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ATHLÉTA ET SES TROIS FILLES

Il n'est pas un Parisien, ayant été aux Folies-Bergère, il y a quelques mois, qui n'ait gardé un profond souvenir de trois belles jeunes filles qui exécutaient chaque

soir un numéro de force, de souplesse et de poses plastiques. Ces trois jeunes filles, c'étaient les trois filles d'Athléta.

En voyant ces jeunes filles, dont la plus jeune n'a pas même vingt ans, exécuter des exercices dont seraient incapables la grosse majorité des représentants du sexe fort, nombre de spectateurs se sont sans doute étonnés. Leur étonnement fût tombé, s'ils avaient connu la mère de ces jeunes filles, Athléta, à l'époque où elle fut considérée comme la femme la plus forte du monde.

Peut-être qu'aujourd'hui, où les femmes athlètes sont devenues plus nombreuses et où les progrès de l'entraînement rationnel, dont elles ont profité tout comme les hommes, permettent de faire beaucoup plus fort qu'autrefois, peut-être qu'aujourd'hui, dis-je, il se trouverait des femmes qui feraient mieux que n'a jamais fait Athléta. Mais il n'en est pas moins vrai qu' Athléta fut vraiment la première femme athlète, et qu'à l'époque où elle triomphait sur les scènes des musichalls et les pistes de cirques, tous ceux qui la virent restèrent confondus de "trouver une telle force chez une femme. D'autres femmes athlètes sont venues, comme Vulcana, comme cette merveilleuse Katty Brumbach, dite Sandwina, d'autres encore. Mais aucune ne fera oublier jamais, à ceux qui l'ont vue une seule fois, miss Athléta, alors qu'elle était la reine de la force et de la beauté plastique chez la femme.

Et c'est pourquoi, aujourd'hui que miss Athléta, devenue Mme van Huffelen et

Louise Athléta

Athléta et ses Filles

Brada

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

AtHLÊTA LORSQU'ELLE ENLEVA I75 LIVRES A MON ÉCOLE DE CULTURE PHYSIQUE DE LlLLE

mère de famille, s'est retirée de l'arène pour y laisser triompher ses trois superbes filles dont nous parlions tout à l'heure, il nous a paru intéressant de faire revivre 11:1 moment le nom d'Athléta et de rappeler brièvement ce qu'elle fut.

Miss Athléta est née à Anvers en 1868. Elle était fille et petite-fille d'athlètes, et, tout naturellement, son éducation s'en ressentit, en ce sens que ses parents ne se contentèrent pas de cultiver son esprit, mais s'appliquèrent aussi à cultiver son corps. De bonne heure, la jeune Athléta fut dressée aux exercices athlétiques. Et ses dispositions étaient telles, sa force naturelle et sa souplesse étaient si grandes qu'à dix-huit ans miss Athléta débutait à l'Éden Alhambra de Bruxelles.

Son succès fut retentissant. On n'avait jamais vu une femme exécuter des exercices aussi forts. Athléta, en artiste-née qu'elle était, avait compris que, pour le public, il ne fallait pas travailler avec des poids ou des barres de fonte. La fonte, si lourde soit-elle, laisse indifférents les spectateurs. Tout autre chose est de travailler avec des êtres animés ou des

Athléta

Louise Brada

M. VAN HUFFELEN

Athléta chez elle

objets d'un usage courant dont chacun connaît à peu près le poids. Et miss Athléta, ayant compris cela, travaillait avec des hommes, avec des chevaux, avec des tonneaux, toutes choses qui impressionnent parce qu'elles ne sont pas susceptibles de truquage.

Après avoir triomphé en Belgique, miss Athléta fit une longue tournée en Angleterre et, pendant son séjour à Londres, elle travailla chez le professeur Atkinson, où elle augmenta encore sa force.

A son retour d'Angleterre, en 1897, elle vint à Lille, où je dirigeais alors une école de culture physique, et me rendit visite. Là, en présence de nombreux témoins, elle jeta à deux mains, en trois temps, une barre de 8jks 500. C'était véritablement extraordinaire pour l'époque et pour une femme. Plus tard, à Bordeaux, elle enlevait 92 kilos en trois temps devant l'amateur M. de Lapouyade.

M. ET M- e van Huffelen chez eux

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La Propriété d'Athléta a Saint-Nicolas

Brada . Athléta Anna Louise

Athléta entourée de ses trois FxLLes dans le parc de sa propriété de Saint-Nicolas

Un des exercices favoris d' Athléta, et c'est aussi un de ceux qui lui valaient le

plus grand succès, était de porter sur ses épaules une barre à laquelle se suspendaient quatre hommes habillés en soldats et, avec cette charge, elle faisait le tour de la piste pu de la scène.

Ou bien encore elle valsait, le sourire aux lèvres, avec trois hommes sur les épaules.

On conçoit que de telles démonstrations de force plaisaient au public et, comme à sa force miss Athléta joignait une irréprochable beauté plastique, son numéro athlétique remportait partout un succès considérable. Miss Athléta voyagea partout, en Europe, même en Amérique, et partout son triomphe fut le même. Elle fut certainement une des femmes qui ont gagné le plus d'argent.

Et les carrières libérales dans lesquelles se lance aujourd'hui le sexe faible sont certainement loin de lui valoir d'aussi coquettes annuités. En effet, Athléta toucha jusqu'à 6.000 francs par mois. Jamais ses cachets ne furent inférieurs à 100 francs par jour et, bon an mai an, elle gagnait environ une cinquantaine de mille francs.

Aujourd'hui, je l'ai dit, Athléta vit, retirée de l'arène, dans sa coquette villa Athléta,.

à Saint-Nicolas, près Anvers,, en compagnie de son mari qu'elle épousa à dix-huit ans.

Ils y coulent tous deux des jours; paisibles et dorés, recueillant les échos lointains des triomphes que remportent partout leurs trois filles, les gracieuses Brada, Louise et Anna. Ces trois superbes filles, dont nous reproduisons le groupe charmant, sont eni

Athléta

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Photo IValèry

Anna Brada Louise

Trois merveilles de plastique Mante : LES TROIS FILLES D'ATHLÉTA

tous points dignes de leur mère. Comme Athlét.i, elles joignent à la force une plastique superbe.

L'aînée, Brada, a vingt-trois ans et demi, Louise vingt et un et Anna dix-neuL

38e LES ROIS DE LA FORCE

Voici, à titre de documents, leurs mensurations, prises en novembre 1908 à mon école de Paris :

Brada : poitrine imn, ceinture 70 centimètres, tour de hanches im05, bras

34 centimètres, avant-bras 29, mollet 39 centimètres et çlemi, poids 73 kilos.

Louise : poitrine im 05 5, ceinture 68 centimètres, tour de hanches im 08, bras 32 centimètres, avant-bras 28 centimètres et demi, mollet 39.

Anna : poitrine 1 m 1 o, ceinture 69 centimètres, tour de hanches im05, bras 34 centimètres, avant-bras 29 centimètres et demi, mollet 41.

Si Ton compare ces mensurations avec celles d'Athléta, on voit que cellesci sont sensiblement supérieures. En effet, voici ce qu'elles étaient à la même époque: poitrine im24, ceinture 90 cen-

Athléta et son mari autrement dit, M. et Mme van Huffclen chez eux

timètres, cou 44 centimètres et demi, bras 42 centimètres et demi, avant-bras 32 centimètres, mollet 43 centimètres.

Les filles d'Athléta sont donc sensiblement moins fortes que leur mère. Il est vrai qu'il y a deux ans que ces mensurations ont été prises et que, depuis, Brada, Louise et Anna ont pu les voir augmenter. Elles n'ont pourtant guère dû changer, sauf peut-être en ce qui concerne la plus jeune, Anna, qui, des filles d'Athléta, est certainement celle qui se rapproche le plus de la mère.

Cela ne les empêche pas, d'ailleurs, d'être toutes trois d'une très belle force, d'une force telle même qu'il serait a souhaiter que tous les hommes en possédassent une pareille. Elles jettent en effet toutes

Athléta et son mari

(M. et M">e van Huffelen)

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trois très facilement à deux mains 70 kilos! Ce n'est évidemment pas à la portée de toutes les mains féminines. Dame, 70 kilos, c'est à peu près le poids d'un mari ordinaire et les femmes qui mettent leur mari à bout de bras, ça ne se voit pas tous les jours.

BERNARD, dit Troba

Troba le jongleur est un ancien athlète de poids et haltères, Bernard. Ainsi que Luigi Bora Milo, un transfuge de l'athlétisme, Bernard a abandonné la jonglerie de poids pleins pour jongler avec des boules creuses : c'est moins fatigant et le public, toujours très incompétent, applaudit toujours davantage et en raison directe de la facilité d'un exercice. Plus un exercice est facile, pourvu que ce soit du tape-à-l'œil, plus le gros public manifeste son contentement, prouvant par là son extraordinaire incompétence. Ainsi une planche en avant, une croix de fer, une traction d'une main aux anneaux laissent le public complètement froid. Deux ou trois pirouettes autour des anneaux en renversement avec élan, ce qui est l'enfance de l'art et que n'importe quelle personne pourra faire avec trois jours d'exercice, seront applaudies à outrance. Pourquoi alors se creuser la tête inutilement, se fatiguer outre mesure pendant des mois et des années pour répéter un beau numéro, quand un travail de truquage sera applaudi beaucoup plus ? Bernard ne fut jamais un athlète extraordinaire, mais son travail était bien présenté.

Bernard, dit Troba

M. et Mme MONTAGNA, Athlètes

L'athlète Montagna est un vigoureux Italien qui a des mensurations imposantes, comme on peut en juger par sa photographie.

Voici quelques exercices que Montagna a exécutés chaque soir dans le cirque qu'il dirigeait en Algérie :

Couché sur le dos, par une poussée avec les jambes, il a soulevé de terre l'arrière-train d'un camion sur lequel étaient montées trente-six personnes, il a maintenu ce poids énorme pendant quinze secondes, les roues à 15 centimètres au-dessus du sol.

Ajoutons qu'un seul côté du camion se soulève, ce qui est déjà suffisant comme tour de force.

M. Montagna n'est pas seulement un professionnel ; c'est un sportsman convaincu, un fervent de l'athlétisme qui, en dehors de ses occupations, a toujours du plaisir à faire de l'entraînement en compagnie d'amateurs compétents avec qui il se lie volontiers.

Mme Montagna, qui pèse 92 kilos, est sans conteste une des plus fortes femmes du monde entier; entre autres performances, elle porte sur son épaule un canon d'artillerie en bronze pesant 106 kilos, que l'on charge de 200 grammes de poudre. Mme Montagna résiste au recul sans bouger.

Mm- Montagna déchire, paraît-il, cent quatre cartes à jouer; elle pourrait même, ravec un peu de mal, arriver à cent dix cartes. Ce tour de force nous parait tellement extraordinaire que nous sommes disposés à offrir à Mme Montagna une médaille si elle peut réussir à l'exécuter à son prochain passage à Paris.

La revue illustrée La Culture physique ayant émis quelques doutes sur la possibilité d'accomplir un tel tour de force, une polémique s'en est suivie et voici ce qu'on

L'Athlète italien Montagna

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peut lire sur un journal d'Algérie au sujet de la, performance extraordinaire exécutée par Mme Montagna :

Mostaganem, 5 septembre 1909.

Une importante manifestation sportive a eu lieu ces jours derniers au cirque Montagna. ;

La Culture physique de Paris s'étonnait qu'une femme puisse arriver à déchirer cent cartes par la seule force des mains, déclarant que, si véritablement ce fait se réalisait, Mmc Montagna pouvait se considérer comme étant la femme la plus forte du monde.

C'est pour homologuer ce fait qu'une commission composée de MM. Gustave Jobert, licencié en droit; Casimir Maury, négociant; André Bloch, ingénieur, et Eugène Ballaut, professeur diplômé d'éducation physique, se rendait au cirque Montagna où une grande soirée de gala avait été organisée.

Mme Montagna réussit, devant cette commission, à déchirer proprement, par la seule force de ses mains et sans aucun appui, cent dix cartes à jouer enduites de poudre et de résine, en moins de cinq secondes — puis, par le même procédé, elle réussit, chose plus étonnante, à déchirer cent moitiés de cartes.

Cette superbe performance a été vivement applaudie et procèsverbal en bonne et régulière forme a été dressé par la commission.

Jeanno r.

La Culture physique répondit aussitôt par l'cfie ïi;

:v;-i:tt

Mme Montagna

La Culture physique ne veut pas mettre en doute la performance de Mme Montagna pour le nombre de cartes déchirées, mais si Mme 'Montagna vient à Paris, la Culture physique lui offre une prime de 100 francs et une médaille athlétique si elle déchire cent dix cartes à jouer, cartes Grimaud non truquées et fournies par l'H. C. F.

La parole est à M. et à Mme Montagna.

Si cette performance est réelle, nous pouvons dire sans crainte que Mm2 Montagna possède le record du monde féminin de la force des mains.

Montagna est né à Bologne en 1874.

Voici quelles sont ses mensurations : Poids 116 kilos, poitrine im28, biceps 46 centimètres, avant-bras 36e™ 5, ceinture 1 mètre, cuisses 72 centimètres, mollets 44 centimètres.

Voici un de ses records : à Cagliari (Sardaigne), à la Société de gymnastique d'Eléonora d'Alboréa, il soulève 119^500 au dévissé avec appui de l'haltère sur la cuisse.

Avec une très grande loyauté, Montagna nous

a informé que son dévissé avec 119^500 est fait

Médaille de l'Haltérophile Club de France aPrès un épaulé légèrement incorrect : l'haltère,

offerte aux athlètes recordmen ^u[ mesure 77 centimètres de longueur, est appuyé

d'une boule sur le sol et de l'autre sur la cuisse ; l'athlète saisit l'haltère en son milieu

et l'épaule en le faisant ainsi basculer et en s'aidant de la jambe.

M. et Mme Montagna ont un fils, Ercole Montagna, qui promet aussi et, à douze

ans, il soulève des poids qui donneraient à méditer aux spectateurs.

A la suite d'une réflexion que nous avons faite au père, il nous répond :

« Soyez sans crainte, je me garderais bien de le fatiguer à cet âge, je veux simplement lui faire la main, mais je ne risque pas pour le moment de lui demander ce qu'il peut faire. »

Miss LÉANDROS

Miss Léandros est la fille d'un athlète qui eut son heure de célébrité il y a quelque vingt ans sous le nom de Philippi, Miss Léandros a hérité de la vigueur paternelle, car elle exécute, avec un homme pesant 60 kilos, un numéro de mains en mains que ne désavoueraient pas beaucoup d'hommes forts; elle mesure im 67 de hauteur, 62 centimètres de tour de cuisse, im03 de poitrine, im07 de hanche, 41e"1 5 de mollet, 37e1" 5 de bras, 30e"1 5 d'avant-bras, 17 centimètres de poignet. Gertrude Léandros est née à Anvers, en 1882, elle est surtout remar- Miss Léandros quable par le développement des bras, des

deltoïdes et des jambes.

La photographie ci-jointe donne une idée bien faible de son développement musculaire.

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Anna ABS

Anna Abs est la fille d'un célèbre athlète allemand qui s'est exhibé dans toute l'Europe dans un numéro de force qui obtint le plus légitime succès. Anna Abs bénéficie de la renommée que son père eut jadis; elle enlève un haltère qui pèse environ 70 kilos, haltère qu'elle épaule à deux mains, à la mode allemande, et

Anna Abs

qu'elle dévisse à bout de bras. Cet haltère est ensuite mis à la disposition des spectateurs et il est inutile de dire que bien peu d'hommes non entraînés pourraient faire cet exercice. Le père d'Anna Abs était un Allemand de haute taille, ini 85 environ, né le 12 septembre 185 1 dans le Mecklembourg (Allemagne), mort le 18 février 1895, à Hambourg.

Anna Abs est certainement une femme très forte, mais elle n'aura jamais la grâce d'Athléta, qui, tout en faisant des exercices de force, a toujours conservé l'élégance et la souplesse de la femme, sans jamais acquérir les lignes heurtées de l'athlète mâle.

OBRUTSCHKA et IRGANG

Obrutschka et Irgang sont deux athlètes autrichiens nés à Vienne (Autriche). Comme beaucoup de Viennois et de Munichois, ces grands buveurs de bière, ils étaient très gras, et s'ils étaient doués d'une certaine force musculaire, en revanche, ils n'avaient rien d'enviable au point de vue de la beauté plastique. Tous deux enlevaient 120 kilos à deux mains en faisant rouler la barre sur leur ventre pour l'amener à Pépaulement.

G. VERNES et Franz MOORS

Franz Moors est le fils de l'athlète Jean Moors, d'Anvers. Né en 1874, ^ ^ut d'une certaine force au dévissé, il arriva à enlever 85 kilos en épaulant l'haltère avec les deux mains.

Gabriel Vernes, né à Willebroeck (Belgique), fut surnommé le Gab et travailla avec Raymond de la Ruelle, de Gand. Vernes arriva à enlever 83 kilos au dévissé incorrect.

M. et Mme STARCK

M. et Mme Starck, deux athlètes allemands, firent partie, vers 1880, de la troupe foraine du célèbre athlète Stiernon. Ils offraient 1.000 francs à qui pouvait faire leurs tours de force. Le nom de famille de Starck était Adolphe Morro, mais il avait adopté celui de Starck qui signifie fort en allemand. C'était un bel homme grand et fort. Quant à Mme Starck, elle n'avait qu'une très lointaine ressemblance avec la Vénus de Milo. Par galanterie pour le beau sexe, nous préférons que nos lecteurs apprécient eux-mêmes la beauté plastique de Mme Starck.

Obrutschka et Irgang Athlètes viennois

G. Vernes

de Willebroeck, dit le Gab

Franz Moors

Stargk

Athlète allemand

Mme Starck

Athlète allemande

Arthur DEMEYER et QUIVY

Arthur Demeyer, dit le Gantois, est un athlète qui fut très fort au développé à deux mains. Il arriva au chiffre de 200 livres, ce qui est très beau, surtout pour l'époque où

ce tour de force fut accompli, vers 1896. Arthur Demeyer, né à Gand en 1873^ mesure im 68 de hauteur, 41 centimètres de bras, 33e111 5 d'avant-bras, 40 centimètres de mollets et pèse 94 kilos. Quivy, né à Tournai en 1870, est un bel athlète doué d'une jolie force et faisant correctement 100 à 105 kilos en barre à deux mains, arrachant 120 à 130 livres d'une main.

C'est à Roubaix que ces deux athlètes

Arthur Demeyer

né à Gand

Quivy

né à Tournai

se produisaient le plus souvent, car ils faisaient partie de la troupe Jean Rousseau, dit le Grand Jean, qui tenait un club athlétique rue de Lannoy, à Roubaix.

Léonard VANDENDAELE

Léonard Vandendaele dit Bernard le Boucher

Léonard Vandendaele, dit Bernard le Boucher, est né à Bruxelles en 1868. Boucher de son métier, il avait parmi ses compagnons une grande renommée de force et, encouragé par ses succès, il se fit pro-

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fessionnel. Vers 1894, il était à Lille où il enleva les poids suivants : 95 kilos en barre à deux mains épaulés et jetés trois fois de suite sans lâcher la barre; 70 kilos épaulés et jetés d'une main; 65 kilos à l'arraché d'une main ; 3 5 kilos à bras tendu .

Léonard travailla avec Henri Toc, l'homme canon, sous le nom de Porthos le Polonais. Il enlevait cinq hommes et une barre sur les épaules et marchait avec ce poids formidable.

Vandendaele mesurait 1 m 7 3 de hauteur, 40e111 5 de bras, 34e"1 5 d'avant-bras, im22 de poitrine.

Son buste était merveilleux, mais les jambes étaient un peu minces, quoique nerveuses et solides.

Miss VULCANA

Longtemps on a cru que la force physique était l'apanage de l'homme, cependant il semble difficile d'appliquer à certaines femmes le qualificatif de femmes faibles : Athléta notamment, qui porte sur sa poitrine et ses genoux un pont de fer chargé d'un homme et de deux

poneys, d'un Miss Vulcana

poids total d'environ 400 kilos, et qui valse en portant une barre de fer et quatre hommes sur son dos, ne saurait être rangée parmi les faibles.

Nous présenterons ici un autre échantillon du sexe faible (oh ! combien) qui a nom Vulcana.

Miss Vulcana a une histoire mouvementée qui mérite d'être

contée : miss Vulcana, de son vrai nom Kate Roberts, née en 1883,

est la fille d'un pasteur irlandais ; dès son enfance, elle montra une

force extraordinaire; au pensionnat où elle faisait ses études, elle

éblouit ses compagnes par ses prouesses. Un jour, à elle seule, elle

transporta d'une pièce dans une autre, comme en se jouant, un lourd

harmonium ; plus tard, elle se distingua en arrêtant dans une rue de Bristol un cheval

emporté. Une autre fois, s'étant aperçue qu'un pickpocket explorait ses poches, tandis

39^ LES ROIS DE LA FORCE c

qu'elle regardait une vitrine, .elle le saisit par le bras avec une telle force qu'il n'osa

plus bouger, et le conduisit ellemême au poste de police.

Vulcana a débuté avec succès dans quelques music-halls de Londres. Son numéro se compose de tours de force exécutés avec des poids et avec des hommes qu'elle enlève au bout des bras avec une grande facilité.

Vulcana est très musclée, ce qui est assez rare chez la femme, elle a des biceps et des épaules d'homme, en revanche, les jambes et le bassin sont bien ceux d'une femme, comme nos lecteurs pourront en juger par la photographie ci-jointe.

Depuis qu'Athléta a mis à la mode les femmes athlètes, les théâtres de Londres en exhibent toujours quelques-unes ; c'est ainsi que les Londoniens ont vu défiler les sœurs Sansonni, Anna Abs, miss Samson, miss Darnet, miss Arniotiss, miss Cacetta, Apollonia, Herculina, Brada, Katti Brumbach, miss Robinson, Werkme, etc., etc.

Vulcana est venue à Paris avec son frère Atlas et, àl'H. CF., elle a réussi à dévisser 120 livres

de la main droite en épaulant la barre avec les deux mains.

Pour me remercier de l'avoir fait engager à l'Olympia, elle me fit cadeau d'une

belle série de photographies où elle eut l'obligeance de mettre quelques mots avec sa

signature.

Miss Vulcana

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Eugénie WERKME

Eugénie Werkme, que Berlin et Vienne fêtèrent tour à tour, a innové un numéro sensationnel ; elle a loué un géant, le fait paraître à côté d'elle et le porte accroché à un haltère qu'elle tient d'une main au-dessus de sa tête.

En réalité, l'homme repose sur le dos de l'athlète, Werkme ne fait que le porter sur les épaules, ce qu'Athléta fait facilement avec trois hommes et une barre à sphères.

Pour qu'une charge soit réellement tenue à bout de bras, il faut qu'elle n'ait pas

La taille ne fait rien à la force Cliché des « Lectures pour tous »

L'Athlète Werkme et son Géant

d'autre point de contact que la main de l'athlète ; si le poids touche le corps, toute difficulté est écartée.

L'athlète Batta faisait cet exercice correctement de la façon suivante. Il enlevait un haltère de 80 kilos en deux temps d'une main ; quand le poids était fixé à bout de bras, il s'approchait d'une échelle sur laquelle un homme de 75 kilos montait à califourchon sur l'haltère ; Batta faisait alors le tour de la piste avec ce fardeau de 1 5 5 kilos au bout d'un seul bras. Cet exercice n'était pas truqué et ne pouvait pas l'être; cependant le public ne se rendait pas compte que c'était un tour de force extraordinaire que Batta faisait chaque soir. Des athlètes vinrent ensuite retirer la valeur de l'exercice ' en enlevant deux hommes au bout d'un bras, mais les plaçant de manière à avoir la charge sur les épaules : le public croyait alors avoir vu tenir deux hommes au bout d'un bras, ce qui n'était pas.

jç)3 LES ROIS DE LA FORCE

Les femmes athlètes ont fait le même exercice et voilà pourquoi beaucoup de gens

disent qu'ils ont vu une femme tenir deux* hommes au bout d'un bras et marcher avec. Quoiqu'elle produise quelques exercices analogues à celui que nous venons d'expliquer, Eugénie Werkme est une femme très forte et son travail bien présenté plaît au public. Nous avons simplement voulu expliquer à nos lecteurs les différentes façons d'accomplir un exercice.

WÉTASA

Wétasa est un bel athlète autrichien né à Vienne en 1866. Boucher de son métier,

Eugénie Werkme

il abandonna cette profession pour se livrer aux poids et haltères où il arriva à de bons résultats, tels que 96 kilos au dévissé, à la mode allemande, c'està-dire en épaulant la barre avec les deux mains. Wétasa est doué d'une belle forme corporelle et il eut beaucoup de succès dans son numéro de force. Il se mit également à la lutte et fut un des champions du Casino de Paris, lors des Wétasa

premiers championnats organisés par le

Journal des Sports et le Vélo. Il fut tombé par Paul Pons après une lutte très sévère où Wétasa fut définitivement classé comme un bon lutteur et comme un homme fort.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

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