‹ Les rois de la force [electronic resource]Chapitre 64 sur 119 · ATTILA · texte numérisé non relu

ATTILA

Attila n'est pas un inconnu du public français, car il a paru à plusieurs reprises sur nos plus grandes seines parisiennes : les Folies-Bergère, l'Hippodrome, etc., où il eut un succès inouï, à en juger par les comptes rendus des journaux de l'époque que nous avons sous les veux. Ses exercices étaient surtout des tours d'adresse ou d'effet,

L'École athlétique d'Attila a New- York

car son matériel, que le professeur Dubois a soupesé vers 1885, alors qu'il s'exhibait à l'Alcazar du faubourg Poissonnière, était plutôt léger. Celui-ci se souvient d'un haltère à piques, engin impressionnant au possible et d'ailleurs assez volumineux, dont le poids ne dépassait pas 22 kilos.

Attila était surtout un artiste, et son numéro, bien présenté, n'avait rien de forcé et obtenait un véritable succès.

Bel homme, bien proportionné, gracieux en piste, Attila fut surtout un professeur s'évertuant à former des artistes, tels que Sandow et Strongfort, et comme tel il a droit à nos remerciements. Attila a abandonné la piste pour se consacrer au professorat. Il dirige en effet, à New-York, une superbe école où il développe de nombreux élèves. Attila est né à Karlsruhe (Allemagne).

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Hippolyte BLANC

Hippolyte Blanc était un petit athlète de im 60 de hauteur seulement, ne pesant pas plus de 69 kilos, mais très vigoureux.

Il pouvait arracher 60 kilos d'une main et jeter environ 90 kilos à deux mains, ce qui, pour l'époque, était relativement élevé. Blanc, né à Lille vers 1865, était le beau-frère de Stiernon, l'hercule bien connu. Après que Henri Stiernon se fut retiré de l'arène, Hippolyte Blanc fut à son tour surnommé Stiernon, en souvenir de son beau-frère. C'est surtout sous ce nom qu'il est connu dans la région du Nord. Comme l'athlétisme n'était pas codifié à ce moment-là, les mouvements étaient plus ou moins régulièrement exécutés. Hippolyte Blanc avait pris l'habitude de faire des bras tendus, le bras incomplètement allongé et tourné à l'extérieur, laissant ainsi à l'articulation du bras et de l'épaule le soin de supporter le poids réparti sur la main. Il était arrivé ainsi à exécuter des simili-bras tendus avec des poids relativement très lourds, 40 kilos, et même plus. Bien entendu, ces exercices n'auraient eu aucune valeur à l'H. C. F., ni dans les concours. Quoi qu'il en soit, Hippolyte Blanc exécutait très souvent ces exercices malgré toutes les observations qu'on lui fit ; nous lui prédisions, entre autres choses probables, la rupture du pectoral ou du biceps; et cela lui arriva un beau jour, comme il est facile de s'en rendre compte sur la photographie ci-dessus.

Le biceps droit fut déchiré, une partie des fibres musculaires se rompirent et creusèrent une fosse sur la partie supérieure de ce muscle. Blanc en perdit, outre un peu de sa beauté plastique, beaucoup de sa force.

Hippolyte Blanc travailla longtemps avec son beau-frère, Stiernon, qui avait une baraque foraine; il était accompagné de son frère, Eugène Blanc, un homme très fort, quoique de petite taille et de poids relativement léger. Eugène Blanc était, en effet, arrivé à mettre correctement à bras tendu un poids de 30 kilos et à arracher très aisément 60 à 65 kilos.

Hippolyte Blanc

A remarquer la déchirure du biceps.

Ludovic PUCCI

Ludovic Pucci (prononcer Poutchi), athlète, né le 20juin 1840, à Florence (Italie),

débuta très jeune dans la carrière artistique, au cirque Guillaume, à Rome, où il obtint un grand succès avec un exercice alors en vogue 1' « Enclume infernale » : il se faisait forger un fer à cheval sur une enclume qu'il tenait sur la poitrine.

Il voyagea ensuite avec le grand cirque Ciniselli en Russie. Puis il s'engagea comme volontaire dans l'armée de Garibaldi et fit la campagne de 1 870- 1 87 1 . La guerre finie, il recommença sa carrière d'artiste, visita successivement les prin-

Ludovic Pucci

cipales capitales de l'Europe, et resta près de dix-huit ans au cirque Allegria (Espagne), où il mourut le 17 novembre 1896. Ludovic Pucci

Pucci était un bel athlète, mesurant im82 de hauteur, large d'épaules, mince de ceinture et très bien musclé; la photographie ci-contre ne donne qu'une idée imparfaite de l'athlète Pucci.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Son fils, né à Barcelone en 1879, débuta dans la carrière artistique comme sauteur à la Batoude américaine ; il fut « Auguste » au cirque Allegria. Il s'exhibe maintenant, sous le nom de Pippo, dans un numéro comique avec un de ses compagnons, Bobb. Le fils tient du père, il est grand, brun, avec une physionomie sympathique, et c'est grâce à lui que nous avons pu reproduire la photographie de l'athlète Pucci.

Emile BRUYÈRE, dit le Limousin

=^-j mile Bruyère,

dit le Limousin,

né à Aubusson le

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est un athlète, qui

fut célèbre comme lutteur et comme leveur de poids. Le Limousin débuta à Marseille avec Boyer de Marseille dont il est l'élève; il devint d'une force telle qu'il tombe Laurent le Baucairois, Aimable de La Calmette et résista quatre minutes à Yousouf, à Bordeaux.

Il arrachait 150 livres à gauche trois fois de suite sans lâcher la barre et faisait 150 à la volée.

Devant Eugène Robert, le dévoué président de la S. A. M. et dynamométreur de l'H. C. F., le Limousin a fait correctement les poids annoncés ci-dessus et, de plus, a tenu 40 livres à la coiffe à bras tendu, 40 livres par l'anneau à gauche et à droite, 110 livres au développé d'une main, 140 livres à l'arraché trois fois, sans lâcher la barre, avec un engin très mauvais que personne ne pouvait arracher, 180 livres à l'arraché et au développé à deux mains et un poids de 100 livres en volée vingt et une fois sans lâcher le poids. De l'avis de Robert, un homme qui s'y connaît, le Limousin est un des hommes les plus forts du monde. D'ailleurs, il n'y a qu'à regarder sa figure pour voir que cet athlète a une énergie sans pareille.

Emile Bruyère, dit le Limousin

Il pèse 90 kilos, mesure im74 de hauteur, 44 centimètres de tour de bras, 37,5 d'avant- bras et im 24 de poitrine.

Le Limousin lutte toujours et, malgré la cinquantaine, est encore un adversaire redoutable possédant un bras dur comme le fer.

Ajoutons que le Limousin s'est distingué à plusieurs reprises dans des actes de sauvetage. Voici d'ailleurs ce que disait l' Auto du 27 septembre 19 10, sous la rubrique :

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