‹ Les romans de la Table ronde nouvellement rédigésChapitre 17 sur 100 · LES PRINCES REBELLES · texte numérisé non relu

LES PRINCES REBELLES

vit arriver Merlin , qui se montra à tout le peuple

comme celui qui veut être reconnu ; après quoi se présenta devant les rebelles , ouvert et joyeux à son ordinaire .

Ils

lui firent grand accueil

et

lui demandèrent

ce

que c'était que

ce

nouveau roi que l'archevêque prétendait leur imposer

- Beaux seigneurs

répondit

-il,

l'archevêque

bien fait

Et

sachez qu'il n'est pas fils d'Antor

ct

frère

de

Keu

mais de plus haute naissance qu'aucun de vous

- Comment

Que nous dites

vous

Mandez

devant vous

ainsi qu'Ulfin

et

Antor

et

vous saurez

la

vérité

Étonnés

barons envoyèrent Bretel muni d'un sauf

conduit

, et

Artus consentit

venir

en

compagnie

de

l'archevêque

et

d'Antor

non

sans avoir passé sous

sa

cotte un court

et

léger haubergeon

par précaution

Quand

entra

, le

barons

se

levèrent devant lui parce qu'il était roi sacré

, et

devant l'archevêque parce qu'il était saint

et

de bonne vie

Mais

peine furent

ils

assis

l'homme de Dieu commença

de

les supplier

au

nom de Notre Seigneur

de

prendre

en

pitié

la

chrétienté

et

de leur rappeler que

riches ou pauvres

ils

n'étaient que des hommes soumis

à la

mort

- Sire

firent

ils

sans

le

laisser achever

souffrez un peu que nous écoutions Merlin

ensuite vous retrouverez bien votre sermon

MERLIN L'ENCHANTEUR

Merlin se mit donc debout et leur conta tout

au long l'histoire d'Uter Pendragon et d'Ygerne ; puis il invoqua le témoignage d'Ulfin et d'Antor ; enfin il exhiba des lettres scellées que le défunt roi avait fait faire de tout cela .

En l'écoutant , le menu peuple qui était dans la salle commença de pleurer d'attendrissement et de maudire ceux qui voulaient nuire au fils d'Uter Pendragon . Mais les barons , après avoir un peu hésité , déclarèrent qu'ils ne consentiraient jamais à tenir leurs fiefs d'un bâtard , et,

comme Merlin leur représentait qu'ils se trouveraient mal d'aller contre la volonté de Notre

Seigneur qui avait lui-même élu Artus ,

ils

se

moquèrent

de

lui

disant

bien parlé

Enfin

ils

furent assembler leurs bannières pour donner sans tarder l'assaut au château

menu Artus

qui était revenu s'y enfermer

avait avec lui une grande multitude de peuple

mais seulement une poignée de chevaliers

En entrant

prit Merlin par

la

main

et ,

le

tirant

part avec l'archevêque

Ulfin

Antor

Keu

et

Bretel

lui demanda son avis

- Beau sire

dit Merlin

faites armer vos

gens

, et

attendez derrière

la

porte

, et

quand

je

crierai

Maintenant

eux

sortez hardiment

et

laissez courre les chevaux

Alors l'archevêque monta sur

le

mur

et

excom-

BATAILLE DE KERLÉON

munia tous ceux qui voudraient méfaire au roi. Puis Merlin , du sommet de la tour , jeta un enchantement tel que toutes les tentes et pavillons des barons rebelles se mirent à flamber .

Quand il les vit ainsi en feu , il donna son signal : la porte s'ouvrit brusquement et le roi Artus et les siens chargèrent aussi vite que leurs chevaux purent galoper , la lance basse et l'écu devant la poitrine . Si bien qu'ils mirent d'abord le désordre dans les rangs de l'ennemi surpris . Cependant le roi Nantre , qui était grand , fort et membru à merveille , se dit que , s'il tuaitArtus , la guerre serait tôt faite . Il prend une lance peinte , courte , roide et grosse , à fer tranchant ,

et charge à toute allure le roi . Le voyant venir , Artus broche à son tour et s'assure sur ses

étriers ; de sa lance de frene il heurte le roi Nantre avec tant de force qu'il lui perce son écu et le porte à terre par -dessus la croupe de

son destrier , si durement que toute la terre en résonne . Mais les gens du roi Nantre se précipitent à son secours et le remettent à cheval ;

ceux du roi Artus viennent aider à leur seigneur ; il se fait une mêlée furieuse .

Sa lance brisée , Artus tire son épée, celle qu'il avait arrachée du perron merveilleux . Elle s'appelait Escalibor , qui signifie en hébreu tranche fer et acier, et elle jetait autant de clarté que deux cierges allumés . Le roi la brandit et commence de frapper à dextre et à

MERLIN L'ENCHANTEUR

senestre , si vivement qu'il semble entouré

d'éclairs , et à faire de si grandes prouesses que nul n'ose l'attendre et que tous l'évitent . Voyant

cela , six des rois s'accordent pour le charger

ensemble , et

renversent avec son cheval

Mais Keu

Bretel

Antor

Ulfin

et

leur lignage

accourent

à la

rescousse

Keu

se

jette sur

le

roi Lot

lui décharge un tel coup sur son heaume qu'il l'abat sur l'arçon

, le

frappe

, le

refrappe

s'acharne

le

fait tomber

bas de son destrier

tout étourdi

ce

moment

, la

foule du menu peuple

se

précipitait

son tour dans

la

mêlée

armée

de

haches

de

masses

de

bâtons

bien que l'ennemi commença

de

plier sous

le

nombre

et

de

fuir

Fort échauffé

Artus

remonté

siens

se

jette

à la

poursuite

et

fait merveille d'Escalibor

au

point que sur ses armes rouges

de

sang on

voit plus couleur

ni

vernis

Semblable

une statue vermeille

atteint

le

roi Ydier

déjà

hausse l'épée pour

le

férir sur son heaume

mais son cheval l'emporte plus loin qu'il n'aurait fallu

, si

bien que

le

coup

frôlant l'homme

tombe

le

destrier

et

lui tranche

le

cou

Ydier tombe

terre

ses gens

le

dégagent

, le

remontent

grand peine

Enfin les

onze rois s'échappent

rudement pourchassés

laissant sur

le

terrain tout leur bagage

et

leur vaisselle d'or

et

d'argent

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