‹ Les Romagnes: note historiqueChapitre 5 sur 14 · CONFÉRENCES DE SELZ · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE SELZ

Des conférences s'ouvrirent à Selz, entre M. de Cobentzel, plénipotentiaire autrichien, et François de Neufchâleau, plénipotentiaire français. L'Autriche, qui était déjà maîtresse de la Vénétie jusqu'à TAdige, voulait étendre

ses possessions jusqu'à l'Âdda et jusqu'au Pô; elle demandait, en un mot, la moitié de la république cisalpine.

« M. de Gobentzel proposait de dédomc< mager la Cisalpine avec une partie du Pièce mont; le surplus de ce royaume aurait été « donné à Tarchiduc de Toscane et le roi de et Piémont aurait reçu en dédommagement les ce États de VÊglise. Ainsi, au prix d'un agrancc dissement pour lui en Lombardie, et pour sa ce famille en Toscane, l'empereur d'Aulricbe ce aurait sanctionné le renversement du Pnpe ce et le démembrement de la monarchie du ce Piémont ^ » Le chef du saint Empire Romain trouvait alors le Pape fort bien placé dans un couvent, et jugeait que Pie VI ne devait être, en aucune manière, indemnisé de la perle

Thiers, Révolution française, l. X, p. 462, 165

LES ROMAGNES. iZ

totale du patrimoine de Saint-Pierre ! Le Directoire repoussa ces propositions.

Du reste, le cabinet de Vienne n'était pas le seul à convoiter les dépouilles de l'Eglise. La cour de Naples, à qui la France avait eu le tort de laisser occuper le duché de Bénévent, ancienne possession du Saint-Sicge, se flattait de gagner à la prochaine guerre une moitié des anciens domaines de Pie VI ^ .

L'année suivante, Pie VI, transporté de Toscane en France, par ordre du Directoire, rendait le dernier soupir à Valence. Un conclave se réunissait à Venise et n'obtenait qu^au bout de plusieurs mois la permission de donner un successeur au Pape.

' Thiers, Révolution française^ l. X, p. 166.

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