‹ Les roches et leurs éléments minéralogiques; descriptions-analyses microsocopiques-structures-gisementsChapitre 134 sur 199 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Ce qu'on appelle notation de Lévy, c'est la notation d'Haûy exprimée par des signes faciles à imprimer. LorsqirHaûy expliquait c comment la cristallisation parvient à faire sortir d'un espace si resserré (la molécule soustractive) cette multitude presque infinie de corps si diversifiés par le nombre, par les figures et par les combinaisons des faces qui la terminent » (i), il remplaçait les fragments à dimensions vagues que Rome de l'Isle enlevait aux angles et aux arêtes d'une forme pour obtenir les autres, suivant la méthode dite des troncatures, par ce qu'il appelait les molécules soustractives, auxquelles sa théorie des décroissements permettait de donner des dimensions. Haûy a montré que d'une forme primitive d'une espèce minérale on pouvait dériver des formes observées ou prévues de la même espèce ; il a donné les moyens de calculer les dimensions des molécules intégrantes qui entrent dans la composition des soustractives. La cristallographie était créée.

Lévy a rendu plus palpable la conception géniale d'Haûy en rapportant aux arêtes d'un angle solide d'une forme primitive, toujours extérieurement visible, les dimensions de la molécule soustractive d'Haûy; il a remplacé les majuscules au moyen desquelles Haûy représentait les éléments dune forme par des minuscules; il a écrit sous la forme d'un exposant à droite de l'élément les valeurs numériques qu'Haûy écrivait en dessus et il a eu la bonne fortune de donner son nom à la notation d'Haûy ainsi modifiée.

(1) Haiiy, Traite de cristallographie, t. I, p. 51.

Mais, si le symbole // représente par abréviation conventionnelle ment le symbole complet 6*6*6* dans le cube d'une face quelconque du dodécaèdre rhomboïdal, il a l'inconvénient de représenter à la fois toutes les faces d'une même forme. On peut aussi faire à la notation de Lévy, employée par les cristallographes français, lorsqu'elle détermine la position des faces d'un cristal au moyen des segments qu'elles interceptent sur les arèlesdes angles solides de la forme primitive, le reproche de choisir pour cette dernière forme un prisme qui a l'avantage d'avoir deux dimensions égales sur trois dans les systèmes orthorhombique et monoclinique, mais dont les arêtes ont l'inconvénient d'être indépendantes des directions principales des surfaces qui expriment les variations des propriétés physiques, et en même temps complètement arbitraires, ce qui permet à un auteur de remplacer une forme primitive choisie par son prédécesseur par une autre qu'il préfère. Aussi les cristallographes étrangers ont-ils cherché à représenter d'autres manières la position des faces dans un cristal non seulement comme longueur mais comme strictions. Nous ne pourrions dans cet ouvrage élémentaire exposer les divers systèmes de notation qui rendent souvent très laborieuse l'étude des mémoires qui décrivent les formes d'une même espèce minérale; nous nous contenterons de présenter quelques tableaux qui permettent de traduire la notation dite de Lévy en notation de Miller pour les plus ordinaires.

Presque tous les auteurs aujourd'hui écrivent pour chaque forme à la suite du symbole qu'ils adoptent le symbole correspondant dans la notation de Miller.

Au premier abord la traduction parait des plus simples : Miller écrit les uns à la suite des autres les dénominateurs des fractions

employées par Lévy. Au lieu de bzùyb"y représentation d'une face d'un hexoctaèdre cubique pour Lévy, Miller écrit (xyz). Mais, premièrement, au moyen d'une permutation tournante des caractéristiques écrites dans un certain ordre et regardées comme po-

sitives ou négatives, suivant l'endroit où elle est placée, ce n est plus une facette quelconque de la forme, mais une de ses facettes déterminée qui est désignée par le symbole de Miller. En outre, Miller compte à partir du centre les segments interceptés par une face, non pas sur des parallèles aux arêtes des prismes rhonabiques choisis comme primitifs, mais sur des parallèles aux diagonales des bases de ces pàrajlélipipèdes, qui sont toutes les deux des axes de symétrie binaire dans le système orthorhombique et dont l'une reste un axe de symétrie dans le système clinorhombique ou monoclinique, Miller garde le même axe vertical que Lévy. Tandis que, pour fixer la position d'une face dans le cristal, Lévy prend comme axes des coordonnées les trois arêtes parties d'un même sommet qu'elle rencontre les premières, comme centre

ce sommet et compte les segments — , -, — interceptés par la face

à partir du sommet, tandis qu'il choisit, par exemple, pour fixer les symboles de la face HKL (fig. 17, p. 42), le point 0 pour sommet et compte sur les arêtes oc — d, oi ~ f, oa — A, les segments - d, — A — h, Miller caractérise la position d'une face dans x y - z

un cristal au moyen des dénominateurs (w, v, w) des segments

— , —, — , interceptés à partir du centre du cristal (fig. 3s) sur les u v w

3 axes ma, mb, md menés par le centre m, l'un ma parallèlement

à Taxe vertical, les deux autres parallèlement aux diagonales mb%

md, d'un prisme HH'RR'MM' inscrit dans celui de Lévy. La

figure 22, p. 49> montre le prisme rectangulaire oblique de Miller,

HH'KK'MM', inscrit dans le prisme clinorhombique aeoe'ea'eo' de

Lévy. Dans le système clinorhombique, Pun des axes de Miller a

une direction constante, celle de Taxe unique de symétrie binaire.

Dans le système orthorhombique, les trois axes de Miller sont les

trois axe? de symétrie binaire, rectangulaires entre eux.

Dans le triclinique, deux des axes de Miller restent parallèles

aux diagonales de la base du prisme de Lévy; mais ils n'ont plus

pr-*v

ni l'un, ni l'autre, une direction fixe dans le cristal ; dans tous ces

systèmes, les deux axes de Miller parallèles aux diagonales de la

base du prisme de Lévy ont pour unité de longueur la moitié de

la demi-diagonale correspondante.

Cette transformation d'axes de coordonnées force à faire un petit

calcul. Si on appelle u, m, w les caractéristiques de Miller, .r, ?/,

z les dénominateurs des tractions de Lévy, dans les symboles les

lit tii

plus généraux b b b" ou à b b~, il y a entre les quantités uy v, w

d'une part et les quantités x, y, z d'autre part les relations u r=

, o =z -| — , w n z, comme le montreront les tableaux

suivants dans chacun des différents systèmes cristallins.

Système cubique.

Formes Lévy Miller

Cube p (100)

Octaèdre a* (Ht)

Dodécaèdre rhocnhoïdai. ... 6* (110)

Hexatétraèdres. 6" (i;o)j:>:

Trapézoèdres a " ( .r z z)

rtf (21!)

Octotrièdres ar {xtz)

Hexoctaèdres h' b'J b* {vyz)z>y7-

Système hexagonal et rhomboé^rique

Pour le système hexagonal, nous croyons plus utile de donner la notation de Bravais, préférée de beaucoup maintenant à celle de Miller pour ce système. Bravais rapporte les faces à quatre axes; l'un est celui de symétrie sénaire. Les trois autres sont les axes de sy-

métrie binaire porallèles aux arêtes basiques du prisme primitif de Lévy. On remarquera qu'une des trois caractéristiques horizontales est égale à la somme des deux autres, prise en signe contraire.

Système hexagonal.

Caractéristiques de Bravais (4 aies\

Base p (00 01)

% protoprisuie. . . m (1010)

Prisme

C p™ ( deu

téroprisme. .A4 (112 0)

Prisme dodécagones . . . h [xyzo] z=x-f-y

Isocéloèdres

sur les arêtes { b (xoxz)

6* (loTl)

sur les angles } a (xxfix z)

Didodécaèdres b bv h

Système rhomboôdrlque.

Lévy Miller

Rhomboèdre primitif p 100

Base a1 111

Prismes (protoprisme) e* 112

(deutéroprisme) dl iOi

Rhomboèdres sur b 6* 110

— a a mnn m>»

a nn m

— e e mnn

** - n e mmn

Scaléonèdre sur d d* 2 0 F

Système quadratique

Formes Lévy Miller

Base p (001)]

Prisme primitif .... m (1 1 0)

Prisme inverse .... A1 (100)

i /*±vt*jZ2,o)x>9

Prismes octogones . . . hy \ 2 2 /

Octaèdres sur les arêtes . 6 {xxz) x^

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