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nographique de l'effigie monétaire, sur ces pièces, n’est pas assez net pour qu’on puisse être absolument affirmatif sur ce point. Ce n’est donc là qu’une conjecture vraisemblable.
Il en est tout autrement de la tête qui paraît sur les magnifiques médailles de Carystus et de la ligue étolienne. D’abord, le fait que la même tête figure sur des médailles de Carystus et de l’Etolie contemporaines d’Antiochus II, constitue déjà une présomption en faveur de l’attribution de cette tête au roi de Syrie dont les Etoliens et les Eubéens étaient les alliés. En second lieu, la tête qui est sur ces médailles a iconographiquement, ainsi que le remarque M. Gardner, une grande ressemblance avec l’effigie des monnaies syriennes. La couronne de chêne qui enlace le diadème royal n’est pas un obstacle à l’attribution à Antiochus III, car les monnaies contemporaines, d’Attale Ier roi de Pergame et de Ptolémée IV roi d'Egypte, offrent des particularités analogues. Puisque la même tête paraît à la fois sur les monnaies eubéennes et étoliennes, il est évident que, sur les pièces de lEtolie, ce ne saurait être la tête d’Ætolos, le héros éponyme, ni celle d’Attale Ier, roi de Pergame, qui fut chef de la ligue étolienne en 209 : Ætolos et Attale n’ont rien à voir avec l’Eubée. Il n’y a pas lieu non plus, croyons-nous, de songer à reconnaître dans cette tête celle d'Alexandre le Grand, car elle n’a aucun rapport ni avec celle qu’on voit sur les monnaies de Lysimaque ornée des cornes d’Ammon, ni avec celle que la tradition grecque et romaine donne au héros macédonien. Je crois donc que Phypothèse de M. Gardner est justifiée et que la tête en question nous offre les traits, peut-être un peu idéalisés, d’Antiochus III :.
Sur les monnaies de Chalcis et sur celles des Athamanes frappées sans doute par les soins d’Amynander, allié d’Antiochus, on voit, avons-nous dit, une tête de femme voilée dans laquelle on peut reconnaître la reine Eubœæa, plutôt que la nymphe Dioné. Comparez-lui la tête de reine qui figure sur les monnaies de Séleucus IV Philopator, la tête de Laodice accolée à celle d'Alexandre I Bala, la tête de Cléopâtre seule ou accolée à celle d’Antiochus VIIT Grypus, la tête des Arsinoë et des Bérénice sur les monnaies égyptiennes; enfin, la tête de la reine Philistis sur les monnaies syracusaines.
Le revers de la monnaie de Chalcis, avec Déméter dans un quadrige, fait directement allusion aux fêtes somptueuses que donna Antiochus en l’honneur de son mariage avec la fille de Cléoptolème, qu’il salua pompeusement du nom d’Eubœa, la nymphe éponyme et protectrice de l’ile. Nous admettons volontiers que l’autre monnaie de Chalcis, dont nous avons donné la description, se rapporte aussi au séjour d’Antiochus IIT en Eubée et aux fêtes de son mariage. Quant aux magistrats qui ont signé ces pièces, Théoclès, fils de Pausanias, et Xénocratès, ils sont inconnus historiquement, et c’est sans fondement que M. Gardner identifie Xénocratès avec un certain Xénoclidès que cite Tite Live comme l’un des principaux citoyens de Chalcis au temps du passage d’Antiochus.