CHAPITRE VII
(ZnS) (66,98 0/0 de zinc). — Parfois 20 0/0 de fer dans les variétés noires; dans plusieurs blendes on trouve du sulfure de cadmium, de l'indium, du thallium (blende de Sainte-Agnès,^ en Cornouaâlles), du gallium (blende de Friedensville et Phœnîx ville, Pennsylvanie), d'après les études spectroscopiques de M. L»ecoq de Boisbaudran. Un certain nombre aussi renferment des matières organiques, à en juger par la disparition de leurs teintes, à une température un peu élevée.
Système cubique avec antihémiédrie bx (fig. 194), p, 1/2 a1 (fijr. *ïp), 4/2aSt i/'ifl,/3i quelquefois les facesp portent des stries
Fig. 19*. Kig. *'» »•
parallèles à une seule de leurs diagonales. Clivages parallèles aux six directions planes b\ Souvent les cristaux sont maclés avec rotation de 1 8n° d'un des individus autour d'une normale au plan de jonction a l .
Les cristaux sont pyro-électriques.
Variétés lamellaires, à cassure écailleuse, fibreuse, grenue, compacte, terreuse. Densité: 3, 9 à 4,2. Dureté : 3,5 à 4- Couleurs variées : incolore rare (Franklin, New-Jersey ; jaune, verte,
d'un jaune verdâtre, roussâtpe, brune, noire. Poussière jaune ou brunâtre. Éclat surtout résineux dans la cassure, vitreux et vif sur les faces de clivage. Certaines variétés sont souvent transparentes ; assez souvent elles montrent des bandes plus ou moins régulièrement distribuées, de nuances différentes.
La blende montre quelquefois des phénomènes de double réfraction qui ont été étudiés par M. Hautefeuille.
Elle est difficilement fusible au chalumeau, soluble dans l'acide azotique. Elle dégage, quand on la broie avec du bisulfate de potasse cristallisé, de l'acide sulfurique.
Elle est associée d'ordinaire aux minerais de cuivre, de plomb, surtout aux pyrites; accidentellement dans la dolomie du Saint- Gothard.
Wurtzite (ZnS) (seconde forme du sulfure de zinc). — Hexagonale, hémimorphe comme la greenockite. Clivage facile A1. Axe optique positif. Densité : 4i<>6. M. Sidot a obtenu chimiquement un sulfure de zinc hexagonal doué d'une phosphorescence remarquable, en la faisant cristalliser par la simple calèfaction en vase clos.
Greenockite (CdS) (77,74 °/° d* cadmium). — Cristallise en prismes hexagonaux hémimorphes. blbl = 86°2i'à la base. Plusieurs pyramides 6",6l, bl/~, b^A, étagées les unes au-dessus des autres, basées d'un seul côté. D'un jaune vif, parfois brunâtre; poussière jaune orangé. Axe optique positif. Densité : 4,9 ; dureté : 3,5. Extrêmement rare. Reproduite par Sainte-Claire Deville et M. Troost, qui faisaient passer un courant très lent d'acide sulfhydiïque sur du sulfure amorphe, chauflé au rouge, et par M. Sidot, en chauffant fortement du sulfure amorphe.
Zincite (zinc, 80,26 0/0). — Rhomboédrique. pp = ii6°'2a ," pa% zz t4'2°3o'. Les cristaux des usines métallurgiques ont donné e*(e*al =2 io8°3'). Ceux obtenus artificiellement son Ides isocéloèdres combinés au prisme hexagonal a1*/1. Clivages a1. Axe optique positif. Axes horizontaux de l'ellipsoïde isotherme plus grands que Taxe vertical. La zincite se présente dans la nature en masses
laminaires d'un rouge foncé, à poussière orangée, contenant 5,5 o/o de protoxyde de manganèse. Elle noircit au chalumeau, puis redevient rouge. Sur le charbon, elle donne l'enduit jaune à chaud, blanc à froid, qu'on peut colorer en vert par l'azotate de cobalt et qui caractérise le zinc. Soluble dans les acides.
Smithsonite (zinkspath) (ZnCO ou ZnOCO*) (64,8 o/o de zinc). — Rhomboèdres de io7°4o\ clivables suivant leurs faces, ordinairement petits, souvent arrondis, généralement en masses stalactitiques, noduleuses, écailleuses, grenues ou compactes, remplaçant quelquefois des cristaux de fluorine, de calcaire, de gypse. Axe optique négatif. L'ellipsoïde isotherme qui est de révolution a ses axes horizontaux plus grands que le vertical.
Densité : 4, i à 4,5. Dureté : 5. Éclat vitreux ou perlé. Quelquefois elle contient, à l'état de mélange isomorphe, des carbonates de fer, de chaux, de manganèse, ou des mélanges mécaniques de silice, d'oxydes de fer.
Ztnconise [ZnOCO-HZnOfTO ou Zn»(OH)4]. — Blanche, en masses terreuses ou concrétionnées, compactes, parfois oolithiques. Densité : 3,25.
La zinconise de Raibl (Carinthie) a une composition très voisine du carbonate hydraté qui se forme sur le zinc humide exposé à Tair.
Calamine [H'Zn'O'Si ou (ZnO)sSiO,H,0]. — Système orthorhom bique, mm = io4°i3'; pa*=: i48°3i'; pal/2 = ii8°34'; pe* = i54°3i'; g'e* = 12907'. Souvent les cristaux sont modifiés dissymétriquement à ,\ / leurs deux extrémités, e^ = frbWg1 (ùg. 196). Cli- ' V vage facile et parfait p, moins facile a1.
Plan des axes A1. Bissectrice positive normale à p. Indice de réfraction : 1,617 Pour ^a ra*e B. Angle des axes optiques : 7 8° p > v. * \ el
Les cristaux sont pyro-électriques; ils acquièrent Fis 1)6 un pôle négatif pendant le refroidissement à l'extrémité pa*/*al.
Ordinairement incolores, ils ont l'éclat vitreux, nacré sur g' ;
ils sont solubles en gelée dans les acides ; l'ammoniaque y donne un précipité redissoluble dans un excès de base. A.u chalumeau, la calamine se gonfle, fond difficilement, jette un vif éclat et donne les caractères du zinc.
Willémite (Lroostite) (Zn'SiO4 ou «iZnOSiO'). — Rhomboédrique. pp = ii6°i'.
Dans la variété de Franklin, formes /), A1, diy d*. Clivages p*. Axe optique positif. L'ellipsoïde isotherme a son grand axe vertical . Jaunâtre, brune; poussière incolore. Eclat résineux. Densité : 3,9 à 4, 18; dureté : 5,5. Difficilement fusible au chalumeau : soluble en gelée dans les acides et dans la potasse caustique.
Adamine (4ZnOÀs,0-H,Oou3ZnOAsf06 +ZnOH*0). — Quelquefois i à 5 0/0 d'oxyde de cobalt et, dans certaines variétés vertes, 32 0/0 d'oxyde de cuivre. Orthorhombique. mm zz 88°2o'; 88°3o sur #'; nxaK =. io7°4o' sur p. Souvent des faces g\ g3, A1. Plan des axes parallèles à p : bissectrice aiguë positive. Éclat adamantin.
Gisements du zinc. — De Namur à Aix-la-Chapelle, le contact des calcaires carbonifères superposés aux couches dévonienaes et de l'étage houiller est jalonné de gîtes de minerais de zinc, àCerphalie, Moresnet, etc. Les couches paléozoïques forment des selles en série sur lesquelles repose le crétacé horizontal. Le minerai formé de calamine et d'oxydes de fer remplit des filons dans le calcaire carbonifère, constitue des amas de contact entre le calcaire carbonifère et les schistes supérieurs, se rencontre disséminé en nids dans les roches carbonifères et dévoniennes ou les imprègne. A Moresnet, la mine dite de la Vieille Montagne remplit uns vaste excavation ellipsoïdale, au contact des schistes houillers et du calcaire carbonifère ; c'est un ensemble de masses de calamine (carbonate et silicate associés) jaune et concrétionné, noyé dans des argiles. A Walkenroth, il y a deux zones de calamine et une <le pyrite, galène et blende; les sulfures compacts, jaunes ou bruns, ont la forme de concrétions en zones rubanées ; les minerais sont encaissés dans des ampélites et des calcaires carbonifères.
MINERAIS D'URÂNE 287 *
Sur la rive gauche du Rhin, des gîtes de calamine et d'oxyde de fer continuent ceux de la vallée de la Meuse.
Dans le Derbyshire et le Northumberiand, la galène avec fluorine, barytine, traverse le calcaire carbonifère en filons, ou s'y étale en dépôts parallèles à la stratification. En Espagne, dans la province de Santander, au pied de la chaîne cantabrique, se montrent des cavités remplies de calamine et d'oxyde de fer concrétionnés, des ûlons de carbonates et de sulfure de fer et de zinc. Au voisinage de la mer, ces ûlons se répandent dans le crétacé ; ils contiennent de la calamine ou de la zinconise en boules ou en pisolithes et de l'aragonile radiée. A Ne w- York, la franklinite et la zincite accompagnent la magnétite.
En Pologne russe, aux environs du district de Bendzin, aux confins de la Haute-Silésie et de l'Autriche, des carbonates, silicates de zinc, avec hématite brune, dolomie ferrifère et zincifère, occupent les dépressions des couches de dolomie du mu^chelkalk.
Au Laurium (Grèce), on voit plusieurs couches successives horizontales alternes de schistes et calcaires, les schistes formant le toit et les calcaires le mur découches de minerais de fer contenant du plomb argentifère exploité au temps de Périclès. Près du mur calcaire, la couche s'appauvrit et passe à du fer spathique qui recouvre de la smithsonite blanche, ou bien celle-ci remplit des fentes du calcaire.