CHAPITRE XIV
MINERAIS DE CUIVRE
Cuivre natif (Cu). — Cubique. Formes : a1,/?, b1, b' , az, isolées ou combinées. Macles avec hémitropie suivant a1.
Dureté :2,5 à 3. Densité 18,7 à 8,9. Très malléable, très tenace. Opaque, rouge, à éclat métallique. Vert par transparence en lames très minces.
Fusible au chalumeau. Donne les réactions du cuivre. Souvent presque pur.
Berzéline (Cu2Se) (61,6 Cu). — Dans le matras, donne Se, SeO2 et Cu; sur le charbon fond en globule gris en dégageant une odeur forte. Très rare, en enduits minces, blancs ou noirs, dans les fentes d’un calcaire cristallisé, à Skrikerum, en Smoland (Suède), et à Lehrbach, au Hartz.
Crookésits. — D’après Nordenskjold, on trouve, à Skrikerum, une substance compacte de densité 6,9, fusible au chalumeau, colorant la flamme en vert intense et contenant Cu (45,76), Ag (3,71), thallium (17,25), sélénium (33,27).
Covelline (CuS). — Dureté : i,5 à 2; densité: 4,6; isomorphe du cinabre, pat = i3i°5. Rhomboèdres se clivant suivant leurs faces ; couleur d’un bleu indigo.
Nous ne ferons que mentionner :
Domeykite (Cu’As). — Densité : 7 à 7,5. Dureté : 3,5. Compacte: d’un blanc d’étain.
Algodonite (Cu6As). — Densité : 6,9 ; compacte; gris d’acier, blanc d’argent.
Wliitneyite (Cu°As). — Densité : 8,5. Compacte; blanc grisâtre ; à éclat métallique.
Horsfordite (Cur,Sb). — Densité : 8,8. Compacte; d’un blanc d’argent.
MINERAIS DE CUIVRE
Toutes ces substances se réduisent sur le charbon à l’état de globules de cuivre et donnent les caractères de l’arsenic ou de l’antimoine.
Chalkosine (Cu2S) (79,8 0/0 de cuivre). — Orthorhombique. mgl — 120012'; mm — ii9°35'; pâ3/2 = i47°io'; pe3/2 z=r
i4706/. Les faces m et g 1 forment un prisme hexagonal dont les angles mm et mgl diffèrent d’environ 1/2 degré; pb 3/2 etpe3/2 ne diffèrent que de quelques minutes; aussi ces faces se produisent- # elles ensemble, et les cristaux ont-ils le faciès de pyramides hexagonales, combinées ordinairement à un prisme hexagonal d’apparence régulière.
Les cristaux sont souvent aplatis parallèlement à leur base p. Souvent ils se groupent, soit 2 par 2 en s’entre-croisant, soit 3 par 3 autour d’un axe, leurs plans de jonction étant les faces m accolées des individus immédiatement voisins.
La chalkosine peut remplacer par épigénie des cristaux de chalkopyrite, par moulage de la galène; quelquefois elle a remplacé des graminées, et elle a gardé la forme de leurs épis ou imprégné leurs tiges. Souvent une partie du cuivre y est, au contraire, remplacé par du fer.
Clivages m imparfaits; cassure inégale. Densité : 5,5 à 5,8; dureté : 2,5 à 3 ; très molle.
D’un gris de fer, bleuâtre ou d’un gris de plomb noirâtre, avec un éclat plus ou moins vif; poussière brillante, noire. Au chalumeau, très fusible; caractères du cuivre; soluble dans l’acide azotique.
Phillipsite ( cuivre, panaché , bornite , érubescite , buntkupfererz ) (3Cu2S + Fe2S3) (55,5 0/0 de cuivre). — Cristallise dans le système cubique. Formes a1, a2, à faces courbes et confusément groupées.
Variétés : masses compactes, plaques, masses tuberculeuses, ou remplaçant la chalkosine.
Densité : 4,9 à 5,i; dureté : 3; assez molle.
D’un rouge de cuivre mêlé de brun sombre ou de bleu, irisée sou-
LES MINÉRAUX
vent dans toute la masse; poussière noire; souvent elle est mélangée de chalkosine.
Fusible en globule gris d’acier au chalumeau, y devient magnétique après une longue insufflation; mouillée d’acide chlorhydrique, elle colore en bleu le bord d'une flamme à alcool; elle dépose du soufre dans l’acide chlorhydrique.
Chalkopyrite (CuFeS2 ou Cu2S -j- Fe2S3) (34,52 o/o de cuivre). — Système quadratique avec antihémiédrie. Formes: tétraèdres voisins des tétraèdres réguliers 1/2 b1/2 souvent groupés par 2 suivant
tème cubique. Ils montrent également des hémioctaèdres a l/2 maclés suivant a1, et quelquefois les arêtes d’un octaèdre placé au centre du groupe disparaissent en haut comme en bas sous d’autres cristaux, qui s’appliquent sur ses faces suivant un plan parallèle à a1. Densité : 4, 1 à 4,3. Dureté : 3,5.
Couleurs : jaune de laiton verdâtre, parfois irisé ; poussière noire.
Variétés : masses compactes ou à cristallisations confuses, d’un jaune de laiton verdâtre, à éclat métallique, mamelonnées, réniformes, irrégulières, remplaçant quelquefois la chalkosine ou enveloppant le cuivre gris. Au chalumeau, elle décrépite et prend une couleur foncée; elle fond facilement et donne un globule magnétique. Comme la précédente, mouillée d’acide chlorhydrique, elle colore la flamme en bleu. Elle est soluble dans l’acide azotique, et une lame de fer plongée dans la dissolution s’y recouvre de cuivre.
Tétraédrite {cuivre gris, fahlerz , panabase , etc.). — Sulfoantimoniures ou sulfoarséniures de cuivre, d’argent, de mercure, de er ou de zinc (fig. 201 et 202).
Fig. 200.
une de leurs faces avec hémitropie. b[/ 2 h\l2 ~ io8°4o' à la base et 7i°2o'sur p (fig. 200). Souvent on voit deux tétraèdres inverses combinés, produisant ensemble un octaèdre quadratique ou la combinaison d’un tétraèdre et d’un hémidioctaèdre donnant ensemble une forme à 12 faces qui rappelle les hémioctolrièdres du sys-
MINERAIS DE CUIVRE
On peut distinguer dans ce groupe avec Rammelsberg : i° Les sulfoantimoniures, mélanges isomorphes de 4Ag!S -f- Sb2S5, 4Cu2S -f* Sb2S3, 4FeS -J- Sb2S3, contenant en moyenne
4o o/o de cuivre et de î à 17 0/0, ou même quelquefois davantage, d’argent, appelés en Allemagne weissgiltigerz , foncés, lorsque la teneur en argent devient considérable.
20 Les sulfoantimoniures mêlés de sulfoarséniures, contenant fort peu d’argent, mais souvent du mercure (17,27 0/0 dans la tétraédrite de Kotterbach, près Iglô, Hongrie, d’après Rath).
3° Les sulfoarséniures ne contenant ni argent, ni mercure, et rarement du zinc; ce sont les variétés les plus claires, auxquelles se rattachent les tennantites. Le cuivre, de 33 à 45 0/0, le fer se rencontrent dans tous les groupes.
Dans quelques tétraédrites, on a signalé un peu de cobalt, un peu de bismuth, très rarement du plomb.
Formes cubiques avec antihémiédrie 1/2 a1, 1/2 a2, 1/2 a2/3, 1/2 (M1/2 ô1/3) b1.
Les cristaux offrent aussi des groupements de deux tétraèdres qui s’entre-croisent.
Cassure inégale ou finement grenue; traces de clivage a1.
Densité : 4,36 à 5,36; densité : 3 à 4-
Gris d’acier, noir de fer; poussière noire, tournant au rouge foncé dans certaines variétés. Dans le matras, les cuivres gris antimonifères donnent un sublimé d’un rouge foncéde sulfure d’antimoine, mêlé d’oxyde; sur le charbon, ils fondent facilement en globules
LES MINERAUX
gris. Solubles dans l’acide azotique, ils y laissent déposer de l’oxyde d’antimoine et du soufre. La dissolution chaude de potasse caustique donne du sulfure d’antimoine, que la potasse retient, mais que les acides précipitent en jaune orangé; les cuivres gris arsénifères donnent des réactions analogues, si ce n’est qu’au lieu d’oxyde ou de sulfure d’antimoine on a un sublimé d’acide arsénieux et de sulfure d’arsenic d’un jaune citron dans le matras.
On réserve actuellement le nom de weissgiltigerz au sulfoantimoniure de plomb, d’argent, de zinc et de fer, ne contenant que peu ou pas de cuivre, renfermant au contraire du plomb, jusqu’à 38 o/o, tandis que ce métal manque généralementdans les cuivres gris proprement dits.
Nadelerz ( patrinite ). — Sulfure de cuivre, de bismuth et de plomb, de la formule (tPbS + Cu2S)-}- Bi2S3, contenant 36, 03 plomb, 11, o3 cuivre, 36,2 1 bismuth et 16,74 soufre, en cristaux aciculaires, capillaires, souvent infléchis ou séparés en tronçons par des cassures transversales, engagés dans le quartz. On n’a pu y mesurer qu’un seul angle de 1100 environ, à arête parallèle à l’allongement des cristaux. Clivage suivant une direction plane verticale.
Dureté : 2,5; densité : 6,76. Couleur gris de plomb clair, gris d’acier. Les cristaux sont souvent recouverts d’un enduit verdâtre. Dans le tubeouvert, donne des vapeurs blanches qui se condensent en partie en gouttes limpides. Facilement fusible; donne avec l’acide azotique du sulfate de plomb et du soufre. Localités : Béésowsk (Oural), où ce minerai accompagne de l’or natif.
Bournonite (schwazspiessglanzerz , spiessglanzbleierz , mdelerz , endettions , bleifahlerz). — Sulfoantimoniure de cuivre et de plomb, contenant 42>55 plomb, 13,02 cuivre, 24,65 antimoine, 19,78 soufre, dont la formule peut s’écrire :
2PbS + Cu2S + Sb2S3 (PbCuSbS3)
cristallisé en prismes droits à base rhombe qui se groupent ordinairement suivant les faces prises pour pans m du prisme, soit 2
MINERAIS DE CUIVRE
à 2 (fîg. 2o3), soit en verticilles qu’on a comparés à une roue de tée, lorsqu’ils sont formés d’un grand nombre d’individus, mais qui se trouvent réduits parfois à 6 ou à 4 demi-individus.
mm ~ q304o' ; pa! zz 136017'; pe' zz i38°6'
On observe souvent combinées de diverses manières, outre les faces précédentes, les faces è1/2, b l/i, ci 2, g1, li1, gr\ A3, etc.
Les cristaux ordinairement tabulaires, allongés horizontalement suivant l’une ou l’autre des diagonales de leurs bases, se groupent suivant leurs pans.
Clivages peu distincts suivant faces g 1 et h1 .
Ellipsoïde isotherme.
Dureté : 3; densité : 5,8» Couleurs :
gris d’acier à gris de plomb, plus ou moins foncé, souvent très clair; éclat vif; fragile.
Dans le tube fermé, donne un sublimé rouge. Fusible au chalumeau. Soluble dans l’acide azotique avec dépôt de soufre et d’oxyde d’antimoine.
On peut mentionner encore comme sulfures :
Cubane (Cu'S -f- Fe2S3). — Densité : 4 à 4,18 ; dureté : 4; jaune de laiton.
Cuproplombite (Cu’S -f- 2 PbS). — Densité : 6,4; dureté : 2,5; d’un gris de plomb noirâtre tendant au rouge violacé.
Énargàte [4 (Fe, Cu) S -j- Cu2S -f- As2S3]. — Orthorhombique avec clivages m; mm 97°53'. Densité : 4,36; dureté : 3; d’un noir de fer; poussière d’un noir grisâtre.
Famatinite (4CuS -f- Cu2S-f- Sb2S°). — Ayant les caractères de l’énargite; couleur entre le gris de plomb et le rouge de cuivre.
Zigueline ( cuprite ) (Cu20) (cuivre, 88,79). — Cubique. Faces fréquentes : p, a1, b1, puis a1/*, ay/*, a% b\ hWimi*. Clivages interrompus a1.
Translucide sur les bords; rouge cochenille dans les cristaux
L ES MINÉRAUX
très minces ( chalkotrichite ), extérieurement noirâtre; poussière rouge brique.
Dureté : 3,5; densité : 5,84 à 6,i5.
Elle colore la flamme en vert; mouillée d’acide chlorhydrique, elle la colore en bleu. Réductible sur le charbon; soluble avec effervescence dans l’acide azotique, sans effervescence dans l’acide chlorhydrique. Cristaux agglomérés’; masses ténues, compactes ou granulaires; fibres capillaires.
Mélaconise (CuO) (Cu, 79,85). — En aiguilles d’un gris d'acier noir, brun jaunâtre par transparence, à éclat métallique, dans la lave du Vésuve. En masses noirâtres, terreuses ou compactes, remplaçant quelquefois des cristaux cubiques, paraissant résulter de l’altération de sulfures de cuivre. A. Boléo (Californie), le minerai est mêlé au cuivre oxydulé, à du sesquioxyde de manganèse, de l’alumine, du sesquioxyde de fer, etc.
Fusible en scorie noire, facilement réductible et soluble dans facide azotique.
Atacamite [CuCl2 + 3Cu0H20 ou Cu*(H0)5Gl]. — Orthorhombique. mm ~ 112020'; elel zz io5°4o'.
Clivage parfait g1, imparfait h 1 ; faces ordinairement imparfaites; cristaux petits, chargés de facettes, bacillaires; variétés grenues, arénacées. Colore en bleu la flamme.
Chessyl te ( azurite , cuivre carbonate bleu) (2CUOCO2 -f- Cu0H20). — Clinorhombique. mm — 99033'; phl zz 92021';
pe1/2 — 119039'; pd V4 zn i ii°46' (fig. 2o4).
Cristaux allongés souvent suivant l’axe de la zone p h1, aplatis suivant p , groupés irrégulièrement en sorte de boules. Macles régulières rares avec hémitropie autour d’un axe normal à a1/2. Clivages assez nets suivant ell 2, moins faciles suivant h1. Plus ou moins transparente. Plan des axes optiques parallèle, et bissectrice aiguë positive normale à la diagonale horizontale, faisant — i5° avec p; p > v.
Éclat vitreux adamantin. D’un bleu d’azur, d’un bleu d’indigo;
ms
ms
ig. 204.
MINERAIS DE CUIVRE
poussière d’un bleu pâle. Dureté : 3,5 à 4; densité : 3,77 à 3,83. Soluble avec effervescence dans les acides.
Malachite ( cuivre carbonate vert ) (CuOCO2 -f- Cu0H20). — Clinorhombique. mm ^2 io4°26'; cristaux très petits, presquetoujours maclés suivant h1 avec hémitropie autour d’un axe normal à ce plan. Clivage parfait à éclat nacré suivant p, imparfait g1.
Plan des axes g1. Bissectrice aiguë négative presque normale à la base ; dispersion inclinée.
D’un vert émeraude, tendant au vert d’huile; poussière vert-degris. Dureté : 3,5; densité : 4,o3.
Fusible en colorant la flamme en vert ; facilement réductible. Soluble dans les acides avec effervescence et dans l’ammoniaque.
Parmi les sulfates de cuivre naturels, on ne peut que citer :
Cyanose (GuO, SO" H20), qui cristallise dans le système triclinique, mais que sa solubilité dans l’eau ne permet de rencontrer qu’en agrégats stalactitiques, mamelonnés, en enduits de couleur bleue.
Brochantite (2CUOSO5 + 5Cu0H20). — Petits cristaux tabulaires, quelquefois aciculaiies, d’un vert émeraude ou noirâtre, à poussière vert pâle, qui perdent de l’eau et de l’acide sulfurique à une température élevée et qui, avec le carbonate de soude, donnent la réaction des sulfures. Fusible au chalumeau, réductible.
Dioptase (Cu0Si02H20) . — Silicate hydraté de cuivre, cristallisé en prismes hexagonaux terminés par un rhomboèdre de g5°55, pris comme primitif, et modifiés par un hémiscalénoèdre 1/2 d5.
Clivages parfaits suivant les faces b1 b1 b1 = 126024.
Couleur vert émeraude. Poussière verte. Transparence plus ou moins complète. Double réfraction énergique, positive. Éclat vitreux.
Dureté : 5; densité : 3,27 à 3,35.
Au chalumeau, noircit au feu oxydant, rougit au feu réducteur sans fondre; donne de l’eau dans le matras. Se dissout dans les acides en faisant gelée ; dans l’ammoniaque, en laissant un résidu de silice.
LES MINÉRAUX
Chrysocolle. — On admet, comme représentant la composition de ce silicate hydraté de cuivre, la formule GuOSiO + 2H20, qui correspond à 34,23 silice, 45,23 oxyde de cuivré, et 20,54 eau. Cette matière d’un bleu de turquoise, tournant parfois au vert pistache, à cassure conchoïdale ou fibreuse, se présente en enduits, en concrétions quelquefois à structure radiée, peu éclatantes, plus ou moins translucides. Elle abandonne sa base à l’acide chlorhydrique en déposant de la silice gélatineuse et de l’ammoniaque après une longue digestion. Au chalumeau, elle colore la flamme en bleu, puis en vert, et devient rouge brique au feu réducteur.
Dureté : 2, 5. Densité : 2 à 3.
Au microscope, on y observe une structure sphérolithique; les fibres s’irisent, divergeant du centre vers la surface de couches emboitées les unes dans les autres. Les fibrilles élémentaires vues isolément avec la lentille à immersion s’éteignent parallèlement à leur longueur et sont négatives.
Accompagne les minerais de cuivre à Saïda et Schnelberg (Saxe), à Lauterberg (Hartz), Kupferberg (Bavière), Rezbanya, dans la Cornouaille, au Chili ; à Lipari, dans la lave. Elle est abondante dans la mine de Boléo (Californie), où elle est associée à du quartz et à de l’opale.
Cuivre. Ses gisements. — Europe centrale. — Les minerais de cuivre, sulfures et carbonate vert, forment des filons dans les gneiss, gris ou rouges, les schistes micacés et amphiboliques, parfois des couches, ayant pour gangues divers silicates, grenat, quartz, de la lluorine, du calcaire, à Freiberg, Berggieshübel, Seifïen, Katharinenberg, Schneeberg, dans l’Erzgebirge; des imprégnations en couches à Kupferberg et Plauen -Hof, dans le Fichtelgebirge ; des filons ayant pour gangues du calcaire et de la hornblende à Naustadt, Weitisberga ; des couches et des filons à gangues de calcaire, quartz et baryline, à Saalfeld (Ilmenau), dans le zechstein de la foret de Thuringe ; des filons ou amas avec la barytine pour gangue dans les schistes du culm et du dévonien, à Lauterberg et Goslar, dans le Hartz; des couches avec galène et
MINERAIS DE CUIVRE
minerais de bismuth, nickel, dans les schistes marno-bitumineux du zechstein de Mansfeld-Sangerhausen, au bord du Hartz; des filons dans les gneiss ou les granités, avec quartz et barytine, à Léopold et Salzbourg (Forêt Noire); des imprégnations dans le rothliegende de Brod Bohmisch et Starhenbach, dans le carboni fère de Trautenau (Bohême); des couches de contact dans la mine Bibnitz ; des réseaux dans le calcaire grenu subordonné aux micaschistes avec malacolithe de Rochhtz, en Bohême; des filons avec gangue de quartz et actinote et minerais de fer associés à ceux d’argent, dans les schistes cristallins et argileux de Kupferberg (Silésie); des couches dans les schistes cristallins de Poschorita (Carpathes du Nord). La chalkopyrite aurifère constitue avec le quartz les filons des grès carpathiques tertiaires d’Olalaposbanya (Siebenbürg) ; avec le cuivre natif et l’oxyde de cuivre et des minerais de fer, de zinc, de plomb, d’antimoine et de l’or natif, accompagnés de grenat, de quartz, de calcaire et d’amphibole, elle forme des amas de contact ou des filons dans la syénite et le micaschiste d’Oravitza, Moldova, Dognacska, Banat. Des filons et des réseaux de minerais de cuivre et de fer traversent le gneiss à Maidanpeck (Serbie); des filons couches de minerais de cuivre à gangues de quartz, gypse et sidérose, se répandent dans la grauwacke schisteuse et les micaschistes d’Herrengrund ; ils sont accompagnés de stibine et de quartz dans les micaschistes d’Altgebirge, dans les schistes de Libethen où il s’y associe un fahlerz argentifère; à Jaraba, près Bries, les filons de sulfures de cuivre courent dans le gneiss; ils renferment un fahlerz mercurifère à Gotterbach; ils ont pour gangues du quartz et du talc dans le grès carpathique de Yicartôez, près Leutschau ; ils escortent les minerais d’argent, d’or, de bismuth, de fer, et prennent pour gangues du calcaire, du quartz, du grenat, de l’amphibole, dans les couches ou amas où ils s’étalent au contact du porphyre et des calcaires subordonnés aux micaschistes de Rezbanya ; ils se subdivisent en stoekwercks, se concentrent en amas dans les schistes chloriteux, argileux, et les grauwackes schisteuses de Kardeis et Breunlhal
LES MINÉRAUX
(Salzbourg), à Werfen (Salzbourg), à Ahrn, à Kitzbühel (Tyrol).
Italie. — On retrouve la chalkopyrite et autres minerais de cuivre dans les stockwercks qui déchirent les serpentines, les euphotides et les gabbros répandus au travers des macignos des Alpes Apuennes, de Monte-Molina, près Frassinova, de Monte-Nero, près Rochesta, de Monte-Gatini (Toscane), de Monte-Vaso et Monte- Castelli. Les minerais cuprifères ont pour cortège la liévrite, la pyrite, la galène, la blende, l’amphibole et le quartz, dans les liions qui percent le calcaire grenu de Monte-Calvi et de Campiglièze (Italie supérieure).
Vosges et France. — Ils accompagnent le quartz, la barytine, la lluorine et quelquefois des minerais d’antimoine, dans les filons des grauwackes, à Urbeis, Saint-Nicolas; des minerais d’argent et d’arsenic dans les filons du gneiss de Sainte-Marie-aux-Mines (Vosges) ; de la bournonite, de la galène, de la blende, du quartz, du jaspe, du calcaire, de la sidérose, dans les filons des micaschistes et des serpentines de Villefranche-Najac, des schistes talqueux et argileux ou des gneiss de Corbières ; des minerais de manganèse dans les granités et schistes cristallisés ou le grünstein, et surtout au contact de ces roches, dans les grès bigarrés de Ghessy, près Lyon ; de la stibine, du quartz et des minerais de fer, dans les filons qui sillonnent la grauwacke et les schistes métamorphiques de Baigorry, en Navarre.
Espagne. — A Rio-Tinto, province de Huelva, les filons renferment de nombreux minerais de cuivre, sulfures, carbonates, phosphates, arséniates, associés à la blende, la cassitérite, au quartz, à la lluorine.
. Angleterre. — Les minerais du métal qui nous occupe constituent les liions du granité, des schistes argileux, du porphyre de Truro, de Saint-Austle, de Tavistock (Cornouailles); les filons ou les imprégnations du cambrien et du silurien du Merionetshire, de Wicklow.
Suède , Norvège , Irlande. — Associés à ceux de fer, de cobalt, de bismuth et de plomb, les minerais 4e cuivre ayant pour gan-
MINERAIS DE CUIVRE
gués le grenat, le calcaire, la fluorine, l’apatite, l’épidote, la datolithe, l’axinite, l’helvine, forment des amas de contact dans les granités syénites et grauwackes de Christiania ; ils s’associent aux minerais de plomb, au quartz, à la chlorite, au mica, au talc, au grenat, aux amphiboles, à l’amiante, dans les couches qui imprègnent les schistes chloriteux et talqueux de Roraas (Norvège), dans les diorites qui traversent ces schistes à Kaafjord, dans les calcaires de Raipas. Les sulfures de cuivre constituent des amas, des couches avec quartz, feldspaths de toutes espèces, grenats et autres silicates, graphite, dans les schistes cristallisés de Falun, Garpenberg, Tunaberg (Suède) ; dans les schistes à Hornblende et les granités d’Orijarfvi, de Pittkaranda (Finlande).
Oural. — Dans l’Oural, c’est au contact de calcaires du silurien supérieur et de diorites percés eux-mêmes par des porphyrites qu’on rencontre les veines de minerais de cuivre entre les calcaires, d’une part, et les diorites accompagnées de grenat, d’autre part. Les minerais consistent en sulfures, hydrocarbonates bleu et vert, hydrosilicates, oxyde de cuivre ocreux et cuivre natif, mélangés d’argent natif, de blende, de sulfures de bismuth, de magnétite, au milieu de quartz, de calcaire, d’argile, le tout imprégnant les calcaires, diorites, grenat. Telle est la constitution des gisements de Tourinsk, aux mines de Frolow, de Rogoslowsk.
Dans le district de Nijné-faguilsk, le seul gisement en exploitation est celui de Miednoroudiansk. Une masse de schistes métamorphiques, chloriteux , talqueux, argileux, contient le minerai au milieu des calcaires du silurien supérieur troublé par de nombreuses faibles ; la roche éruptive est une sorte de diorite encore mal étudiée. L’horizon inférieur y montre les roches peu altérées contenant des fiions de chalkopyrite ; l’horizon supérieur consiste en masses argileuses et ferrugineuses, qui contiennent les minerais oxydés et qui s’élargissent sous la forme d’un amas de 120 mètres de diamètre vers la surface, véritable chapeau de fer , où se rencontrent la cuprite, la malachite, l’azurite, le cuivre natif, la libéthénite, la brochantite avec la magnétite. En 1 836* on a extrait un
LES MINÉRAUX
bloc de malachite qui pesait près de 33o tonnes; cette malachite est livrée immédiatement au commerce pour l’ornementation. Dans le district de Slatooust, il y a des gisements analogues.
A l’ouest de l’Oural, dans les gouvernements de Perm, de Wiatka, Kazan, Oufa, Samara, Orenbourg, etc., se trouvent les gisements de minerais de cuivre liés aux grès permiens et triasiques. Le minerai se compose de carbonates, d’oxydes noir et rouge, de cuivre, avec volborthite et peu de sulfures ; il forme des veinules, des nids, des amas qui s’intercalent dans les couches horizontales des grès, des marnes, des argiles et des conglomérats.
Grès d'Amérique. — On retrouve des gisements analogues dans les grès bigarrés d’Angleterre et dans le trias de New-Jersey et du Connecticut, ainsi que dans les grès de Corocoro, en Bolivie, imprégnés de cuivre et d’argent natif.
Mansfeld. — On peut mentionner à part le gisement cuprifère des schistes bitumineux, si connus sous le nom de kupferschiefer. Au sud-est du Hartz, dans le comté de Mansfeld, sous le calcaire fétide (stinckstein) du zechstein, repose une marne bitumineuse (dachflotz) recouvrant elle-même une couche de 10 à 20 pouces d’épaisseur d’une marne bitumineuse encore et plus schisteuse, renfermant des restes de plantes et d’animaux, des poissons hétérocerques en particulier, et complètement imprégnée de chalkopyrite, mêlée de cbalkosine, de phillipsite, de cuivre gris, decuivre natif et de ses oxydes, parfois d’un peu d’argent, ou de minerais de zinc, de cobalt, de nickel, de mercure, etc. Au-dessous s’étend le rothliegende.
Filons de V Amérique du Nord. — A n lac Supérieur, le cuivre et l’argent natif, séparés l’un de l’autre, paraissent avoir été apportés dans le silurien par un porphyre qui ressemble aux porphyres permiens d’Europe.
Grèce. — Dans les mines du Laurium, on trouve un peu d’azurite, de cuivre métallique et de cuprite, colorant çà et là en vert la calamine et l’adamine.
Iles Feroé. — On y rencontre du cuivre en lames dans des sor-
MINERAIS DE MERCURE
tes d’argiles qui résultent de l’altération des roches basaltiques.
Les éruptions ou émanations du cuivre sont liées à celles des diorites, serpentines et basaltes.
En Toscane, le grès du Monte Catini consiste en une masse de sulfure qui finit en coin près de la surface du sol et qui est enclavée dans une matière serpentineuse d’éruption boueuse épanchée au milieu de Téocène supérieur, (nummulithique).
Ce qu’on sait de plus certain, c’est qu’il y a eu deux époques d’apparition du cuivre. La première embrasse probablement les terrains permien et triasique, où le cuivre paraît avoir rempli les fentes qui forment comme des auréoles plus ou moins régulières autour des porphyres et s’être infiltré même plus ou moins avant dans les roches sédimentaires contemporaines. La seconde époque, d’apparition beaucoup plus récente, éocène sans doute, se rattache à la sortie des serpentines, diorites, basaltes, etc.