SILICE
plus belles pierres de la joaillerie (opales nobles de Hongrie, contenant 10 o/o d'eau), et qui proviennent de fissures entrecroisées où la lumière se décompose en donnant lieu à ce que les physiciens appellent phénomène des réseaux. D'autres variétés du Mexique portent le nom à' opales de feu. Enfin les plus ordinaires sont mêlées de substances colorantes minérales, telles que des siliates de fer et d'autres oxydes métalliques, ou même de matières organiques (opale rose, de Méhun-sur-Yèvre, Cher).
Quelquefois les variétés les plus hyalines montrent en lumière polarisée parallèle des phénomènes de coloration qui caractérisent un certain nombre de substances à structures sphérolithiques, c'està-dire des anneaux colorés circulaires traversés par une croix noire. M. Emile Bertrand a expliqué ces phénomènes dans les calcaires qui ont cette structure, et dans lesquels le phénomène rentrerait dans les lois habituelles, en ce sens qu'il serait dû à l'obliquité des rayons qui traversent les petits sphéroïdes et qui possèdent à l'émergence une différence de phase qu'ils n'auraient pu acquérir dans des lames très minces auxquelles ils seraient restés perpendiculaires ; mais ici les sphérolithes ne paraissent pas appartenir au quartz qui est optiquement uniaxe; ils appartiennent à l'opale, dont le système cristallin est sans doute biaxe. En tout cas, ce phénomène est très net.
Tridymite. — Une variété anhydre, qui doit être rattachée au quartz, est bien définie par sa densité, sa forme et ses caractères optiques. C'est la tridymite de W. von Rath. Ce savant a observé en druses, dans la trachyte de San-Cristobal, près Pachuca, à Mexico, une silice dont la forme différait de celle du quartz, et qu'il a nommée tridymite. Cette matière a été retrouvée plus tard dans le trachyte du Mont-Dore (Auvergne) et du Capucin, au Puy. G. Rose en a constaté l'existence dans plusieurs opales. Les cristaux sont des tables hexagonales, incolores, limpides, groupées tantôt par trois, tantôt par deux, souvent accolées en grand nombre, imbriquées en séries quelquefois étagées les unes sur les autres, en amas avec des contours plus ou moins nets : M.c von Lasaulx
Fig. 212.
pense que ce sont des prismes biobliques, d'environ 120°, groupés en hexagones réguliers, à la manière des prismes droits d'aragonite ou de wéthérite. Les lames de tridymite sont si minces que les deux rayons issus par double réfraction d'un même incident n'ont pas une différence de phase appréciable. La différence des indice3=o,ooo53.
En admettant avec vom Rath pour forme primitive un prisme géométriquement hexagonal et pour facette g1 une face parallèle aux arêtes et inclinée sur la base de ii7°39', on observe les
angles: pb* z=z i47°3a'; pô4/1 zz i44°56'; p b* = 162021'; mh 4/§ — t6ç>°7f (fig. 212). Ordinairement, les cristaux se groupent d'après Tune des deuK lois suivantes : i° parallèlement à la face 6° (les deux faces appelées p font entre elles un angle de 35° 18') ; 20 parallèlement à la face b */3 9 les deux faces p étant inclinées l'une sur l'autre de 69°52/.
Enfin, et particulièrement dans les cristaux du Cerro San Cristobal, deux cristaux extérieurs se maclent suivant b9 avec un cristal central, l'angle des bases des cristaux extérieurs étant de 7o°36' (Cv^. 2i3). Les cristaux sont à deux ^
axes optiques, dont le plan est parallèle à A1 et la bissectrice aiguë verticale positive. A i3o°, la tridymite devient uniaxe et positive comme le quartz (mérian).
La tridymite a une densité de 2,27 et un indice de réfraction moyen de 1,432. Elle paraît résulter d'altérations comme la silice que nous avions signalée à Bry-sur-Marne. Elle est souvent abondamment répandue dans les roches trachytiques.
Gustave Rose regarde comme de la tridymite la silice qui tournoie dans les perles de borax obtenues dans les essais des silicates
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Fig. il 3.
au chalumeau. La tridymite a été reproduite en cristaux par
silicb 343
MM. Hautefeuille, Ch. Friedel et Sarrasin, par MM. Fouqué et Michel Lévy, par M. Léon Bourgeois.
Depuis quelques années on a donné différents noms à des variétés d'opale, qui différent les unes des autres par le signe optique de rallongement de leurs fibres.
Lussatite. — La lussatite de Mallard est une variété fibrolamellaire qui enveloppe les cristaux de quartz, dans le bitume de Lussat, près de Pont-du-Château (Puy-de-Dôme). On la trouve aussi dans les Gornouailles, dans l'opale des îles Feroë. Sa densité est 2,04, celle de l'opale; son indice de réfraction est aussi celui de l'opale, i,446 ; elle contient 7 à 8 0/0 d'eau; les fibres de lussatite se distinguent par leur signe optique, qui est positif, des fibres de calcédoine allongées négativement. (V. Mallard, Bull. Soc. fr. de min., t. XTII, p. (>3).
Quartzine. — La quartzine de M. Michel-Lévy est une variété à ûbres positives, montrant deux axes dont l'angle est 35° ; elles sont allongées suivant l'axe de plus faible réfraction. La biréfringence y est supérieure à 6,007. Elle est associée à la calcédoine de Longpontet de Propiary (Haute-Garonne).
Lutécine. — La lutécine de MM. Michel Lévv et Mu nier- Chalmas a des fibres allongées à 290 de la direction de plus petite élasticité (ng). On y observe des pyramides dissymétriques à structure très complète autour d'un axe d'apparence hexagonale.
L'arrangement le plus régulier des fibres de calcédoine, dit M. Michel Lévy {Bull. soc. fr. de min., t. XV, 1892, p. 190), donne des sphérolithes à zones concentriques, dont chaque fibre présente une modification d'orientation en forme d'enroulement hélicoïdal à pas constant autour de la direction du plus petit indice de réfraction, np. L'arrangement le plus régulier de la quartzine donne du quartz par agrégation ternaire autour de la direction ng. L'arrangement le plus régulier de la lutécine donne la lutécite par ses agrégats sénaires disposés autour d'un axe situé à 4&° de nff et à 740 de rallongement des fibres dans le plan des indices moyens et minimum.
Christobalite. — La christobalite de vom Rath est une variété voisine de la tridymite, mais qui se présente en octoèdres réguliers, pseudo-cubiques, formés schématiquement, d'après Mallard, de pyramides quadratiques ayant pour bases les faces du cube. La densité en est 2,34. Cette forme rappellerait les formes également quadratiques de l'acide titanique.