‹ Les roches et leurs éléments minéralogiques; descriptions-analyses microsocopiques-structures-gisementsChapitre 140 sur 199 · CLASSIFICATION DES ROCHES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES ROCHES

Avant tout, on doit se poser cette double question : Existe-t-il des roches qu'on puisse dire de même espèce, et quels seraient, dans ce cas, les caractères qu'on appellerait spécifiques? L'espèce

minérale est constituée par un individu dont la composition chimique est définie, et dont la structure lui est propre. Mais les roches sont des mélanges de matières réunies par des causes qui leur sont étrangères.

L'énorme portée dans l'espace et dans le temps de ces agents extérieurs donne une homogénéité saisissante à un grand nombre des masses du globe, et, par exemple, aux éruptions de laves et de basaltes, ou à tant de dépôts marins, tels que ceux de la craie blanche, le niveau dès schistes bitumineux du permien où les écailles des poissons se trouvent uniformément épigénisées en minerais de cuivre, et beaucoup d'autres. Combien de fois arrive-t-il au géologue de trouver monotone toute une grande région !

11 est donc naturel de réunir, sous le même nom, des masses aussi semblables, et Ton peut dire que les membres d'un pareil groupe sont de même espèce , en n'attachant à ce mot qu'un sens conventionnel.

Pour classer les roches, nous nous sommes placés d'abord au point de vue minéralogique et nous avons réuni en un premier groupe général, que nous avons appelé ordre, celles qui sont formées de silicates ; nous avons ensuite admis les ordres des carbonates, azotates, phosphates, elc. L'ensemble de ces groupes correspondrait en minéralogie à la classe des pierres. Puis viennent la classe des roches métalliques et celle des roches combustibles.

Pour subdiviser les groupes salins ou métalliques, il n'est pas besoin de recourir à des considérations étrangères à la minéralogie. Il n'en est pas de même de celui des silicates. Si les autres matières venaient à disparaître, à coup sur ce serait une grande privation pour nous qui avons appris à nous en servir; mais, malgré les trous périlleux qui en résulteraient, l'ossature générale de notre planète garderait ses grandes lignes. En outre, c'est surtout dans l'étude de la structure et de la disposition relative de ces roches que nous trouvons les traces des évolutions successives du globe. Nous sommes donc obligés de tenir compte, à la fois, des données de la minéralogie et de celles de la géologie.

Les premières nous ont fourni le sujet d'une première subdivision. Les roches de Tordre des silicates étant généralement un mélange de plusieurs espèces minérales, nous avons eu égard à ce fait que, parmi ces espèces, il y en a généralement une assez caractéristique par son abondance et ses propriétés, pour donner aux masses dont elle fait partie un certain air de famille. C'est dans ce sens que nous avons admis des roches feldspathiques, araphiboliques, pyroxéniques, diallagiques, talqueuses, micacées. Cela ne veut pas dire que l'élément qu'on peut appeler dominateur soit le seul essentiel. Nous appellerons éléments essentiels d'une roche ceux qui doivent toujours s'y rencontrer. Il faut, par exemple, qu'une diabase soit composée d'un plagioclase (feldspath) et d'augite; si la hornblende y prenait la place de l'augite, elle serait classée parmi les diorites. Mais, dans la diabase, comme dans le diorite, on peut rencontrer, comme élément accessoire, de lachlorite résultant d'une transformation de l'augite ou de la hornblende, postérieure par conséquent à la constitution primitive de la roche. Enfin, il est des éléments accidentels, qu'on ne rencontre que çà et là, en proportions très variables.

Un grand nombre d'auteurs divisent les roches en trois classes ; i° acides; 2° intermédiaires; 3° basiques. Les roches acides contiennent plus de 65 0/0 de silice; dans les intermédiaires, la proportion de silice est inférieure à 65 et supérieure à 54 o/n; une teneur en silice inférieure à 54* a fait donner à celles de la troisième classe le nom de basiques. La première division embrasse les granités, la plupart des yorphxjres quartziféres, les rhyolites, ou dominent les feldspaths alcalins et le quartz comme éléments blancs, tandis que le mica y peut avoir une couleur tantôt claire, tantôt foncée; la seconde a pour éléments blancs l'orthose accompagné de mica noir ou d'amphibole dans les syénites, des feldspaths alcalins et calcosodiques dans les syénites, les phonolithes, les dacitesy les andésites; la troisième a pour éléments blancs des feldspaths calcosodiques, les feldspathoïdes, leucitè, néphéline et pour éléments noirs l'amphibole hornblende et le pyroxène augite dans

les dioriteSy diabases, dolérites, basaltes, gabbros ; on rattache à cette classe les serpentines, les norilesf les péridotîtes (sans silice libre).

Mais parmi les porphyres quartz ifères les uns se rattachent à la première, les autres à la seconde classe et la limite est encore plus vague pour les syénites et les diorites, dont les uns appartiennent à la deuxième, les autres à la troisième classe.

Dans les roches métamorphiques les éléments principaux sont quelquefois le quartz accompagné de feldspaths acides, de mica, les chlorites où la proportion de silice ne dépasse pas 3o o/o ; les argiles où la silice ne dépasse pas5o o/o. Les éléments accessoires y sont très nombreux : grenats, idocrase, wernérites, épidote, silimannite, staurotide, andalousite, disthène.

Il serait souvent pénible de déterminer la proportion de silice contenue dans une roche analysée en bloc.

Aussi préfère-t-on classer les roches éruptives d'après leur structure. La structure de ces roches dépend de la lenteur ou de la rapidité relative avec laquelle se sont consolidés leurs éléments. Pour les roches plus ou moins cristallines et feuilletées, la structure provient souvent des lits parallèles, suivant lesquels leurs éléments sont distribués; mais il arrive aussi qu'un feuilletage bien plus "net traverse des roches feuilletées, même terreuses, dans une direction commune à toutes celles d'une même région et indépendante du lit primitif sur lequel elle se sont déposées.

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