CHAPITRE XXXIX
J- SULFATES ANHYDRES ORTH0RH0MBIQ UES.
Ils sont isomorphes.
Angles de mm
de pcl
de pa*
dans
BaSO*
Biirylioe
io:;°;ï8
14(KJ5
SrSO1
Ci»le*tiiie
lo:i°i:t
127<>iS
PbSO*
Angléaite
<Hi°.Mi
i.'J2°:iO
CaSO*
Anhvdrite
Barytine (Spath pesant).
Formes pm9 ela* octaèdres rectan-
gulaires. p(yia*t variété dite (rapt' zifnne (lijx. 27.I , dont les faces latérales ont la forme de trapèzes, pma*?*'* //, b*:*, !r> 1. u\ etc. Clivages p très
ft -
faciles, puis ///, plus difliciles </, hx.
Variétés de forme. — Laminaire, lamellaire, grenue, compacte, concrétionnée, radiée, globuleuse. Certaines variétés sont formées de tables rhomboïdales, minces, groupées en éventails- (barytine crétée) ; d'autres se replient comme des intestins (pierres de fripes) ; il en est de colorées en jaune brunâtre par des matières bitumineuses, parfois cylindrique à fibres disposées autour de Taxe en formant des couches concentriques et dont les sections ressemblent à celle du bois.
Couleurs : incolore, blanche, jaunâtre, rosée, brunâtre, parfois bleue. Éclat vitreux, un peu résineux sur les laces w, un peu nacré sur les face* p. Densité: U {#*> dureté : 3 à 3,5. Plan des axes #'. Bissectrice aiguë normale à /«'p>». Indice de réfraction moyen î ,.">76. Double réfraction énergique. Propriétés thermiques. Le grand axe de l'ellipsoïde est normal à /«', le moyen à g\ le petit à p a : b : c rz i,»Cï { : î ,i>-?l>i : i .
l^e quartz, la pyrite, la dolomie remplacent quelquefois la baryttne disparue. La barytine décrépite au chalumeau, fond difficilement, colore la flamme en vert jaunâtre, surtout si on la mouille avec un acide. «Sur le charbon, elle donne avec le carbonate de soude les caractères des sulfates. Elle est insoluble dans l'eau et dans l'acide sulfurique.
C'est une substance de filons qui sert de gangue aux minerais de la Norvège, du Hartz, de la Saxe, delà Bohème, delà Hongrie, de l'Angleterre. On en rencontre d'assez beaux cristaux dans des veines au milieu des granités, à Wittichen, en Souabe, à la Courtade, à Enval, Puy-de-Dome; dans les arko<es voisine* des graniteâ, par exemple, à Royat, près Glermont-Ferrand,aux environs d'Àutun, d'Àlencon, à Ches*y, etc.
Un curieux gi«»ment est celui de cristaux de formation moderne, déposés par des eaux minérales des environs de la Malou, qui traversant les liions de l'Uselade, Hérault.
Célestine — Form î or linûre des cristaux de Sicile pmela%% allongés piralUMe.ii.Mil â l'axe de h zone/)?'. Dms les cristaux de Il craie de M »u I mi et de Hri^ival, près Paris, dominent les faces
e1 et i (b*ll A1/4 g1!2) variété apotome d'Haùy. Clivages p nets; puis m et g*. Mêmes caractères optiques que pour la bar y ti ne. Indice de réfraction moyen 1,625 pour la raie D. Couleurs incolore; bleu céleste pâle, rougeâtre. Éclat vitreux ; caractères thermiques a : b : c= 1,037 : *>°83 : 1. Ici 6 normal à g1 est plus grand que a normal à A1, c vertical reste le plus petit axe. Dureté : 3 à 3,5; densité : 3,96.
Variétés : bacillaire, lamellaire, fibreuse, globulaires, grenues. Au chalumeau, elle fond en globule d'un blanc de lait et colore la flamme en rouge carmin, surtout si on la mouille avec de V acide chlorhydrique.
Elle est associée au calcaire ou à des grès dans le gypse, les marnes, le sel gemme et dans l'argile; en Sicile elle accompagne le soufre natif; on la trouve en France, dans les marnes k imméridiennes de Ville-sur-Saulx; en rognons ovales dans les argiles néoromiennes de Vassy, Haute-Marne, dans les fentes de silex de la craie de Meudon, près Paris, en plaques fibreuses à Iéna, en Egypte dans la numulitique, etc. On a attribué la coloration bleue à du phosphate de fer ou peut-être mieux à un sulfure provenant de la réduction du sulfate.
Anglésite. — Voyez aux minerais de plomb.
Anhydrite (Karsténite). — Généralement en masses divisées ou facilement divisibles suivant trois plans de clivage rectangulaires entre eux p et g] faciles, A1 plus difficile sur p, quelquefois des stries qui font ensemble un angle de 96°36', qui sont les traces des pans m d'un prisme qu'on choisit comme pans de la forme primitive. Sur quelques échantillons on voit des faces appelées e1 ; sur ceux de Bex, Suisse, des faces à3/-, b\ A1*'2. Dureté : 3 à 3,5; densité : 2,9 à 2,98.
Plan des axes portiques parallèle à p. Bissectrice aiguë positive, normale à A1.
L'ellipsoïde isotherme a pour constantes a :b : 0=0,89 : 0,964 m- L'anhydrite très peu soluble dans l'eau, un peu plus soluble dans l'acide chlorhydrique, colore la flammeen rouge jaunâtre; elle est
réductible sur le charbon, en formant du sulfure du calcium. On la rencontre en masses laminaires d'une certaine importance, en Savoie, près Modane, en cristaux isolés à Aussee, Autriche, à Bex, Suisse, à Hall, Tyrol, etc. Quelquefois les masses d'anhydrite se transforment en gypse. Une partie des calcaires qui les renferment sont rongés et des traces de soufre semblent démontrer qu'elles résultent de l'altération de calcaires sous l'influence d'eaux minérales.
Glaubérite. Na'CaS^8 ou Na^CaOaSO». En primes clinorhombiques de 83°ao'. Clivables suivant leurs bases, modifiés sur leurs arêtes d. Densité : 2,7 à 2,8; dureté, 3. On y observe d'assez grandes variations dans l'angles des axes à des températures différentes.
SULFATES HYDRATÉS
Gypse. CaSO*+aaq. — Les cristaux appartiennent au système clinorhombique et se clivent facilement en feuilles aussi minces qu'on veut et qui, pour de faibles épaisseurs, deviennent remarquablement flexibles et élastiques. Le plan de facile clivage est celui de symétrie des cristaux «j1. Des deux côtés de g* se trouvent des faces prises comme pans de la forme primitive mm = 1 1 i°3o'. En infléchissant les lames de clivage perpendiculairement à leurs plans, dans deux directions convenables, on obtient encore assez facilement deux plans de clivage assez nets, dont l'un à cassure fibreuse est inclinée de ii3°5i' sur l'arête mm en avant; on prend cette direction plane pour base. Il est démontré aujourd'hui que ce plan est en réalité un biseau obtus; c'est par conséquent l'arête de ce biseau qui fait avec l'arête mm l'angle susdit. Le second plan de clivage, perpendiculaire à g\ est h* ; il est parallèle à l'arête mm et il a une cassure vitreuse. Les faces du biseau de clivage font entre elles un angle de i38°4<>' ; ce serait les faces e\ Les angles des faces rwm, ph\ eV permettent de fixer les dimensions de la forme primitive h : hzzz 1 : o,33o5.
Angle plan de la base ioG°4o'i4".
Les cristaux de la variété dite trapézienne sont composés des formes (fig. 274;.
Ceux de Bex ajoutent souvent aux faces précédentes les formes e\ e1/*, et un assez grand nombre d'autres dont les faces sont parallèles à l'axe de la zone mg\
Groupements. — Dans un premier mode, deux
cristaux sont accolés suivant un plan parallèle à
Fig. 274. a* avec renversement de l'un d'eux qui est comme
l'image de l'autre vue dans un miroir. C'est le groupement de
beaucoup de cristaux des argiles plastiques et le
plus fréquent (fig. 275).
Dans un second mode de groupement, habituel aux cristaux exploités comme pierres à plâtre dans Téocène parisien, deux cristaux se réunissent deux à deux suivant une face a1/- inclinée de ii8°35' sur la base p et de i'i-°31' sur la face h1 postérieure. Les faces sont ordinairement arrondies et, comme les plans gx des deux demi-cristaux, sont F. t i:x
sur le prolongement l'un de l'autre; on obtient en dirigeant une lame tranchante au travers du groupe suivant leur
plan de clivage facile des sections qui ont la '^ ri'1'"? forme de fer de lance sur les sections g1 >%• Y ! X 27O; ; le clivage /f1 de l'un des individus est 1 i presque parallèle au clivage p de l'autre reni / versé. L'angle rentrant est d'environ ja3°. Ces
y> I y' i lentilles sont quelquefois remplacées par de la
\\ 1 / silice qui conserve leurs* formes.
y\ I / La flexibilité, l'élasticité, la facile production
plus de service pour l'étude des propriétés pby-
^ , / de lames très minces à l'aide du clivage ont fait
du gypse une des matières qui ont rendu le
siques des cristaux, comme on peut le voir aux chapitres de cet ouvrage ayant trait à l'élasticité, aux figures de décollement, aux figures de choc ou de pression.
Propriétés optiques. — Le plan des axes optiques est g1. La bissectrice aiguë moyenne positive fait un angle de — i3°o7' avec p (en comptant à partir de p en sens inverse des aiguilles d'une montre).
L'angle réel des axes = 6i0s4' à 90 ; de 90 à 8o°, il diminue et à 8o« il est nul. Au dessus de 8oo, les plans d'axes sont perpendiculaires à g1 et la dispersion est horizontale. La plaque soumise à l'observation montre les phénomènes primitifs, une fois refroidie. Caractères thermiques. — L'ellipse des conductibilités thermiques sur <y a son grand axe à 17° de l'arête mm. le rapport des axes = 1,2 Î7- Celte ellipse est semblable à celle qu'on obtient par décollement. Nous croyons a\oir démontré que ces axes de décollement ont aussi la direction et les relations de grandeur des lignes principales de densité réticulaire, d'élasticité de flexion et d'élasticité sonore.
Dureté : 2 ; le gypse se raie avec l'ongle, ce qui le distingue des substances naturelles avec lesquelles on pourrait le confondre; densité : 2,3a. Couleurs : incolore et transparent; quelquefois jaunâtre ou coloré en rouge par de l'oxyde de fer. Variété laminaire, lamellaire, saccharoïde, semblable au marbre dont il se distingue par son peu de dureté, bacillaire, fibreuse avec un éclat soyeux, compact, d'un blanc pur et translucide (albâtre tendre).
Il est souvent mélangé à du sable, parfois à de l'argile. Il cristallise avec tant d'énergie qu'il empâte avec lui de grandes quantités de sable, tout en conservant sa forme, comme le calcaire dans le grès dit grès cristallisé do Fontainebleau.
Il fond au chalumeau, s'exfolie, perd son eau, devient friable et opaque {plâtre) ; il colore la flamme en jaune rougeâtre. Pulvérisé avec du charbon môle ou non avec du carbonate de soude, puis chauffé énergiquement au chalumeau, il se transforme en sulfure de calcium, lequel, humecté d'eau acidulée, noircit une lame d'ar-
gent ou le papier d'acétate de plomb, et, traité par l'ammoniaque et l'oxalate d'ammoniaque, donne un précipité blanc d'oxalaie de chaux.
Minéraux accidentels mêlés au gypse : sel gemme, anhydrite, mica, boracite, quartz, pyrite, etc.
11 se trouve en amas subordonnés dans les micaschistes (Alpes de la Carinthie); dans le silurien, au Canada; dans le permien de la Thuringe et de la Russie ; dans le trias de Mansfeld, et en particulier dans les marnes irisées, en France (à Salins, à Lons-Ie- Saulnier, à Bex); dans le lias des Cévennes; dans le wealdien des environs de Cognac, etc. ; dans léocène supérieur, aux environs de Paris; dans le tertiaire des Karpathes, d'Aix en Provence; du Bolognais en Italie (avec soufre natif). En Lorraine, les amas de gypse, ramiûés à leurs extrémités, ont plié à leur forme les roches stratifiées qui les enveloppent.
Glaubdrite. — Sulfate de soude et de chaux : (Na*, Ca)So', ou Na'OSO3, CaOSO*.
Forme : celle d'un prisme unioblique de 83°2o'. Densité : environ 2,7. Éclat vitreux. Couleur d'un gris sale. La glaubérite fond facilement au chalumeau et colore la flamme en jaune. Lorsqu'on la traite par l'eau, le sulfate de soude se dissout et le sulfate de chaux se précipite. La liqueur donne la réaction de l'acide sulfurique.
Alunite, Cordier. Mine d'alun (Alaunstein, ail.). — Roche compacte, uniforme ou porphyroïde, souvent arénacée, ou bréchoïde, de couleurs assez claires tirant sur le gris, le jaune, ou le rose, formée d'alunite. Ce minéral est un sulfate d'alumine et de potasse hydraté, dont la formule K'OSO'^ArO'SO'^ffO peut s'écrire aussi : K'OSOSAl'O3 3S08 + afATO^H^). Le premier terme de cette seconde formule représenterait une espèce à' alun anhydre ; le second exprime la composition de l'ydrate d'alumine appelé gibbsite.
L'alunite cristallise en rhomboèdres de 89°io\ clivableset aplatis suivant a* et souvent en agrégats compliqués et entremêlés
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avec du quartz, en concrétions fibreuses ou granulaires, à faciès terreux, à toucher un peu âpre.
Axe optique positif.
n0~ 1,372 ne=z 1,592 he — w0= 0,02 (M. L. et L.).
Densité : 2,6 à 2,8.
L'alunite est infusible et se dissout dans l'acide sulfurique et la lessive de potasse après échautTement. Elle résulte de l'altération des feldspaths acides des roches brachytiques, au Mont-Dore, à la Tolfa, près Civita-Vecchia, Italie, etc.), par des émanations d'acide sulfureux.
Lorsque l'on calcine l'alunite, elle donne d'abord une odeur sulfureuse, puis une saveur al umineuse; et la masse calcinée reprise par l'eau produit de l'alun.
Aluminite. — Sulfate d'alumine hydraté (Al*SO*,9HfO, ou Al'O'SO'jgH'O), ordinairement mamelonné, d'un blanc mat, tendre terreux, quelquefois oolithique, soluble dans l'acide azotique. Dans le tube bouché, cette matière dégage de l'eau, et, au rouge naissant, de l'acide sulfureux. Elle n'existe qu'en nodules ou en veines dans l'argile plastique (Mont-Bernon, près Épernay; environs deNew-Haven, côte d'Angleterre).