ORIGINE ET ARRANGEMENT DES ROCHES
La (orme ellipsoïdale du globe, la température de plus en plus élevée de ses couches, à mesure qu'on les observe plus profondes, l'incandescence des masses de laves qui sortent des cheminées volcaniques, établissent ce lait fondamental, que la terre a passé par l'état de fusion. Par refroidissement, il s'est formé une première croûte solide, dont l'épaisseur s'est accrue avec la suite des temps.
Parmi les matières minérales qui entrent, dans la composition élémentaire de cette écorce solide, un certain nombre y apparaissent en masses considérables, et souvent avec des caractères identiques ou très analogues, dans des régions très éloignées les unes des autre?. C'est à ces masses que Ton a donné le nom de roches.
L'eau qui recouvre la surface de la terre sur les deux tiers de son étendue, l'air qui l'entoure dans tous les sen<, les vapeurs et les gaz qui s'échappent de 'ses profondeurs, méritent sans doute le nom de parties élémentaires du globe ; mais la détermination de ces éléments de notre planète ne peut se faire par les mêmes procédés que celle des roches proprement dites ou masses solidifiées. Quant au noyau du globe, à cette région enveloppée par la partie extérieure solide, l'on n en connaît ni la composition ni l'état
physique. Il est très vraisemblable que la température en est très élevée; l'on sait que la densité moyenne y est plus grande dans les parties profondes que dans les superficielles; mais la composition en est entièrement conjecturale. On sait que la densité moyenne du globe est supérieure à 5,6 et la densité des roches les plus pesantes ne dépasse guère 3.
L'on regarde les roches appelées gneiss, à éléments cristallins, disposés suivant des feuillets assez distincts les uns des autres, comme étant de celles qui résultent de la solidification due au refroidissement lent du globe terrestre. Un grand nombre de géologues y ajoutent certains granités à grains fins. Les roches de cette origine sont appelées fondamentales.
Aussitôt que la température a été assez basse à la surface de la terre, l'eau répandue dans l'atmosphère, et chargée de vapeur* de différente nature, dissoutes ou condensée, en même temps qu'elle, a commencé son rôle chimique comme dissolvant, et son rôle mécanique comme moteur, qui entraînait sur certains points déjà plus bas des débris, des détritus arrachés à des roches situées dans des régions plus élevées.
Ces débris sont tantôt des parties de la roche, qui sont restées ce qu'elles élaient avant la dissociation de ses éléments, par exemple les sables; tantôt des espèces minérales, auxquelles les roches décomposées n'ont fourni qu'une partie de leur substance, par exemple un grand nombre de calcaires. Les roches de celte origine ont souvent l'aspect de la terre qui couvre les champs. On les appelle, dans ce cas, terreuses. On les nomme surtout sédîmentairesy c'est-à-dire déposées par les eaux, et stratifiées, ce qui signifie qu'elles sont disposées en strates, en couches successives parallèles.
11 est une troisième origine des roches également fort importante. Dès les époques les plus reculées, il s'est produit dans l'écorce terrestre des crevasses, des fentes gigantesques, où ont été injectées, à un état plus ou moins pâteux, les roches dites éruptioes, auxquelles se rapportent la plupart des granités, les porphyres,