‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 117 sur 419 · CII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CII INTRODUCTION

qui allait de Tarse à Issus:. Elle a des monnaies autonomes avec la légende AAANEON.

Si le nom d’Antioche appliqué à cette ville n’est pas connu des auteurs, c’est qu’il ne parvint pas, dans l’usage ordinaire, à se substituer au nom d’Adana; ce fut seulement une appellation officielle imposée par Antiochus IV et qui ne survécut pas au règne de ce prince. Le voisinage d’autres villes du nom d’Antioche devait, d’ailleurs, contribuer à le faire disparaître, à cause des difficultés qu’entrainait dans la pratique de la vie cette homonymie officielle. La ville de Tarse elle-même s’appela Antioche sur le Cydnus, et mit un instant sur ses monnaies autonomes, la légende ANTIOXEQON TON TIPOZ TQI KYANQI; on n’a pas retrouvé jusqu'ici de

monnaies d’Antioche sur le Cydnus (Tarse) à l’effigie d’Antiochus IV.

Antioche de Mygdonie (Nisibe).

La petite contrée appelée Muydovix, Muy0ovtu, dont la capitale était Nisibe, se trouvait au cœur de la Mésopotamie, à l’ouest du cours du Chaboras, affluent de l’Euphrate. Nisibe reçut le nom d’Antioche, probablement d’Antiochus IV, et on lappela dès lors, pendant quelque temps, ’Avridyeix Muydovixr*. Les auteurs et les monnaies de l’époque romaine reviennent au nom de Nisibe. La médaille de notre catalogue (n° 602), avec la légende ’Avriwyéov rüv èv Muydoviz, n’est point isolée, MM. Imhoof-Blumer et Percy Gardner ont fait connaître deux pièces de bronze, un tétrachalque et un dichalque avec la même légende. Ce qui caractérise ces pièces c’est qu’au droit, derrière la tête radiée d’Antiochus, il y a les monogrammes nos 177 et 178, composés des lettres XA et XB qui sont les marques de la valeur respective de chacune de ces monnaies5. Le tétrachalque est au type de Zeus aétophore assis, et le dichalque a, pour revers, la Victoire marchant à gauche, une couronne à la main, comme l’hémi-chalque de notre catalogue.

Antioche près Callirhoé (Edesse).

La tête radiée d’Antiochus IV figure sur des monnaies de bronze qui portent au revers : ’Avriwoyewv t@v êrt Kalpont. La ville désignée par cette légende est Edesse de Mésopotamie, qui changea temporairement son nom, à cause de la colonie d’Anfiochéens qui vint s’y installer. Droysen dit que cet évènement eut lieu sous

1. Forbiger, Handhuch der alten Geographie, t. II, p. 284; Le Bas et Waddington, Voyage archéol., Inscriptions, t. TT, p. 351; Droysen, Hist. de lhellénisme, t. IT, p. 723. Cf. Revue numismatique, 1854, pp. II, 12, 138, 139.

D 2. Droysen, Hist. de l'hellénisme, t. II, p. 744.

. Fr. Imhoof-Blumer, dans la Zeitschrift für Numismatik, t. IT, p. 349; Percy Gardner, The Seleucid Hinee of Syria, p. 43. M. Gardner lit à tort MVTAONIAIÏ au lieu de MYTFAQNIAI.

4. Sur ces monnaies, voir Buttmann, Myfhologus, t. I, p. 748.

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Séleucus Nicatorr. Mais rien ne justifie cette hypothèse, et peut-être qu'Edesse ne commença à prendre le nom d’Antioche que sous Antiochus IV. Au surplus, tout en reconnaissant qu'Edesse s’appela Antioche, Droysen prétend que les monnaies à la légende ’Avrtoyéwv r&v ërt Kapon, n’appartiennent pas à la capitale de l’Osrhoëne. « Cette légende, dit-il, paraît placer cette Antioche sur la Callirhoë qui se jette dans la mer Morte du côté de l’Est. Il semble tout à fait imprudent d’identifier cette Antioche avec Edesse en Mésopotamie, sur la foi d’un indice sans garantie aucune fourni par Pline (V, 24, 86). En outre, Etienne de Byzance appelle sa huitième Antioche ÿ ërt Kallppôns Muvns, expression absurde qu’il faudrait compléter ainsi : êmi KaAlBbons xat ’AcpaltériÈos Muvne* ». J'avoue ne point partager l’opinion de Droysen. Les légendes monétaires sont en concordance avec Etienne de Byzance et avec Pline qui dit: Edessam quae quondam Antiochia dicebatur, Calirhoen a fonte nominatam. Ainsi, d’après Pline, le nom de Callirhoé aurait été celui d’une fontaine voisine d'Edesse, et cette ville prenant le nom d’Antioche, comme tant d’autres, dut ajouter un qualificatif à sa nouvelle dénomination pour se distinguer des villes homonymes et particulièrement d’Antioche de Mygdonie, sa voisine. Tout cela est beaucoup plus simple et naturel que de supposer l'existence d’une autre Antioche non loin des bords de la mer Morte. D’après Malala, Edesse fut aussi désignée sous le nom de Avridyerx É06%p6moos.

Antioche de Ptolémaide (Acé).

La vieille cité d’Acé ou Acco dans laquelle ont été frappées de nombreuses monnaies d'Alexandre et de Séleucus Nicator, reçut, en tombant sous la domination des Lagides, le nom de Ptolémaïs qui lui fut donné par Ptolémée II Philadelphe :. Elle revint un peu plus tard sous l’autorité des rois de Syrie, et ce fut probablement Antiochus IT qui y envoya une colonie d’Antiochéens, d’où elle prit le nom d’Antioche de Ptolémaïde. En effet, il existe des monnaies datées du règne d’Antiochus IT, avec la légende ’Avrioyéwv rüv &v IIrokeuaïà : ces pièces portent la date L'O4 (= an 99)+. M. Barclay Head; pense qu’Antioche de Ptolémaïde est peutêtre Acé, mais la préposition ëv ne lui semble pas très claire. Cependant la formule monétaire en question s’explique de la même façon que la formule ’Avrioyéuwv Tüv ëv MuyGwvis pour Nisibe, par exemple. La Ptolémaïde était évidemment le district d’Acé ou Ptolémaïs qui, prenant le nom d’Antioche à l’exemple d’un grand nombre d’autres villes, dut ajouter à sa nouvelle appellation un qualificatif qui la distinguât de ses homonymes. Comme ces dernières, elle ne conserva pas long-

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