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CHAPITRE IV

ÉLÉMENT DOMINATEUR PYROXÈNE. ROCHES A FELDSPATHS CALCOSODIQUES.

Pre? j»i9 toujours, le* espaces minérales du groupe de3 véritable? bisilicates, soit clinorhombiques (diopside, diallage, augite), soit orthorhombiques (bypersthène, bronzite, ensfatite), sontassociées à des feldspaths alcalino-terreux.

Type granitolde.

Diabaso (Ophitone de Gordier). — Le nom de Diabase avait été créé par Brongniart pour la roche appelée déjà diorite par Haûy,

De lui-même, Brongniart avait retiré de la nomenclature ce mot qui faisait double emploi. D'un autre côté, Gordier, auquel on doit la première détermination précise de la composition minéralogique des basaltes, a donné il y a longtemps, au Muséum, dans ses leçons publiques, une classification excellente pour l'époque des roches pyroxéniques; il appelait ophitone le mélange de pyroxène et de feldspath gras encore indéterminé, d'âge prétertiaire. Cependant le nom de diabase reparaissait à l'étranger, mais appliqué à la roche dont il est ici question. ■ Le nom de Diabase est appliqué maintenant à une roche mas* sive, grenue, composée de feldspaths alcalino-terreux, d augite, de magnétite et d'une matière verte de la nature des chlorites, qu'on regarde comme un produit de décomposition.

Dans quelques-unes, l'olivine joue un rôle assez important pour qu'on puisse distinguer, avec Rosenbusch, celles qui renferment de l'olivine de celles qui n'en contiennent pas.

Minéraux accidentels : pyrites, œil-de-ckal, épidote.

La proportion de silice y varie de 45 à 53 o/o ; la densité est

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d'environ 2,8 ; elie atteint a, g3 dans un certain nombre de variétés à grains fins de la Suède et du nord de l'Irlande.

Les diabases sont des roches éruptives antérieures aux terrains tertiaires, qui ont, avec les mélaphyres, les mêmes connexions que les dolérites avec les basaltes. Elles montrent certains caractères de la structure ophitique.

Variétés : D. à grains moyens (des terrains silurien et dévonien); D. à grains fins (des terrains carbonifère, peronien et triasique) ; D. schisteuse, d'un vert grisâtre ou noirâtre (Elbingerode, Hartz; Zwickau, Saxe); D. ealcarifèrey contenant beaucoup de grains calcaires parmi leurs produits de décomposition, et devenant assez tendre pour être rayée par une pointe d'acier; très facilement fusible; D. amygdalaire* à cavités remplies de calcaire. Dans les cavités, on rencontre avec le calcaire du quarlz, de l'albite, de l*épidote,de la datolithe, de la chabasie, de l'analcima et autres zéolithes ; à Kewenaw- Point, lac Supérieur, du cuivre et de l'argent natif, produits par réduction. Souvent les diabases ont une surface chagrinée, dont les parties creuses tiennent à la disparition de leur élément feldspathique altéré. La décomposition de ces roches donne lieu à la formation d'une argile marneuse, mêlée de grains noirs d'augite.

Le feldspath, souvent méconnaissab'e à cause de ses altérations, est strié lorsqu'il est frais. Sur les sections parallèles au plan #*, les extinctions se font sous des angles plus élevés que dans le labrador, bien que l'analyse en fasse rapporter les cristaux à cette dernière espèce. Ces cristaux ne paraissent pas cependant tous attaqués par l'acide chlorhydrique bouillant. Ils se composent de lamelles réunies avec inversion suivant la loi de l'albite, qui se groupent de nouveau en se pénétrant suivant la loi de Carlsbad. Ils contiennent des inclusions vitreuses et des cristaux microscopiques d'augite et d'apatite; ils sont quelquefois kaolinisés, ou transformés en épidote, par adjonction de fer, avec séparation de quartz.

Au feldspath bioblique se mêle souvent une petite quantité d'orlhose.

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L'augi te forme, en général, des grains irréguliers, à groupements simples ou polysynthétiques, ou des bandelettes entre les feldspaths, sillonnés ordinairement de stries comme la diallage, et de couleur généralement pâle, tirant sur le brun et le jaune, ou même sur le violet. On rapporte à la cblorite la matière fibreuse qui colore si souvent la masse en vert. Cette variété de chlorite, appelée viridite, est assez abondante et accompagnée d'épidote, de calcédoine et de spbène.

Une partie des diabases de la basse Silésie contiennent, parmi leurs éléments essentiels, de la hornblende polychroïque (bleu violacé et jaune clair), souvent groupée avec l'augite, de façon que les deux substances ont leurs axes parallèles, enfin, de l'Ouralite ; l'ouralitisation de l'augite caractérise les diabases cambriennes qui passent aux amphibolites. Comme produits de décomposition ou de formation secondaire, se rencontrent aussi, dans cette roche, de la chlorite, du calcaire de l'oligiste et le leucoxènede Giïmbel accompagnant le fer titane (massif de Beyricb). Décomposée, la roche présente un agrégat de quartz, de calcaire, de chlorite, d'épidote et d'oxydes de fer. Cette roche passe aux diorites. Comme types de diabases, on peut citer les trapps de l'Ecosse occidentale et des Hébrides. Ceux de l'île d'Arran contiennent du quartz, qu'on regarde comme de première formation.

11 en est enfin qui contiennent tant de calcaire que les anciens auteurs en avaient fait une roche particulière sous le nom de " diabase calcarifère (Kalkdiabas) ; souvent le calcaire donne à ia roche un aspect variolitique. Les diabases ont une tendance très marquée vers la texture schisteuse. Dans le pays de Nassau, on a donné le nom de Schalslein à une de ces roches, qui se compose souvent d'écaillés ou de tuniques concentriques comme celles d'un oignon. On a même émis l'opinion que certaines de ces roches à texture schisteuse pourraient avoir une origine vraiment sédimentaire et être devenues cristallines par des actions postérieures. La diabase est apparue dans les étages les plus anciens, dans le précambrien du Beaujolais, le silurien du Harz et du pays de

Ayrshire, Eeo«se.

Pholo. du Geoi. Survey.

Vù-rt-uin la pige 553.

Galles, le dévonien et le carbonifère d'Ecosse ; elle a formé les palissades d'Hudson dans le trias de l'Amérique du Nord; elle a bouleversé les calcaires secondaires de la côte occidentale des Andes, le crétacé de la Silésie et de. la Moravie. La monzonite est une diabase du Muschelkalk du Tyrol.

Ophites des Pyrénées. — Palassou a donné ce nom à un ensemble de roches éruptives des Pyrénées qu'on rattachait aux diorites. On les regardait comme composées d'un feldspath plagioclase et d'amphibole. A l'œil nu, beaucoup d'ophites paraissent un mélange grenu de hornblende, fibreuse, d'un noir verdâtre et de plagioclase ; certaines pourtant tendent vers la structure porphyroide.

Depuis les études de M. Michel Lévy, on les regarde comme composées d'ouralite (pyroxènes aciculaires associés en masses à clivages amphiboliques) et de plagioclase (oligoclasedu Labrador), et enCn, de quartz granulaire. Accessoirement : oxydes de fer titanifères, pyrite, épidote peu dichroïque, calcite, mica, rutile.

Ces roches sont souvent divisées en colonnes, subdivisées quelquefois elles-mêmes en boules. Elles paraissent avoir transformé en marbres les calcaires de Saint-Béat ; leur influence métamorphique a enrichi en espèces minérales les marnes gypseuses du trias; mais quelques-unes paraissent aujourd'hui contemporaines des derniers grands mouvements de la chaîne pyrénéenne, c'està-dire des derniers jours du nummulithiqne. En Algérie, les ophites sont tertiaires.

Dolérites. — Ce nom a été donné par Haùy aux roches composées de feldspaths et de pyroxène. Ce sont des diabases récentes, tertiaires ou postertiaires : elles offrent les caractères des diabases grenues.

Éléments essentiels : augite et feldspaths alcalino-terreux.

Ceux-ci appartiennent, en général, au labrador. Ceux de labrador et d'augite sont généralement entrelacés.

Le pyroxène contient des inclusions microlithiques et passe à la diallage.

11 y a souvent un peu de matière vitreuse. La structure est ordinairement ophitique.

Éléments accessoires : fer titane, p'us abondant que la magnétite, en grains, en octoèdres, souvent accompagnés d'une matière grisât re ou rdugeâtre, faiblement translucide, que Gûmbel a appelé leucoxêne et que les uns regardent comme de l'acide titanîque, les autres comme du sphène.

Cklorite. '■ — Une matière chloriteuse s'interpose dans les fentes du feldspath, qui se retrouve dans la masse; c'est un produ t de décomposition.

Éléments accidentel : népkéline, anorthite, analcine en cubotrapézoèdres, souvent limpides, mélanite en rhombododécaèdres noirs ; mica magnésien, pyrite, etc.

Dolérites d olivines. — Aux éléments essentiels des dolérites s'ajoute le péridot en cristaux cassés, plus ou moins altérés.

On doit distinguer, suivant la nature du feldspath, les dolérites andésitiques, labradoriques et anorthiques (fîg. 3o6).

Teschénite. — Roche grenue, ancienne, formée de cristaux de felJspaths alcali no terreux enveloppés d'éléolilhe, d'amphibole et d'augite, avec chlorite et calcaires accessoirement : sphène et mica.

Type porphyrolde

Mélaphyres ; labradorites à angite et basaltes. — Lorsque les éléments des diabases ou des dolérites présentent le type porphyroïde ou microlithique, les roches auxquelles ils donnent lieu ont reçu bien des noms et coûté de bien nombreuses recherches aux géologues et petrographes les plus éminents. Au moyen âge on a nommé trapps des masses minérales éruptives, de faciès homogène, où Ton ne distingue aucun élément isolé de pêle-mêle général, qui ne montrent des individus reconnaissables qu'au contact des roches encaissantes et qui, après avoir souvent injecté, autour des grandes crevasses qu'elles ont remplies en forme de

ng. 306. — DOLÈHTTE LAMUDOMQtJF. D'OÏIFAK (SMEIJUni),

(Page U*\

Grossissement = 21 diamètres. Lumière polarisée,

niçois à 45°,

Cette roche perce et disloque des couches miocènes riches en lignite. Le dessin représente les minéraux suivants :

I. Spinelle (37), fer oxydulé en inclusions dans le labrador, labrador (7).

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