‹ Les Romans du Renard examinés, analysés et comparésChapitre 20 sur 84 · V. /i865. Ce fu en mai en tel termine · texte numérisé non relu

V. /i865. Ce fu en mai en tel termine

Que la flor monte eu l*aube-espine, Prez reverdissent et li bos.

Et oisiax chantent sanz repos Et toute nuit et toute jor, Que Renart estoit à sejor A Malpertuis sa forteresce.

Mes moult estoit en grant destrece Que de garison n'avoit point.

Renart dans son Malpertuis est fort dépourvu de vivres, et, conune lui, sa femelle en a grand besoin, car elle porte encore des petits. Renart, en partant, traverse le bois et arrive dans un pré qu'il compare en beauté au paradis ; il s'achemine vers une ferme , vile , séjour d'un propriétaire excessivement riche en toute chose, du nom de Butors li Maires (Rertoult). Renart guette le coq

et le manque ^ Chauteeler chante alors et fait du bruit; le vilain arrive, aperçoit le renard, jure de le prendre, saisit et tend ses rets au dessus des choux où Renart s'est caché. Ronart , en effet , est pris , mais il mord Thonmie au pied et à la main si cruellement, que céliji-ci s*humilie au dernier point, prie Renart de prendre tout ce qu'il a, et même de le faire son homme-lige. Renart, dégagé du filet, fait faire serment et hommage en bonne forme, à genoux, au vilain, qui jure par sa suer dame Litouis de la Monjoie, et se fait apporter le coq noir, avec lequel il s'en va tranquillement. Cependant le coq prie Renaît de lui chanter une chanson pour qu'il meure plus doucement ; Renart y consent ; aussitôt le coq bat des ailes et va se percher siu* un arbre. Renart reconnaît trop tard qu'il aurait mieux valu se taire, et rappelle un souvenir de l'antiquité, en disant :

Page 1