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TRYPHON CXXXIX

Nous avons vu plus haut que le nom de Tryphon paraît fréquemment sur les monnaies d'Antiochus VI où il figure abrégé TPY et souvent accompagné des lettres ZTA: Ce dernier groupe n’est jamais inscrit sur les monnaies de Tryphon, roi.

Le type le plus remarquable des monnaies de Tryphon est le casque cornu, qui figure déjà sur des drachmes d’Antiochus VI, mais toujours accompagné des lettres TPY, ce qui permet de croire que ce casque était l'emblème particulier de Tryphon. Ce n’est peut-être pas tout à fait à tort que Vaillant voyait dans ce casque une allusion au nom de Tryphon, car reupdlsux est l’épithète d’un casque dans Homère et Hésioder, Cette explication paraît trop recherchée au judicieux Eckhel qui fait ressortir simplement que la corne de boué du casque de Tryphon est un ornement emprunté au casque national macédonien?. Ceci nous explique bien pourquoi l’on

. donne Ie nom de casque macédonien à la coiffure guerrière de Tryphon, mais sans

nous fournir les raisons pour lesquelles Tryphon l’adopta et en fit un type monctaire. Ce casque était peut-être l’insigne de sa dignité comme chef autocrate de l’armée, sous le régne d’Antiochus VI Dionysos.

L’aigle des Lagidés dont nous avons expliqué plus haut la présence sur les monnaies des Séleucides frappées dans les villes de Phénicie, offre sur quelques monnaies de Tryphon une particularité que nous rencontrerons plus tard encore : c’est qu’au lieu d’avoir la palme, emblème de la Phénicie, appuyée sur l’aile droite, il a un épi de blé avec une feuille. Le tétradrachme n° 1056, qui est à ce type, porte le monogramme de Ptolémaïs, où il a été frappé ; il est intéressant de constater qu’il existe des monnaies du roi d’Egypte Ptolémée Philométor émises aussi à Ptolémaïs, et qui ont le même aigle sur un foudre avec un épi sur l'aile. Toutefois, ce type n’est pas spécial à Ptolémaïs, car notre tétradrachme n° 1057 n’a pas été frappé dans cette ville, et un didrachme de l’an 3 au même type, est sorti de l'atelier de Sidon3.

Il nous reste à parler des chalques d’Ascalon, décrits sous les nos 1058 et 1059 de notre Catalogue4. Le n° 1058, connu depuis longtemps, a été classé à la ville de Dora où se passa un épisode de la lutte entre Tryphon et Antiochus VI ; cette attribution a eu pour point de départ, la lecture AQP:I€-K:*A:, proposée pour la première fois par Pellerin. Eckhel dit à ce sujet que cette médaille de Pellerin est unique et qu'elle a été frappée à Dora, de Phénicie, ville qui fut jusqu’à la fin à Tryphons. Mionnet, puis le Trésor de numismatiqueé, admettent l'interprétation d'Eckhel, et l’auteur de ce dernier recueil s’attache particulièrement à faire ressortir tout l'intérêt historique d’une pièce qui vient illustrer le passage du livre I des

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