CHAPITRE XVII
MINERAIS D’OR
Cr natif (Au). — Cubique; formes p, a1, a\ b\ b*, è1#1/2^1/4, etc. Macles avec plan de jonction parallèle a\
Dureté : 2,5 à 3; densité : i4,556 à 19 (parfois 20 0/0 d'argent). Quelquefois il contient du rhodium et du palladium.
Cassure, déchirée ; éclat métallique; couleur jaune d’or, tendant au rougeâtre; vert par transparence, en enduits très minces.
Très ductile, très maléable, tenace.
Fusible vers 1200°; soluble dans l’eau régale.
Se présente en lamelles microscopiques, en pépites quelquefois volumineuses, en filaments capillaires.
Élasmose (sulfotellurure de plomb et d’or) (or, de 7 à 9 0/0). — Quadratique. pbl zz io9°59'. Structure lamellaire. Clivage p.
Ellipsoïde isotherme de rotation ayant son axe vertical plus petit que les horizontaux parallèles à la base.
Densité : 7; dureté : 1 à 1 , 5. Très tendre, flexible en lames minces.
Eclat métallique; couleur gris de plomb noirâtre.
Soluble dans l’acide azotique en donnant du sulfate de plomb aurifère, d’où l’on peut retirer l’or sur le charbon au chalumeau.
Soluble dans l’eau régale en donnant du chlorure de plomb.
Sylvane ( schrifterz , tellure graphique ) (4AuTe2 -f- 3AgTe2) (26,47 °/° ori 11,47 argent, avec un peu d’antimoine, de plomb
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et de cuivre). — Clinorhombique. mm — 94°26'; ph 1 9i°25';
pd^t1 — i27°i6'.
Les cristaux très petits, à forme très compliquée, sont mous, fragiles, en aiguilles courtes et striées longitudinalement, ou lamellaires, groupés par deux parallèlement à h1 et formant des séries disposées comme les barbes d'une plume. Clivages p et g'. Dureté : i,5 à 2 ; densité : 7,99 à 8,33. Couleurs : gris d’acier clair, blanc d’étain, jaune de laiton.
Petzite (tellurure d’or).
Gisements. — L’or a généralement le quartz pour gangue; il forme des veines, des imprégnations dans certaines roches éruptives ou sédimentaires; il remplit des fentes et des cavités, qu’il a trouvées vides.
Il est disséminé dans des sables ou des graviers, qui doivent tout ou partie de leurs éléments à des roches aurifères démolies; on appelle ces gisements lavages ou placers ; il y est parfois cantonné sur des espaces très restreints, par suite d’un triage naturel. Il s’y rencontre en pépites, en paillettes souvent imperceptibles. Le Rhône, le Rhin en charrient encore de très infimes quantités. On a trouvé, au contraire, de temps à autre, des pépites assez volumineuses, de i5 à 36 kilos dans les lavages des monts Oural, de 43 kilos en Australie, de 60 kilos en Californie. On évalue l’or du Rhin aux 7 dix-millionièmes du gravier que transporte ce fleuve. Le Danube, l’Ariège, la Garonne, le Gardon, dans les Cévennes, en charrient des parcelles.
En France, il y a un filon d’or, peu important, il est vrai, à la Gardette, à 6 kilomètres au sud de Rourg-d’Oisans. Encaissé dans le gneiss, ce filon a dû se rouvrir à plusieurs reprises pendant les mouvements brusques de la contrée, comme en témoignent le polissage des fragments de quartz dus à des frottements, les apports successifs de quartz, de galène, de pyrite, de cuivre gris, puis de quartz et de galène aurifères.
A Callanda, dans les Alpes, on exploite des filons aurifères dans des schistes du lias devenus chloriteux par métamorphisme. Dans
M INERAIS D OR
le centre de la Hongrie, dominées à lest, au nord, à l’ouest, par les Carpathes, au sud par un rameau des Alpes, les plaines sont formées de couches tertiaires ou post-tertiaires. Au nord, ce sont des schistes cristallins, grauwackes, granités, qui constituent les montagnes ; au sud, se développe une grande formation de trachytes, à Felsobanya, qui encaisse des filons de quartz avec pyrite, or invisible, cuivre gris argentifère. A Nayyag, on retrouve les mêmes minerais avec argent rouge ; à Kapnik, avec diallogite, arsenic natif, fluorine; à Kremnitz, avec des minerais d'argent et d’antimoine. A Schemnitz, c’est une syénite entourée de trachytes à feldspath aluminoterreux avec ponce et tufs, dont les fentes et les cavités sont remplies de pyrite, minerais de plomb, zinc, argent et cuivre. A Vorospatak, les trachytes traversent le grès des Carpathes et on y exploite les gisements aurifères d’Oflenbanya, tellurures riches en or et en argent. L’émanation aurifère paraît miocène, peut-être même plus récente; elle date sans doute de l’époque où les Alpes ont subi leur dernier soulèvement.
A Bérésowsk, à i5 verstes au nord de Katharinenbourg, s’étendent des schistes cristallins traversés par une roche granitoïde, à feldspath aluminoterreux, appelée bérésite. On y rencontre de nombreux filons de quartz avec pyrite décomposée et or natif, limonite, tourmaline, pyrophyllite , nadelerz, galène, céruse, crocoïse, vanadinite, magnétite, bismuth, platine, provenant de serpentines, sur plus de cent lieues de longueur, parallèlement à l’Oural, dans un limon quaternaire.
En Amérique, au pied de massifs schisteux traversés par les granités porphyroïdes, entre la Sierra Nevada et les montagnes de la côte, le fond des vallées anciennes est formé d’alluvions aurifères, d’argiles de plusieurs centaines de mètres de puissance, res couvertes d’un manteau de trachytes, comme le montrent bien lecoupes de la formation de Yuba-Valley.
Un gisement analogue se retrouve dans les gîtes de Ballarat, en Australie.
Au Transvaal, autour de Johannesburg, sous des lambeaux de
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l’étage rhétien, qui contiennent de la houille et des fossiles végétaux de la lin des terrains primaires, se trouve une grande formation de conglomérats, à gros galets de quartz avec ciment d’oxydes de fer et de pyrite décomposée; autour des galets, dans le ciment, et engagées dans les galets mêmes, on observe difficilement à l’œil nu, mais on recueille par les procédés perfectionnés de l’industrie moderne de grandes quantités d’or. Dans la partie centrale, la teneur atteint 4° grammes à la tonne ; mais, non loin de là, elle ne dépasse pas environ i5 grammes. Quant aux conglomérats, peut-être dévoniens, ils affleurent sur une très longue bande et s’enfoncent rapidement en général sous une très grande inclinaison; mais celle-ci diminue avec la profondeur et les couches tendent à devenir horizontales.