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Sauvage a observé que les schistes d'un vert grisâtre de Deville abandonnent ia,36 o/o à HCl, puis 43,34 à l'acide sulfurique concentré bouillant et à la potasse; le reste 44,3 o/o de la masse consiste en quartz et en un minéral alcalin. Il a constaté aussi que ceux de Monthermé perdent 21,59 ^ans HCI; 45*49 lorsqu'on les traite par l'acide sulfurique- concentré, puis par une dissolution de potasse; il reste 32,92 de la roche employée élant un mélange de sable et de paillettes de feldspath. List, auquel on doit l'analyse des schistes verts du Taunus, a pu en dissoudre 17,889 en les traitant d'abord par de l'acide chlorhydrique étendu, puis par une dissolution concentrée de carbonate de soude; l'acide concentré dissoudrait environ 16 0/0 d'oxyde de fer. Les 81 0/0 non attaqués se composent de sérécite et de quartz ; environ 2 fois et demie plus de sérécite que de silice libre.
Nous avons constaté que les phyllades à schistosité perpendiculaire à la pression (du carbonifère do la rue du Préau-Sainte- Catherine, à Laval), ne perdent que 8 0/0 dans HCl, mais sont complètement attaquables par l'acide sulfurique concentré.
Au chalumeau, ces roches se comportent de manières très différentes. Celles qui sont riches en oxyde de fer deviennent plus ou moins rougeâtres ; ces variétés, que ternit leur mélange avec une trop grande quantité de particules charbonneuses, prennent souvent un éclat nacré, lorsqu'on les décolore, en les portant à une température suffisante pour brûler leur charbon (Ex. Ph. maclifères des environs de Luchon, Hautes-Pyrénées). Leur poussière a le toucher doux. Ils fondent au chalumeau, tantôt difficilement (P. de la Tarentaise, des environs de Lamure, Isère; P. macliferes des Pyrénées ou de la Bretagne), tantôt facilement (P. à cassure esquilleuse des Pyrénées; de Laval, Fumay, Ardennes], quelquefois en s'exfoliant (P. de la Nouvelle-Calédonie).
(1) Voy. CariuB. Ann. Ch. Ph. 94.53. 1855. — Bischof Lehrb. Chem. geol. 2. 993 et 995. 1851. — Kjerulf. 1. pr. Chem. 65. 194. 1855. — T. S. Hunt. Phit. Magas. (4) 7. 237. 1854. — Sauvage. Ann. min. (4). 7. 420. 1845. — Jannettai. Bull. $oe. géol. Pr., 3« série, t. IX, p. 207, t. XII, p. 219 et suiv.
Phyllites. — Roches schisteuses, grises, d'un gris verdàtre, jaunâtre, bleuâtres, parfois d'un bleu foncé, rougeâtres, violacées, quelquefois noires, à éclat soyeux, nacré sur les faces de clivages. Leurs éléments forment comme une sorte de pâte où Ton a pu discerner ensemble, ou les uns saus les autres, comme éléments essentiels; des micas voisins des séricites en paillettes ou en membranes; des chlorites, du quartz en nodules, en lentilles, en filaments circulaires, formant quelquefois avec du mica et surtout de la chlorite des nodosités transversales, des feldspath*, surtout les calcosodiques simples ou groupés, à contours mal définis, des oxydes de fer, surtout l'oligiste, enûn une matière amorphe qu'on croit être un silicate d'alumine hydraté. On y rencontre aussi des matières cristallisées nombreuses résultant sans doute d'apports postérieurs à la formation de la roche primitive; avant tout en assez grande abondance du rutile en prismes très déliés et simples, ou montrant les groupements ordinaires de cette espèce et particulièrement celui qui caractérise la variété appelée sagénite, ordinairement des très petites aiguilles de tourmaline, quelquefois terminées par des sommets rhomboèdriques, du calcaire, de Vépidote, moins fréquemment de l'amphibole, de Yapalite, des grenats, et plus rarement encore du sphène, des matières charbonneuses, et souvent visibles à l'œil nu, delà pyrite, de la magné ti te, de Yoligiste.
Quelques-uns de ces schistes contiennent certaines espèces minérales bien cristallisées, en assez grande abondance pour recevoir des noms particuliers.
Schistes macliféres. — La macle parfois en cristaux imparfaits remplace presque entièrement le quartz ; elle forme quelquefois de simples taches ; souvent elle se présente en cristaux qui offrent dans leurs sections les mélanges de parties noires et blanches caractéristiques (voy. andalousite) et qui soulèvent autour d'eux la roahe aux feuillets de laquelle ils donnent un aspect bossue, raboteux, ou bien qui se fondent peu à peu dans la masse.
Schistes graphiteux. — Ils contiennent du graphite en lamelles
ou en petites masses lenticulaires, quelquefois en grande abondance.
Schistes à dipyre. — J. de Charpentier avait indiqué de très petits cristaux arrondis de^ipyre dans un schiste noir sur la rive droite du Lès, à peu de distance de la forge d'Angoumer, près de Luzenac (Ariège). On connaît aussi des cristaux d'un lilas clair, disséminés dans une matière argilo talqueuse, renfermant des blocs calcaires, et formant l'ilot de Labarens, près Mauléon(i).
Schistes à séricite (sericitschiefer, sericitphyllit). — Roches à schistosité fine, à teintes claires, à éclat gras, talqueux, mais essentiellement formées de silice, d'alumine et de potasse sans magnésie. Elles font partie de la zone de contact des schistes argileux et du granité. Elles sont composées d'une pâte cryptocristalline uni réfringente, qui relie entre eux de nombreux grains de quartz et des lamelles ou esquilles de séricite tapissant la surface des plans de schislosité. La roche* fond difficilement au chalumeau en émail nébuleux. M. Gredner a observé dans la pâte des séricitphyllites de3 environs d'Hainichen des microlithes et des trichites en très grand nombre .
Schistes à ottrélite. — A Ottrez, près Stavelot, à la frontière de la Belgique et du Luxembourg, dans la vallée d'Ossau, Bisses- Pyrénées, les schistes siluriens renferment en assez grande abondance des lamelles hexagonales d'ottrélite. Ceux de Berge-Enveloppe, près Monthermé et d'autres localités des Ardennes en contiennent aussi en paillettes entièrement fines, souvent microscopiques. Accessoirement, mica d'un blanc d'argent. Une variété violette de cette contrée est colorée par des oxydes de fer et contient de la chlorite et un peu de calcaire.
Schistes d masonite de Taulé, Finistère. — Ce serait des talcschistes renfermant la substance minérale appelée masonite. A Natic-Rhode, Islande, on trouve la masonite dans un schiste argileux.
(1) V. De* Cloizeanx. Manuel de minéralogie, t. I, p. 232.
Schistes à phyllite. — Schistes cristallins des monts Notre- Dame, au Canada, renfermant la matière appelée phyllite par Sterry Hunt, en masses lamellaires, en agrégats sphéroïdaux formés de lames clivables à éclat vitreux, sur le% faces de clivage, gros dans les autres directions de cassure.
Schistes à sismondine. — Sorte de schistes chloriteux renfermant la sismondine en petites masses feuilletées, en lames ondulées.
Schistes à chloritoïde. — M. Barrois a montré que dans 111e de Groix(i) les schistes cristallins fort étendus, qui occupent presque en entier la presqu'île de Rhués, contiennent en grand nombre des lamelles d'une matière qui a tous les caractères de la chloritoïde H'FelfgfAl^SiO*, clinorhombique, à clivage basique, où l'angle des 2 axes optiques 2V = 45 à 5o° p > v ; la dispersion y est horizontale, la bissectrice aiguë presque normale à la base. Pléochroïsrae intense, vert olive suivant n?; bleu indigo suivant n", jaune verdâtre suivant np.
On rencontre des schistes au Massachusets où la chloritoïde se présente en lames d'un vert sombre.
Leptynolithe. Cordier. Roche plutôt schistoïde que schisteuse. Elle est composée d'orthose granuleux, de très petites paillettes de mica, avec taches de macle et quelquefois colorée en noir par du graphite.
Schistes à paragonite. — Roche à faciès talqueux, de monte Gampione au Saint-Gothard, à structure schisteuse, à cassure écailleuse ou compacte, à poussière onctueuse, assez tendre pour être rayée par l'ongle. Densité, 2,i5. — La paragonite, silicate d'alumine et de soude, en est l'élément essentiel sous la forme de paillettes hexagonales ou de petites bandelettes dans la roche, qui renferme les beaux prismes allongés de disthène bleu, souvent groupés avec des prismes nettement cristallisés de staurotide brune ou s'entrecroisant avec eux; elle y a pour densité 2,77. H
(1) Bull. Soc. min. de Fr., t. VII, p. 37.
s'y mêle du lépidomélane, mica noir de corbeau, noir bleuâtre en sections minces, à éclat adamantin, presque métallique, quelques cristaux verdàtres très dichroïques d'épidote ou d'amphibole, et, d'après von Lasaulx, une quantité considérable de très petits microlithes semblables à des stries parallèles ou croisees.
Nous avons analysé une roche à structure fibreuse qui se trouve pincée dans le calcaire carbonifère de Changé, près Laval (Mayenne) , et qui se compose essentiellement d'une masse à éclat gras, à poussière aussi onctueuse que celle du talc, d'un blanc verdàtre, facile à rayer par la pointe d'un burin, assez facilement fusible au chalumeau en émail blanc, attaquable par l'acide sulfurique concentré, se transformant à peu près complètement en silicate gélatineux, lorsqu'on la traite par une dissolution chaude de carbonate de potasse, offrant la composition chimique et la densité delà paragonite du Saint-Gothard, et décomposable à un fort grossissement au microscope en fibres courtes, isolées, fusiformes, qui s'éteignent parallèlement à leur longueur, entre deux niçois croisés. La paragonite est généralement mêlée dans cette roche de cristaux de quart zbi pyramide à dimensions assez grandes pour être reconnaissables à l'œil nu (1).
Sa densité est de 2,765. Elle est composée de : silice 4;^ ; alumine 37,7 ; soude <>4; potasse 3,6 ; eau 5,2 et sa formule chimique peut s'écrire (Ki,N,,HijOAlfO,2SiO,=z:(K,Na,H)AlSiO*. Dans son Traité de géologie, p. 694, M. de Lapparent a cru devoir donner à cette roche le nom de blaviérite, en l honneur de Blavier, qui a publié un ouvrage estimé sur la géologie de la Mayenne. Mais Blavier la regardait comme une stéatite. La blaviérite se kaolinise par places et quelquefois elle est colorée en noir par une matière anthraciteuse. Au quartz bipyramidé s'y mêle du quartz grenu.
Phyllades de d'Aubuisson [Schistes argileux y killas).
Roches schisteuses ayant la même composition que les phyllites
(1) E. J. Bull. Soc. géol. de Fr., 3« série, t. X, p. 396.
avec un peu plus d'éléments élastiques, c'est-à-dire de sable quartzeux, un aspect plus mat. La niasse fondamentale parait encore se rapprocher de la séricite ou de la pyrophyllite. Les éléments accessoires sont encore les mêmes et y présentent les mêmes caractères microscopiques. Le rutile y semble encore plus abondant ; la tourmaline, quoique moins abondante, y est très caractéristique, mais en cristaux qu'on n'aperçoit qu'à de forts grossissements.
Dans les phyllades rouges il y a du fer oligiste, dans les noires des matières charbonneuses. Le quartz y brille souvent de couleurs vives en lumière polarisée sur le bord des plages ordinairement irrégulieres qu'il occupe, où il est mêlé de mica; il contient quelquefois des bulles mobiles.
M. Barrois a signalé des petits cristaux de fedlspath très nets dans les schistes de Horns (Asturies). Aux environs de Leifour (Àrdennes), les cristaux de feldspath donnent au schiste l'aspect d'un porphyre. On y observe aussi une matière monoréfringente en membrane extrêmement mince, que les uns croient être une variété d'opale, mais qui est sans doute une matière micacée, trop mince pour agir en lumière polarisée. Dans certains phyllades, par exemple aux États-Unis, cette matière est prédominante dans la roche.
Les phyllades présentent beaucoup plus fréquemment que les autres roches les deux clivages produits par les pressions latérales pendant les convulsions du sol. Aussi ces roches fournissentelles les ardoises les plus estimées, celles qui sous une très faible épaisseur conservent assez de ténacité pour servir à la couverture des toits (schistes tégulaîres).
Schistes lustrés de la Tarentaise. — Le quartz y est associé à la séricite et souvent à du calcaûe; le tout est ordinairement cimenté par du feldspath qu'on rapporte à l'albite.
Schistes du carbonifère. — Les schistes de la rue du Préau* Sainte- Catherine, à Laval, m'ont paru consister en fibrilles de pyrcphyllite mêlés à un peu de sable quartzeux et à des grains de feldspath; le tout coloré par un peu de limonite; dans la partie
où la schistosité est perpendiculaire aux bancs, la pyrophyllile se rassemble en sortes de membranes parallèles à la schistosité.
Dans les schistes de Vénosc (Isère), on retrouve aussi des fibrilles, mais s'éteignant à 30 degrés de leur longueur, et ressemblant à des lames ihombiques d'une substance micacée, allongées suivant ta petite diagonale de la base.
Dans les schistes de Bourg-d'Oisans, on voit au microscope une grande quantité de grains de calcaire qui brillent des plus vives couleurs au milieu d'une argile où Ton distingue aussi une substance fibreuse, qui s'éteignent en lumière polarisée parallèlement à leur longueur.
La proportion d'alcalis et surtout de soude toujours considérable dans ces sortes de roches, que j'ai retrouvée assez grande encore dans les calcaires schisteux de nummulitique de Saint-Julien de- Maurienne, montre que ces roches ont dû recevoir des apports souterrains de vapeur d'eau et de sources minérales, qui, aidées d'une haute température et d'une pression considérable ont déterminé la cristallisation d'une partie plus ou moins grande des éléments.
En Allemagne, on appelle griffelschist des roches schisteuses qui présentent deux directions de fissilité à peu près égales et qu'on peut, à cause de cela, diviser facilement en baguettes, par exemple au Felberg, entre Sleinherde et Sonnenberg, Thuringerwald.
Novaculite (coticule, pierre à rasoir, à calumets, razor-hone, angl.; rasirmesserstein, ail.). — Phyllade imprégné de silice qui en augmente la dureté, qui la rend moins Gssile et qui lui donne Une cassure un peu conchoïdale.
Les schistes d'Oltrez passent souvent à cette variété.
Gisements. — Les phyllades enveloppent les micaschistes et se moulent sur eux. La plupart appartiennent aux terrains de tran-
(1) P. Renard. Mémoires savants étrangers. Académie de Belgique, 1878.
(2) Kalkow9ky. Die Thonschiefernade/chen; Neues Jahrb., 1379, 382.
(3) Mallard. Bull. Soc. min. de Fr., t. 111, 1888, p. 101.
sition; l'on en connaît quelques-uns tout à fait exceptionnels dans la formation crétacée du Caucase et dans le Flysch (éocène de la Suisse). A l'autre extrémité de la série des roches stratiformes ils alternent avec les schistes chloriteux et talqueux, dans plusieurs parties des Alpes du Salzbourg, en Slyrie, en Silésie, etc., avec des grès, des argiles, des calcaires, en Bohême, en Angleterre, dans le Hartz. Ils constituent des masses puissantes, plissées, ondulées, parfois redressées en escarpements abrupts et stériles. Des régions, considérables dans les Ardehnes, la Bretagne, l'Angleterre, les Pyrénées, les Alpes, la Bohème, l'Altaï, etc., sont entièrement composées de ces schistes.
Argiles schisteuses (Clay-state, angl. Schiste commun). .— Roches à texture émineminent schisteuse, composées surtout d'argile indélayable dans l'eau, mêlée souvent de mica en paillettes plus ou moins visibles à l'œil nu, et ordinairement de grains de quartz. Ce sont des silicates d'alumine, qui renferment ordinairement de 4 à 5 o/o d'eau, et quelquefois davantage. Souvent les schistes des terrains de transition offrent nettement cette fissilité particulière, qui a été appelée le clivage, dans les phyllades; ils sont aussi très compacts, et leur surface de cassure est lisse. Mais en général ils sont plus mous, et leur toucher est un peu plus gras; ils n'ont plus autant de cohérence, de sonorité; ils sont plus ou moins ternes et prennent l'aspect terreux, surtout lorsqu'on les a décarburés par la chaleur. Ils contiennent plus d'éléments élastiques que les phyllades. Ceux des terrains supérieurs ont un grain de plus en plus grossier; ils sent plus friables, et leur stratification devient plus apparente. C'est à ceux-ci qu'on pourrait appliquer la dénomination d'argiles schisteuses. Quelquefois, des paillettes de mica, répandues abondamment sur leur surface de cassure, leur donnent un certain éclat (schistes des terrains houillers); mais Ton reconnaît facilement le fond terne sur lequel scintillent ces points brillants.
Nous avons eu occasion d'examiner des schistes houillers des environs de Vernayaz, dans la vallée de Salvan. Ils offrent le grain
le plus grossier et la texture la plus compacte. Ceux à gros grains, difficilement fusibles au chalumeau, sont formés des éléments du granité, mica en membranes ondulées, en lamelles hexagonales, quartz granuleux, avec plages vertes, d'une matière chloriteuse. Dans les variétés à grains fins, on observe des grumeaux bruns d'une matière argileuse mêlés à des fibres vertes d'une matière chloritoïde qui s'entrecroisent avec d'autres incolores qui paraissent se rapprocher de la pyrophyllite, ou mieux encore de la paragonite.
Ces roches sont fusibles au chalumeau. Elles contiennent souvent des matières charbonneuses, ou même des bitumes. L'on y rencontre aussi de la pyrite9 de la blende, de la galène, des rognons de fer carbonate lithoïde (terrain houiller), des empreintes de poissons à écailles, remplacées par des sulfures de cuivre (schistes bitumineux noirs, cuprifères ou kupferschiefer du Permien). Elles forment des couches importantes colorées en rouge par de l'oxyde de fer, dans l'étage des grès bigarrés, dans celui du Keuper. L'on en a retrouvé dans la formation des lignites de la Bohème. On a observé des cristaux microscopiques d'anatase dans les schistes argileux du muschelkalk de Wursbourg (Credner).
On peut classer parmi les argiles schisteuses proprement dites celles du dévonien, du trias, grès bigarrés, argiles ou marnes irisées qui doivent leurs irisations surtout à des oxydes de fer.
Argilite. — On donne quelquefois ce nom à des schistes argileux compactes, très riches en silice.
Ampélite (Schiste alumineux, ampélite graphique, alaunschiefer). — Schiste argileux, tendre, mat, noir, imprégné d'anthracite pulvérulente, et de pyrite» dont le soufre s'oxyde et forme un sulfate soit avec le fer qui lui était combiné, soit avec l'alumine de la roche. Les sulfates auxquels donne lieu sa décomposition facile la font employer comme amendement pour la vigne. Lorsque la proportion de carbone y est considérable, Tampélite est utilisée comme crayon noir.
Dans ses cavités la roche renferme des cristaux de barytine, de
quartz, de pyrite ou de marcassite; elle est souvent riche eu ma* tières organiques.
Euritine, Cordier (adinote de plusieurs auteurs, halleflint, felsitschiefer, hornschiefer de Lossen, porphyrolde de Zirkel). Schistes à grands traits, souvent plutôt veinés que feuilletés, finement grenus, à teintes claires, difficilement fusibles au chalumeau, d'une grande dureté, à cassure finement esquilleuse, souvent un peu conchoîdale, compactes ou grenus, composés essentiellement d'une masse microcristalline, de quartz et de feldspaths calcosodiques, ou d'albite et de microcline, qu'on aperçoit quelquefois en cristaux très petits, quelques grains de magnétite, et, comme produits de décomposition, de la chlorile et des oxydes de fer. En s'adjoignant quelques paillettes de mica, ils passent aux micaschistes.
D après Credner (i), les cristaux de feldspath sont couchés sur leur face g\ parallèlement aux plans de schistosité. D'après Zirkel, ils contiennent des microlithes d'un élément caractéristique des phyllades, la tourmaline. L'élément micacé est séricitique. Éléments accessoires : magnétite, d'un noir bleuâtre en lumière réfléchie ; hématite y chlorite, mica et surtout séricite. En bloc, ils renferment environ 7 5 0/0 de silice, 12 d'alumine, 6 à 7 0/0 de soude, un peu d'oxydes de fer, de chaux, de magnésie, etc.
Credner a observé ces schistes aux environs d'Hainichen, en formation indépendante, de l'âge des phyllites et passant, dans leur partie inférieure, aux micaschistes qui recouvrent comme un manteau la formation de granulite. Ils paraissent également indépendants des roches éruptives dans le Taunus. A l'euritine se rattache l'adinole.
Adinole. — Beudant, Min. t. II, p. 126, a donné ce nom à un pétrosilex de Salberg, difficilement fusible en émail blanc au chalumeau et contenant : silice 79,5; alumine 12, a; soude 6 ; magné-
(1) Credner. Das Grilnschiefer System oon Bainichen. Zeitschrifl fur die Gesellachaft der Naturw. Halle, 1876.
sie 1,1 ; oxyde de fer o,5de Salberg, Suède. Des Cloizeaux regarde cette matière comme un mélange d'albite et de quartz, et comme formant une roche intercalée dans les schistes cristallins et siliceux. Zirkel la considère comme une roche distincte qui accompagne les schistes siliceux (Hartz), mais qui se rencontre égale* ment au contact des schistes et des diabases grenues.
Phtanites {Schistes siliceux). — Sorte de jaspe noir, ou mieux, de quartz compacte, mêlé d'argile, de carbone et de sesquioxyde de fer. Les couleurs dominantes de ces matières sont le noir, le brun, le verdâtre, qui s'associent suivant les dispositions les plus variées. Souvent les phtanites ressemblent au pétrosilex; mais ils sont infusibles. La proportion de silice y atteint 96 0/0, ou bien elle descend au-dessous de ;5 0/0 (passage à l'argilite).
Celte roche présente souvent des feuillets d'une très faible épaisseur; elle abonde dans les terrains de transition, surtout au voisinage des mélaphyres [Bohème, forêt de Thuringe, etc.); dans le carbonifère (Belgique) ; elle se rencontre aussi dans les terrains secondaires.
Les phtanites passent souvent au schiste argileux ou aux quartzites.
Hornstein. — On réserve ce nom à un schiste siliceux, compacte, infusible, contenant quelquefois de la dolomie, mais formé en grande partie d'épongés, de radiolaires et de diatomées.
Roches métamorphiques de contact.
Certaines roches sédimentaires ont reçu des apports qui les ont métamorphisées ; elles ne présentent plus de schistosité indépendante de la stratification ; on les rencontre en général au contact de roches éruptives.
Hornfels Werner (Cornéenne, Roche de corne). — C'est une roche compacte, dure, à teinte claire en général, à cassure finement esquilteuse et d'aspect corné. Cordier a réservé le nom de hornfels à des roches intercalées dans les terrains cumbriens et
dans les parties inférieures du silurien, fusibles au chalumeau en verre clair parsemé de points noirs, ayant pour densité 2,79 et qu'il regardait comme composées de feldspath compact et de mica noyés dans un ciment quartzeux. Les hornfels n'ont pas fous la même composition. Un certain nombre semblent avoir pour fond une pâte de micaschiste. Un des mieux étudiés, peu fusible, est celui qu'on voit au contact du massif granitique du Ramberg. D'après Rosenbusch, il est formé essentiellement de quartz, mica magnésien avec magnétile. Il renferme en même temps de l'andalousite en prismes rhombiques, presque carrés, qui s'éteignent suivant leurs diagonales, et des sections rectangulaires qui s'éteignent suivant leurs côtés. On y rencontre aussi des cristaux de quartz et de cordiérite. Ces cristaux englobent une matière visible et jaunâtre pour certaines directions, invisible pour d'autres en lumière naturelle, qui leur communique en lumière polarisée un polychroïsme intense rappelant celui que Senarmont a donné artificiellement à des cristaux incolores par eux-mêmes au moyen de teintures ; c'est un pigment organique qui disparait quand on en élève suffisamment la température.
Lossen, qui a examiné, de son côté une de ces pierres provenant du flanc oriental du Ramberg, Ta décrite comme composée d'une masse fondamentale, limpide, dont on ne peut affirmer provisoirement la nature opaline, et qui contient un grand nombre de trè3 petites paillettes de mica.
Pour Rosenbusch;- on n'y trouve du feldspath qu'exceptionnellement. Dans ce cas, le feldspath proviendrait du granité.
Lossen critique la dénomination de hornfels appliquée à des masses qui n'ont de commun que leur faciès définitif, et qui dérivent de roches originairement très différentes, telles que des schistes argileux, des grau wackes, etc.
Spilosite. Zircon. — Cette roche se trouve au contact des schistes et des diabases ; elle se distingue de la précédente par sa teneur généralement faible en quartz. Von Lasaulx et J*>ssen ont étudié des échantillons du Hartz. Lossen a examiné spécialement
la spilosite de Heinrichbourg ; il y a reconnu d'abord une masse fondamentale transparente, uniréfringente, qu'il regarde comme pouvant être un silicate à l'état amorphe, et empâtés par le ciment de nombreux éléments cristallins et des nodosités.
Les premiers consistent en : i° innombrables petites paillettes de mica ayant toutes leurs bases parallèles à la schistoeité, même dans les enveloppes concentriques ou tangentielles qu'elles forment autour des nodosités; a° petits amas d'un vert jaunâtre de petites paillettes de chlorite, moins transparentes et moins vivement colorées que celles du mica, et formant des espèces de pelotons semblables aux nodosités véritables; 3° petits flocons troubles, opaques, d'un gris noirâtre, mais d'un gris verdâtre et translucides sur les bords en lumière transmise â un plus fort grossissement, qui sont sans doute un mélange de chlorite et de débris terreux de la roche échappés à la transformation générale; 4° petits grains noirs, mats» vraisemblablement organiques.
Les nodosités, verdâtres ou d'un vert jaunâtre, sont de petits disques transparents à bords foncés, circulaires, ovales ou irréguliers, qui renferment le silicate amorphe limpide et les substances décrites aux numéros 3 et 4.
Rosenbusch a retrouvé dans les spilosites du Hartz toutes les matières décrites par Lossen, excepté le silicate des masses transparentes qui lui paraissent composées de paillettes de mica d'une petitesse extrême. Enfin, on reconnaît dans ces roches la présence de petits grains et de petites aiguilles de quartz, d'albite et d'actinote.
Leptynolithe. — Ce nom a été donné par Cordier à une roche, qui est, à l'égard des minettes, ce que le gneiss est à l'égard des granités. Cette roche, d'un gris plus ou moins noirâtre, schistoïde ou tabulaire, est formée surtout de mica, auquel s'associe du feldspath. Elle se rattache aux schistes cristallisés.
Souvent elle est comme maculée par une matière noire extérieurement, mais blanche dans la rayure. Elle prend alors le nom de schiste tacheté, dont les taches produites par une matière orga-
•nique, comme Ta montré Rosenbusch, ont la forme de gerbes, de mouchetures {garbenschiefer, fleckenschiefer des auteurs allemands). Les colorations sont dues à de l'ocre jaune dans les roches de Tirperedorf, près Oblitz.
Le plus souvent ces sortes de schistes contiennent peu de feldspath. Leur composition minéralogique les rapproche des micaschistes;- mais ce sont des modifications de schistes argileux au contact des granités.
Ceux de Wesenstein et de Weckselbourg, en Saxe, consistent, d'après Lasaulx, en un mélange de paillettes très fines d'un mi* néral voisin du talc ou du mica, avec petits cristaux verts à bords aigus empâtés dans un ciment quaitzeux. Les concrétions en sections minces paraissent essentiellement formées de fragments de mica enveloppé par ces taches foncées et par une zone brune .de décomposition. C'est là que s'est concentrée la matière colorante (1).
Les schistes tachetés prennent quelquefois la forme de schistes . noueux, qu'on peut appeler schistes argileux à nodosités (knotenihonchiefer), ou schistes micacés noueux (knotenglimmertchiefer), suivant leur richesse en mica. Il est vrai que les derniers sont beaucoup plus cristallins que les autres; mais la structure cristalline résulte d'actions postérieures à l'époque où la roche a été formée pour la première fois. Celle-ci était primitivement un schiste argileux, qui est devenu cristallin au contact des granités. Rosenbusch, qui a étudié de près cette transformation, y distingue trois stades qui donnent lieu à trois zones successives de schistes de plus en plus modifiés à mesure qu'on se rapproche de la masse éruptive.
La première est celle des schistes argileux noueux.
Ceux-ci ne diffèrent des schistes normaux que par une teinte en quelque sorte éclaircie, par suite du retrait de leur pigment qui va s'entasser dans leurs nodosités. Quant aux nodosités, elles sont
(1) Neues Jahrbuc fur Minéralogie, i872, p. 840.
*xm-
ROCIIES FRANCHEMENT MÉTAMORPHIQUES 615
identiques, pour leur composition et leur constitution essentielles, au schiste qui les renferme.
Dans des cas rares, elles sont formées de dipjre ou d'andalousite (Bretagne, et zone de contact de Kirehberg, dans l'Erzgebirge).
La deuxième zone, celle des schistes noueux micacés. Le grain de la roche devient plus grossier; les silicates hydratés, tels que la chlorite, disparaissent; la roche prend un caractère micacé; elle consiste essentiellement en quarts et en mica, incolore, vert ou brun. Le pigment s'y condense en des points isolés, variables, de ses nodosités.
Eléments accessoires : généralement la staurotide, pléochroïq ue, et suivant les régions, la cordiérite, Yandalousite, la tourmaline qui forme avec le quartz une roche qu'on pourrait appeler homfels à tourmaline.
La troisième zone est celle des homfels.
Sohalstein. — Roche composée d une masse fondamentale grise, verte, brune, rouge, à éclat gras, parfois terreux, fibroschisteuse, quelquefois simplement veinée, qui empâte des fragments de schiste argileux noir ou verdâtre et des cristaux ou des grains de feldspath en même temps qu'une assez grande abondance de grains arrondis ou de nodosités de calcaire blanc ou rouge.
Cette roche se divise par le choc en fragments écailleux ; c'est ce qui lui a fait donner le nom de schalstein par les tailleurs de pierres.
Elle contient souvent des cristaux de pyrite plus ou moins altérés en limonite, tfoligiste, de Yanthracite. Dans ses fentes et ses cavités elle montre des cristaux drusiques d'épidote, de quartz et de carbonate de chaux, de fer, de magnésie, parfois de fluorine, de baratine, d'oligiste, d'anatose, parfois de l'osbisfe. Le schalstein de Nassau renferme, parmi un grand nombre d'autres fossiles dévoniens, le stringocephalus Burtini.
GejnèTlU(kiesehintert kieseltu/f.) — Plus ou moins compacte, souvent friable, en formes de stalactites, d'incrustations, de
concrétions disposées ,par zones, en choux-fleurs, etc. Couleur variant du^blanc de neige au grisâtre, au jaunâtre, au bleuâtre, au rougeâire; texture souvent vacuolaire.