‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparés d'après les textes manuscrits les plus anciens, les publications latines, flamanades, allemandes et françaises; précédes de renseignements généraux et accompagnés de notes et d'éclaircissements philologiques et littéraires;Chapitre 16 sur 84 · LIVRE HL · texte numérisé non relu

LIVRE HL

Chap. P**. Reineke arrive ; d'abord un peu inquiet , il reprend courage et passe fièrement devant tous les barons. Grimbart lui rappelle que le timide ne réussit guère, mais que la fortune est favorable à l'audacieux. Reineke fléchit le genou devant le roi et la reine, prie Dieu qu'il leur fasse distinguer le juste d'avec l'injuste, le vrai du mensonge, et annonce sa confiance dans le discernement infaillible du roi.

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Chap. il Le roi menace. Reineke paie d'audace et d'hypocrisie. Il prétend que s'il n'avait pas la conscience nette et pure il ne se serait pas présenté, qu'il est venu sur la promesse de Martin d'aller à Rome le faire délier du ban du. pape. Qxi l'accuse hardiment pendant son absence, dit-il, mais que le lapin paraisse et ose se plaindre en face de lui ! Le lapin a été régalé parfaitement, mais il s'est attaqué aux jeunes renards et doit des remerciements à Reineke de l'avoir tiré d'un mauvais pas. Quant à la corneille, elle est morte, selon lui, d'avoir avalé force poissons avec les arêtes ; peut-être le mâle l'a-t-il tué lui-même ; et comment Reineke pourrait-il attraper ceux qui ont la faculté de s'envoler, lui qui ne fait que marcher! Qu'on laisse les accusations, qu'on produise de bons témoins contre lui, ou bien qu'on lui ofTre un honorable combat singulier avec quelqu'un de ses pairs. Le lapin et la corneille, effrayés de son insolence et de sa proposition, se taisent et s'esquivent. Reineke s'en prévaut et triomphe.

Chap. IIL Le roi reproche à Reineke la mort du lièvre et sa trahison envers le mouton. Reineke feint d'ignorer leur mort, de penser que l'un a tué l'autre, et d'avoir perdu un grand trésor qu'il les avait chargés d'apporter au roi.

94 REINEKE.

Celui-ci se retire en colère ; la femelle du singe, dame Rukenauwe^ amie de la lionne, tàcbe de radoucir et rappelle que Reineke seul a su prononcer entre Tbomme et le serpent.

Chap, IV. Le roi fait répéter cette aventure: Un jour un passant voit un serpent pris dans un lacs ; sur la demande du serpent, et d*après son serment de ne jamais nuire à son libérateur, le passant le détacbe. Ils cbeminent ensemble. Le serpent ayant faim veut attaquer Tbomme, et s'excuse sur le pressant besoin. L'bomme demande seulement le délai nécessaire pour faire décider la question par quelque arbitre. Ils trouvent le coirbeau, qui, pour avoir lui-même un mor^ ceau , prononce en faveur du serpent. L^honune récuse le brigand ; on s'adresse à Tours et au loup : même sentence. L'homme en appelle au roi ; le serpent fonde toujours son droit sur la faim et le besoin ; le roi demande Tavis du renard ; celui-ci propose que Ton remette les parties adverses en leurs positions premières. Le serpent est attacbé comme il l'était, et Tbomme est mis à même de le laisser ainsi ou de le détacber, à son gré. II remercie et s'en va sain et sauf ^ Éloge de la sagesse de Reineke.

* Ce sujet ne re]>aralt dans aucune des autres versions, excepté dans le seul Renart le Contrtfait.

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Chap. V- Le roi réfléchiti et va demander compte à Reiueke de la mort de Lampe et de Bellyo. Reineke éclate en doléances sur la perte des magnifiques joyaux qu'il prétend leur avoir confiés.

Ghâp. VL Description de ces joyaux: d'abord une bague merveilleuse d'or fin avec une pieiTe précieuse. Au dedans sont gi*avés des noois que Seth a apportés du paradis , et la pierre , il Ta trouvée en cherchant l'huile de la miséricorde ; les mots et la pierre ont toutes sortes de vertus miraculeuses.

Chap. VIL Puis un peigne et un miroir pour la reine. Le peigne avait été fait d'os de pan* thère d'une odeur tellement agréable qu'elle attire et dompte tous les autres animaux; d'ailleurs le jugement de Paris se trouvait sur le peigne magnifiquement ciselé et incrusté d'or.

Chap. VIIL Le miroir n'était pas moins admii*able : on y voyait ce qui se passait à une lieue à la ronde jour et nuit, et quiconque avait un défaut à la figure, en s'y regardant le défaut disparaissait. Sur la bordure, en bois merveilleux, se trouvaient ciselées les anciennes fables bien connues d'un cerf et d'un cheval qui se fait esclave de l'homme pour avoir voulu satisfaire son ressentiment et sa vanité.

96 fii^fiiçy.^.

Ghap. IX. D'un âne qui, voulant io^iter le petit chien, se met à embraaser et à caresser 3on maître, et s'attire par là force coups de bâton.

CnAP, X. De son propre père, ami de Hinze, le chat sauvage qui, lorsque les chasseurs et les chiens les poursuivent et sont sur le pœnt de les atteindre, le trahit, se s$(uve sur un arbre, et lui crie ironiquement d'ouvrir le sac tout plein des bons conseils dont il s'était vanté.

Ghap. XI. De Lutjej la grue, qui retire l'os de la gueule du loup.

Ghap. XII. Reineke, continuant ses fictions et ses mensonges, prétend faire souvenir qu'un jour le père du lion, étant malade, fait appeler vainement tous les autres animaux à son aide; le père de Reineke seul parvient à le guérir en lui prescrivant de manger le foie d'un loup de $ept ans^ En effet, malgré les protestations du loup, qui assure n'avoir encore que cinq ans, on ^ lui arrache le foie; le roi en mange, guérit, récompense le renard et le crée docteur. Gette aventure aussi a dû se trouver sur la bordure du miroir merveilleux.

Ghap. XIII. Le lion fait l'incrédule, et Reineke se croit obligé de lui rappeler comment il

* Ceci est moins bien que remploi de la peau du loup dans les autres poëmes.

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a personneUement bien mérité de lui. Un jour Isengrim et Reineke ont pris un cochon ; le lion survient et en réclame une part. Isengrim donne la moitié pour le Kon et la lionne, se réserve Tautre moitié, et n'accorde à Reineke que les oreilles, le museau et la moitié du foie ; le lion ayant mangé sa portion, donne un coup de griffe sur la tête du loup vorace, de manière que celui-ci, se sentant meurtri et saignant, veut se retirer. Le Kon l'envoie cependant chercher encore quelque autre proie ; Reineke s'offre à Taider, et ils ramènent un veau gras. Reineke, chargé du partage, assigne une moitié pour le roi, mie autre pour la reine, les entrailles pour leurs petits, les pieds seulement pour lui-même, et la tête pour Isengrim ; et sur la question du lion^ il répond que c'est le sort du loup qui lui a si bien appris à partager. L'insolence de Reineke s'accroît; il invite quiconque voudra Tac* cuser à se présenter avec de bons témoins, et à mettre en gage sa fortune, son oreille ou sa vie, selon la coutume.

Chaf. XIY. Le roi cède en s'imaginant ne suivre que le bon droit ; il pardonne, pourvu que Reineke veuille aller à la recherche des joyaux perdus. Tous les autres animaux se sont également laissé persuader. Isengrim seul persiste à

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regarder Reineke comme fripon et menteur, à raconter trois autres trahisons nouvelles de Reiueke, et à vouloir que justice soit faite, dût-'il lui-même se battre avec le fourbe.

Ce livre a encore bien moins de vie, de mouvement et d'originalité que le premier. L'idée des objets précieux et les fictions continues sur ce sujet semblent n'être qu'une variante du trésor du roi Eimery, et elles sont bien longues.

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