‹ Les roches et leurs éléments minéralogiques; descriptions-analyses microsocopiques-structures-gisementsChapitre 148 sur 199 · II. — Orthose (3), microcliiie \i), quartz · texte numérisé non relu

II. — Orthose (3), microcliiie \i), quartz

noir, amphibole, oligoclase, orthose), enveloppés par le magma qui est cristallisé lui-même et composé d'orlhose et de quart z récents. L'orthose récent s'y distingue de l'ancien par l'étendue de ses plages irrégulièrement terminées, par son mode d'altération qui consiste en longues traînées, rectil ignés, parallèles, de matière trouble; il est antérieur au quartz, mais il joue le rôle de pâte par rapport aux autres débris. Ceux-ci, serrés les uns contre les autres, forment entre des niçois croisés des mosaïques brillamment colorées.

Les granulites sont donc formées de débris à peu près égaux de quartz et de feldspalhs anciens, cimentés en général par un quartz récent qui tend à cristalliser en doubles pyramides p9e !/- combinées au prisme e* court, souvent non développé. Souvent il y a plus d'oligoclase que d'orlhose, et les deux feltisp:»ths sont vitreux. L'amphibole et la tourmaline ne sont pas rares ; le mica blanc est presque le seul existant (fig. 289 et 290).

Les inclusions du quartz sont dihexaédriquesel renferment des bulles mobiles ou des bulles fixes entourées d'anneaux noirs très épais (1).

On appelle microgranites et microgranulites les granités et granulites dont les éléments, tout en conservant leur disposition relative irrégulière et des dimensions à peu près égales, deviennent si ténus qu'on ne peut plus les discerner qu'au microscope.

Dans leur grand ouvrage sur la minéralogie micrographique, MM. Fouqué et Michel Lévy ont adopté ces désignations générales. Ils appellent roches graniioïdes les roches éruptives dont les éléments, cristallisés en majeure partie pendant le second temps de consolidation, ne comprennent ni microlithes de cette époque, ni parties amorphes. Dans ce groupe, les roches granitiques se distinguent par leur teneur en silice libre et en orthose. Celles enfin des roches granitiques qui ont le mica noir pour élé-

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(1) Michel Lévy, Mémoire sur la structure microscopique des roches anciennes (Bail. Soc. géol. de Frauce, 3e série, t.JII, p. 191) .

rtient ferro-magnésien dominant sont les granités proprement dits.

La pegmatite n'est qu'une variété de granité dont les éléments ont cristallisé simultanément et montrent un allongement régulier (fig. agi)

Le quartz y est orienté ; voyez le chapitre Structwe pegmatotde, p.

Les granités contiennent quelquefois de l'amphibole, ou du pyroxène, en quantité assez considérable pour mériter le nom de granités à amphyl»oles, à pyroxène.

Granités gneissiques. — Au milieu des granités à éléments mélangés sans aucun arrangement régulier où le mica en particulier présente toutes les orientations possibles, on observe quelquefois çà et là des sortes de plaques encastrées dans la masse où elles se terminent souvent en coins, en prenant alors une structure rubanée, analogue à celle des gneiss, à zones de feldspath et de quartz alternes et parallèles à la direction générale de la roche éruptive. Il est très probable que la structure de ces bandes à schistosité grossière provient des pressions qu'a exercées localement sur ces fragments isolés du reste de la masse par des cassures, la masse elle-même de la roche.

Gisements et physionomie générale.

Les granités constituent le système le plus considérable de roches massives qui traversent les schistes cristallins et souvent les schistes de transition; enclavés par leurs .bases dans ces terrains, ils les dominent par leurs extrémités supérieures, qui s'élèvent en vastes gibbosités. Ils ont aussi la forme de dykes ou de filons, que Ton retrouve dans les mélaphyres ; ils présentent surtout ce trait caractéristique d'émettre des ramifications très complexes, qui vont s'anastomoser pour ainsi dire entre elles dans la masse des roches encaissantes. Ils sont de plus en plus rares dans les terrains primaires supérieurs, et n'ont que peu d'importance dans les secondaires.

Les vrais granités sont liés au gneiss par de nombreuses variétés

Fig. 290. — liltAKUUTK {PHOTOCINK DK l.t HKHAPLIIK, ISÈRE).

{Page SIS/ Grossissement = 21 diamètres. Lumière polarisée,

L'échantillon a été recueilli parmi les blocs erratiques du hameau des Etages, prés la Bérarde. Il probient de la zone de contact entre lagranulite Iprotojiyne éruplive) et les gneiss appelés à juste titre granitoïdes par M. Lory.

Le dessin représente les minéraux suivants :

I. — Mica noir (19) en partie transformé en mica blanc, hornblende (21 ) probablement arrachée à des micaschistes amphiboliques, orthose (3), oligoclase (H).

IL — Partie des feldspaths précédents, mierodine (4), quartz 11), mica blanc (2).

intermédiaires (gneiss granitiques). Ils traversent les terrains anciens et sont remplacés dans le dévonien par des granités porphyroïdes, souvent à deux micas. A l'île d'Elbe, en Algérie, ont apparu de véritables roches granitiques pendant la période tertiaire. Dans celui de l'ile d'Elbe, qui se relie d'ailleurs à des porphyres, l'or- ^

those est fendillé, souvent transparent, comme dans les trachytes.

Protoglne. — C'est un granité dans lequel le mica appartient à la variété sérielle.

Dans la protogine du Mont-Blanc, le feldspath est blanc ou d'un blanc grisâtre, mat et lamellaire, souvent en gros cristaux à contours assez réguliers; le quartz en grains d'un gris de fumée ou violacé ; laséricite en lamelles plus ou moins froissées, d'un vert émeraude, céladon, tendres et onctueuses au toucher, surtout

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lorsqu'elles sont réduites en poudre ; un autre mica, très ferrugi- '\{&

neux, y forme des lamelles vertes. La schistosité y augmente avec ?À

la proportion de mica. Daubrée attribue cette schistosité à la près- •; ';5

sion qu'exerçait sur la protogine éruptive la roche encaissant .3

au moment de son soulèvement. ■ '*

D'après Delesse, la silice peut entrer pour y5 o/o dans la roche. \,$

Pegmatite (Pegmatit). — Assemblage de feldspaths lamel- j;ï

laires, blancs, jaunes, verts, rouges, etc., offrant les clivages rec- q

t angulaires caractéristiques de V or those et du microcline, souvent i\

nettement cristallisés, et de quartz également cristallisé, tantôt en \

prismes allongés, à six pans inégaux, comme cannelés dans la \:

cassure transversale et terminés par des pyramides à six faces

plus ou moins régulièrement développés. Dans les pegmatites à

gros éléments ou à grandes parties, le quartz, en cristallisant,

semble avoir été forcé de remplir la place que lui laissait le

feldspath. Les cristaux des individus essentiels de la pegmatite •

sont quel quefois d'un volume énorme.

Dans d'autres variétés, ils se réduisent à la taille ordinaire aux

éléments du granité. Us peuvent même ne pas dépasser les

dimensions microscopiques des microgranites. C'est ce qu'on

observe dans les micropegmatites (fig. 292).

Dans la variété de pegmatite appelée graphique, les cristaux de feldspath sont traversés par ceux du quartz. Ceux-ci sont bacillaires, parallèles et dessinent dans la masse feldspa- Ibiqueoù ils sont encastrés des figures assez régulières, qui ressemblent aux caractères de l'écriture cunéiforme.

Cette roche renferme jusqu'à 78 0/0 de silice. Elle ne contient ordinairement que peu de mica; les variétés

graphiques en manquent FiF.î9î. - Hict«(*tiMiit«. mème toulà fe.t

Haûy et plus lard Cordier ont défini la pegmatite comme essentiellement composée de feldspath et de quartz. Le feldspath est en général celui que Des Cloîzeaux a séparé des autres, à cause de ses caractères optiques, sous le nom de tnicrocline. Il offre d'ordinaire une masse quadrillée traversée souvent par des filons ou des bandelettes d'albite hémiliope : Loucrup (Hautes-Pyrénées); La Bellièreprès Vire (Cal ados); Saint-Malo; Sibérie; Leppfield; Conneclicut; Cayenne (Guyane française). Aujourd'hui les lithologistes tendent plutôt à réserver le nom de pegmatiles à une structure, celle des loches où le feldspath et le quartz ont pris un certain arrangement régulier en cristallisant simultanément. La pegmatite n'est plus, dans ce ca«, qu'une variété de granité.

Les éléments accidentels sont :

Tourmaline, topaze, atbite, béryl, grenat, apatite, gadolhrife, orlkose, colombile, et beaucoup d'autres.

La pegmatite forme des filons dans le gneiss, le granité, le leptynite. Le feldspath y est souvent altéré. C'est alors le plus précieux gisement de kaolin (Sainl-Yrieii, près Limoges). Le feldspath intact est employé pour la couverte de la porcelaine.

■■ (i), quartz i h. Le Microhie (aillé parallH. 5 par des Monnet» il'albite (5).

Mlcrogranulites, mloropognutitM- — Granulïtes et pegmatitcs à magma cristallin, dont les éléments sont si petits, qu'il n'a pu être compris qu'à de très forts grossissements et que cette pâte d'apparence homogène les a fait longtemps assimiler aux porphyres.

Oianniites, micro grandîtes récentes. — Celles dont l'éruption est postérieure au crétacé.

Microgranulites récentes à amphibole, à mica noir, à pyroxène, a (Hallage, celles dans lesquelles les feldspaths alcalins el le quartz sont associés, soit à l'amphibole, soit au mica, ou au pyroxène, ou enfin a la diallage.

Brèche* et conglomérats granitique*. — Gros blocs anguleux ou arrondis de granité, auxquels se mêlent quelquefois des fragments de schistes argileux, ou d'autres roches, englobés par un ciment granulîtique, pulvérulent.

2* Type porphyrolde.

Le mot de Porphyre implique une couleur rouge de feu. liubet porphyrites in jEgvpto, disait Pline. La matière citée par Pline

Rig. i»3. — PlaqM de porpbyrr.

est celle que nous appelons aujourd'hui porphyre rouge antique, et que les Égyptiens ont fréquement employée pour leurs cuves se-

pulcrales, leurs statues ou leurs obélisques. Les Romains ont beau* coup utilisé les matières travaillées avant eux en Egypte. Les modernes ont recueilli à leur tour les œuvres des uns et des autres, mais souvent ils ont dénaturé les acceptions des noms anciens. Âjourd'hui le nom de porphyre est appliqué à des roches qui peuvent bien, en général, servir de marbres durs, mais qui sont d'une couleur quelconque et qui ont pour caractère d'offrir, sur un fond ou pâte à éléments indiscernables, des cristaux à formes plus ou moins régulières, séparés du chaos général où restent confondus les autres éléments de la roche (fîg. 293).

Cette pâte forme quelquefois la roche à elle seule. Lorsqu'elle est de nature feldspathique, on l'appelle pètrosilex, parce qu'elle ressemble au silex, dont elle se distingué par sa fusibilité au chalumeau. Dubuisson l'appelait eurite, bien qu'elle eût déjà reçu, de Kirwan, le nom de felsite.

Cette pâte d'un blanc grisâtre, jaunâtre, verdâtre, rougeâtre, noirâtre, brune, a une couleur parfois d'un bleu lavande; elle a une cassure ordinairement esquilleuse et se rapproche de celle de certaines agates ou du silex corné; mais Teurite est toujours fusible, tantôt avec autant ou plus de facilité que l'orthose elle-même (eurite proprement dite), tantôt plus difficilement (eurite sursilicée de Cordier). L'émail que donne la fusion est tantôt d'un blanc pur ■et tantôt pointillé de noir ou de vert. L'eurite chargée de silice prend quelquefois l'aspect un peu vitreux, devient plus dure que le feldspath et passe aux rétinites, ou bien elle reste lithoïde. Elle est difficilement rayée par le silex.

Elle devient généralement plus ou mois porphyrique; certaines variétés renferment un peu de mica très ténu. Dans les variétés auxquelles on a donné le nom de porphyres, on observe des cristaux de feldspath et même de quartz. Le rapport de l'oxygène des bases à celui de la silice oscille entre 0,16 et 0,259. Les cristaux de quartz sont bipyramidés : ceux A'orthose sont blancs, jaunes, d'un rouge de chair. Ils ont la forme de rectangles plus ou moins allongés, quelquefois leurs sections se terminent par des biseaux

obliques à côtés inégaux (voy. feldspaths) ; ils ont l'éclat nacré sur les faces de clivage; ils sont de couleur plus claire que la pâte; ils deviennent *i nombreux que Ton n'y distingue plus facilement la pâte. Celle-ci est souvent colorée en verdâtre par de la chlorite, qui s'y trouve intimement mélangée; elle renferme souvent aussi de la hornblende^ qui a peut-être donné naissance à la matière verte en s'altérant.

Résumé des études microscopiques récentes. — Nous ne pou vous que présenter dans leur ensemble tous ces travaux de Vogelsang, de MM. Rosenbusch et Zirkel, et plus récemment, en France, de MM. Fouqué et Micbel Lévy, qui ont jeté déjà une grande lumière sur la composition élémentaire et la structure des porphyres. On reporte aujourd'hui, aux roches granitoïdes, sous la dénomination de microgranitoïdee, comme il a été dit plus haut, toutes celles dont la masse est résoluble en éléments, qui malgré leur petitesse peuvent être tous distingués à la loupe.

Au microscope, le quartz est plus pauvre en inclusions que celui des granités. Ces inclusions consistent en fluides, en matières vitreuses, en microlithes. Souvent la matière vitreuse est dévitrifiée. Le feldspath a les allures de l'adulaire, mais il est en partie kaolinisé; il est souvent groupé, suivant la loi de Carlsbad; ses fentes, ses faces de clivage sont remplies ou couvertes d'infiltra tions secondaires : mica, kaolin, épidote. Le mica magnésien a le même aspect que dans les granités. On rencontre assez fréquemment des cristaux de sphène et de pyrites, quelquefois de la fluorine et des grenats.

La pâte des porphyres a été le sujet d'un grand nombre d'observations et de discussions. Delesse les regardait comme l'eau-mère où les éléments cristallins se sont consolidés, se trouvant en quelque sorte dans un état semi-cristallin, intermédiaire entre l'état cristallin et l'état vitreux; Naumann les considérait comme un mélange homogène de matière feldspathique et de silice. Plus tard, M. Zirkel a distingué les pâtes qui se résolvent au microscope en leurs éléments cristallins, et celles qui conservent aux

plus forts grossissements le faciès d'un corps amorphe et homogène. Il a donné aux premières le nom de magma, aux secondes celui de base (basis). La base peut être compacte, vitreuse, et, dans ce cas, dévitiifiée ou non ; elle n'est jamais cristalline. M. Zirkel a réservé le nom de base microfelsitiqve aux bases vitreuses dévitrifiées.

Vogelsang a distingué trois sortes de pâte.

L'une consiste en un mélange d'éléments cristallins, mais si petits qu'on n'arrive à les distinguer que peu à feu, au fur et à mesure que les instruments de grossissement se perfectionnent.

Une seconde variété { de pâte très abondamment répandue se compose d'une substance qui se rassemble en bandes, en stries, en membranes, qui reste loujours obscure pour toutes ses positions entre des niçois en croix, bien qu'elle soit à peu près incolore, qui n'a aucune structure et qui n'est autre chose qu'un verre. Ce verre agit quelquefois par places sur la lumière polarisée, mais parce qu'il est plus ou moins dévitrifié.

Enfin, une troisième variété de pâte, peut-être encore plus fréquente que la première, ne se présente qu'en membranes des plus minces ; incolore ou colorée en gris, en jaunâtre, etc. Elle n'est pas sans structure : on y aperçoit des filaments, des granules; mais elle est, comme la précédente, inactive vis-à-vis de la lumière polarisée. C'est ce que Vogelsang appelle base microfelsitique; il l'a regardée comme une matière qui n'est pas parvenue, pour ainsi dire, au dernier stade de sa cristallisation.

En résumé, le plus grand nombre de porphyres a pour fond une matière pétrosiliceuse, tantôt insensible à la lumière polarisée, tantôt active. MM. Fouqué et Michel Lévy reconnaissent à cette matière, finement nuageuse, les propriétés optiques d'une calcédoine à grains fins, chargée d'opale et comprenant en outre les éléments chimiques d'un feldspath. Elle s'est constituée pendant la seconde période de consolidation de la roche qui, pendant la première, ne différait pas sensiblement d'une roche granitoîde considérée, elle aussi, dans la même phase de son évolution. Hais

Flg. 3»4.

[Page «Kl Cn des porphyres permiens les plus récents de l'Eslerel. Sphérolilhes à croix noire (53), magma fluidal (55), veinules •le calcédoine (3S).

{Allas àt MM. FOUQVÉ tt MICHEL LÉVT, PI. XV, flg. M

Le gisemenl de celle roche & vtè étudié par M. I'uiikii. (liullet. .Soc. géot. de France. Réunion extraordinaire. IM77.)

pendant la seconde, s'est établi le type de structure qui est spécial aux porphyres, adjonction du magma amorphe et développement normal de la structure dite fluidafe.

Structure fiuidale. — Lorsqu'une pâte est vitreuse ou cryptocristalline, on voit ordinairement ses particules constituantes disposées suivant des modes réguliers. Dans un grand nombre de variétés, les éléments se sont alignés parallèlement à des directions linéaires ou suivant certaines surfaces planes ou courbes, comme si elles avaient coulé dans ces directions. C'est ce qu'on nomme la structure ftuidale.

Porphyres à structure globulaire. —D'autres variétés de porphyres présentent, en nombre quelquefois infini, des corpuscules que Vogelsang appelait globuiites ou margarites et Longulites, d'après leur configuration plus ou moins sphéroîdale ou plus ou moins allongée. Ces corpuscules peuvent se grouper les uns avec les autres sous les formes les plus complexes. Ces groupes, d'après Vogelsang, seraient les un.-) sans action sur la lumière polarisée (crystallites), les autres actifs (crystalloïdes).

M. Zirke), auquel on doit des travaux remarquables sur les porphyres et les basaltes, distingue le grain globulilique (grains, disques uniréfringents), le pêle-mêle trichitique (margarites et longulites de Vogelsang) et la dévitrificaticn fehïtique. Il nomme micro lit lies y comme beaucoup d'auteurs à son exemple, les cristaux d'une extrême ténuité.

Dans certains porphyres, la matière qui en fait le fond, ou la base ou la pâte, est vitreuse; Vogelsang les appelle vitrophyres, et M. Rosenbusch pechsteinporphyres.

Dans la masse vitreuse se sont consolidés des cristaux analogues à ceux du granité. Mais c'est surtout dans les porphyres renfermant de l'augite et de la hornblende qu'on rencontre ces variétés vitreuses.

Enfin, il y a des eurites qui deviennent vitreuses comme les porphyres et qui font partie des pechslein. En France, on adopte maintenant la classification de MM. Fou-

que et Michel Lévy, présentée dans le tableau synoptique des roches cristallines, Tableau 1.

Les roches de type porphyroïle se distinguent de celles du granitoïde par les dimensions différentes ou les différents faciès des éléments de la roche. Dans le type porphyroide, les éléments qui se sont consolidés souterrainement, avant l'apparition à la surface du globe de la masse éruptive, ont cristallisé lentement avec des formes assez régulières et des dimensions microscopiques, visibles à l'œil nu ; mais la plus grosse portion du magma, encore liquide ou pâteuse, lorsqu'elle est arrivée au jour, s'est consolidée brusquement, de plusieurs manières; au microscope, le magma se montre formé tantôt uniquement de cristaux très petits sinon à contours très réguliers, au moins à structure cristalline bien apparente (magma nolocristallin), tantôt de cristaux empâtés dans une masse vitreuse.

Dans le cas où il est holocristallin, le magma peut offrir les mêmes arrangements que le granité, quartz informe, moulant les autres éléments (microgranit es) ou quartz bi pyramide à formes nettes (microgranulites) ou quartz orienté (micropegmatites); les microgranulites et les micropegmatites correspondent aux anciens porphyres quartzifères.

Dans le cas où le magma est semi-cristallin (fîg. 294 et sep), le quartz y présente des sphérolithes donnant la croix noire entre des niçois croisés qui indiquent ici une structure régulière due au retrait produit pendant le refroidissement; c'est le cas des porphyres globulaires, à structure fluidale dans l'ensemble; enfin MM. Fouqué et Michel Lévy appellent porphyres pétrosiliceux, les porphyres où la matière vitreuse mêlée aux cristaux reste inactive sur la lumière polarisée et montre souvent par sa structure fluidale la direction de la coulée.

Physionomie des masses porphyriques. — Les porphyres se dressent en montagnes d'aspect sauvage, à parois raides, à cimes déchirées, souvent hérissées de pyramides aiguës.

Variétés déstructure et de texture. Porphyres quartzifères pro-

Flg. 396. — i-ohphvhk pktiwisii.h:h > {Page SU) Même gisement due la porphyre de Gratadis (fig, WJ,i

(33) Sphéroliles à croix noire.

(")'} Magma perlitique en partie amorphe.

(PI. XI, /Iff Z. Allât de MM. FOLQVÊ et MICHEL tfH.l

prement dits. Masses divisées en prismes hexagonaux, en parallélipipèdes droits ou obliques. Porphyres schisteux. Le quartz s'y rassemble en veines, en lames parallèles, planes quelquefois, très rapprochées (papierporphyr) ou ondulées (eurite ligniforme de Rupt, Vosges). Parfois l'apparence schisteuse provient des nuances différentes dont la roche se colore suivant des bandes parallèles, porphyre poreux ou celluleux, avec cavités amygdalaires. Porphyres oolithiques, sphérolitiques, en boules de la grosseur d'une noix ou de la tête, dont l'intérieur est rempli d'agate et d'autres matières cristallisées. A cette variété se rattache le porphyre pyromtride (P. orbiculaire, P. Napoléon), de Corse, qui consiste en une pâte euritique enveloppant des globules à texture radiée et concentrique, où Ton discerne plus ou moins nettement l'orthose et le quartz, avec globules d'agate interposés. Le quartz est assez riche en inclusions vitreuses.

Les dykes de porphyre abondent dans le carbonifère. Leurs épanchements, nombreux encore dans le permien, sont devenus de plus en plus rares dans les terrains supérieurs. Les porphyres les plus anciens, jusqu'au terrain permien, sont en général des microgranulites et des micropegmatites. Ils sont pauvres en pâte amorphe et contiennent de la chlorite, parfois du talc, souvent de l'amphibole.

Derrière eux ont fait éruption les porphyres chloritiques, à amphibole transformée en serpentine, où l'on observe des cristaux de quartz bipyramidé et des sphérolithes à croix noire entre des niçois croisés; ces sphérolites apparaissent au microscope comme formés de quartz et de feldspath.

Les porphyres permiens, composés d'orthose et de quartz, et accessoirement de cordiérite, transformée généralement en pinite, montrent au microscope une pâte amorphe, à structure sensiblement fluidale et contenant des globules gommeux.

Dans les porphyres triasiques, on voit au microscope des gros globules vitreux, un magma en partie vitreux, en partie cristallin et des sphérolithes à croix noire entre des niçois croisés. Quelque-

fois, au contact de la roche enciissante, le porphyre prend une structure schisteuse.

Porphyres bréohif ormes [Porphyrbreccie^ ail., brèches porphyrigues). — Dans certains cas, limasse du porphyre s'étanl brisée pendant son soulèvement, les fragments ordinairement anguleux ont été ressoudés par une pâte euritique, plus ou moins abondante, d'un rouge brun ou bleuâtre, verdâtre, etc. Les roches de celte nature recouvrent les porphyres proprement dits et alternent quelquefois avec eux. Au contact des porphyres et des roches encaissantes, elles proviennent du frottement des uns contre les autres, et sont formées parle mélange des débris anguleux de la roche éruptive et de ses salbandes.

Mimophyres. — Schistes argileux où ont pénétré des éléments de porphyres, feldspath, etc., dont les cristaux donnent à la roche un faciès porphyroïde.

Tuf porphyrique. — Roche terreuse, de couleurs très variées, quelquefois bigarrées, à grains très fins, constituée par l'envasement de matériaux porphyriques, en partie décomposés, qui ont dû être amenés au jour avec les porphyres eux-mêmes. On y observe souvent des cristaux de feldspath, de mica., des grains de quartz ; dans leur voisinage, on observe des cendres, des lapillis porphyriques, quelquefois non remaniés par les eaux.

Les micro^ranites et porphyres quartzifères donnent lieu à des sortes d'auréoles de brèches et de conglomérats.

Quelquefois les masses porphyriques, comme il a été dit plus haut, présentent sur leurs bords des bandes bréchoides, formées de morceaux de porphyre brisés, ressoudés par du porphyre encore pâteux. On les appelle en général brèches de froissement.

Argilophyres — Ce sont des tufs argileux, bruns, verts, qui établissent le passage entre les porphyres et les schistes argileux.

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