‹ Les rois en exil. Illus. de Bieler, Conconi et MyrbachChapitre 15 sur 21 · TV · texte numérisé non relu

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« Allons, monseig-neur, il faut en prendre votre parti. C'est une affaire manquée. Vous serez plus heureux une autre fois, et plus prudent aussi.... Maintenant je supplie Votre Majesté d'accepter

3qH les rois F,X F. XII.

l'abri que je lui ollVc à la p'"éfcctnrc. Partout ailleurs elle serait <;n hutte à des curiosités ji-ènantes. L'alt'airo est connue dans la ville.... »

Lhrisiian ne répondit pas tout de suite. Il rej^ardait cette petite pièce d'administration, remplie par un fauteuil vert, des cartons verts, un poêle en faïence, de grandes cartes sillonnées des lignes des trains, ce coin misérablement bourgeois où venaient échouer son rêve héroïque et les derniers échos de la marche de Rodoïtza. C'était comme un voyageur en ballon, parti pour plus haut que les cimes et descendant presque sur place dans une hutte de paysans, le pauvre aérostat dégonflé, en paquet de toile gommée, sous un toit d'écurie.

U finit pourtant par accepter l'invitation, trouva chez le préfet un intérieur vraiment parisien, une femme charmante, très bonne musicienne, qui, le dîner fini, après une conversation où Ton passa en revue tous les sujets du jour, se mit au piano et feuilleta des partitions récentes. Elle avait une jolie voix, chantait fort agréablement, et peu à peu Christian se rapprocha d'elle, parla musique et opéra. Les Échos d'Illyrie traînaient sur la tablette, entre la Reine de Saba et la Jolie Parfumeuse. La préfète demanda au roi de lui indiquer le mouvement, la couleur des chants de son pays. Christian II fredonna quelques airs populaires : Beaux yeux, bleus comme un ciel d'été...

et encore : Jeunes filles qui m'écoute: en tressant ^!es nattes.... »

Et tandis qu'appuyé au piano, pâle, séduisant, il prenait des intonations et des poses mélancoliques d'exilé, là-bas sur la mer illyrienne dont les Échos chantaient les flots ourlés de neige et les rives dentelées de cactus, une belle et "enthousiaste jeunesse, que Lebeau avait négligé de prévenir, cinglait joyeusement vers la mort, au cri de : « Vive Christian II ! »

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