et aux buttes Chaumont, quatre lentilles de gypse, dont la plus élevée, qui est aussi la plus étendue, dépasse Montmélian; dans le pliocène de Wieliczka, dans les lagoni de Monte-Cerboli et Castel-Nuovo, Toscane, etc.

Le gypse parait résulter de l’action d’émanations sulfureuses sur des calcaires et la transformation en a été accompagnée d’une augmentation du volume de la masse primitive, qui a boursoufflé souvent le terrain encaissant.

Emplois. — L’albâtre sert à la fabrication de socles de pendules, de figurines. Les Étrusques en ont fait une foule de leurs tombes. Le plâtre des environs de Paris doit sa réputation à un peu de calcaire mélangé à sa masse ; chauffé à une température qui

ROCIIES CHLORURÉES

ne doit pas dépasser théoriquement 260°, mais que dans la pratique on n’élève guère qu’à 200°, le gypse perd son eau, devient friable et, pulvérisé, constitue le 'plâtre , qui peut, comme on sait, reprendre son eau, quand il n’a pas été trop cuit, et reformer en s’hydratant une masse cristalline, solide, d’un volume plus grand que le plâtre employé. Cette dilatation rend le plâtre fin favorable au moulage et le fait servir en poudre plus grossière à relier ensemble les divers matériaux d’une construction.

Le plâtre est employé aussi dans l’amendement des terres où l’on cultive la luzerne, le trèfle, les pois, le colza, le chanvre, le lin, etc.

On en fait du stuc en le gâchant avec de l'eau et de la gélatine, ou quelquefois une dissolution de gomme.

Le plâtre ne résiste pas à l’humidité. Quelquefois on l’imprègne de silicate de potasse, qui le transforme en silicate de chaux.

Alunite. — Roche compacte, uniforme ou porphyroïde, souvent arénacée, ou bréchoïde, de couleurs assez claires tirant sur le gris, le jaune, ou le rose, formée d’alunita.

Le plus souvent elle est en concrétions fibreuses ou granulaires à faciès terreux, à toucher un peu âpre.

Elle résulte de l’altération des roches trachytiques (au mont Dore, à la Tolfa, près Civita-Vecchia, Italie, etc.), par des émanations d’acide sulfureux.

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