LE ROSIER DE PHILIPPE NOISETTE
DESCRIPTION
Magnifique arbrisseau qui s'élève jusqu'à huit à dix pieds. Ses rameaux glabres sont armés d’aiguillons assez forts, un peu crochus, rougeàtres sur les branches floriferes, et bruns sur les rameaux adultes. Les feuilles se composent de cinq à sept folioles ovales-pointues, rarement obtuses, glabres, vertes endessus, plus pàles en-dessous, simplement et finement créne- Iées: elles sont portées par des pétioles velus, munis de plusieurs petits aiguillons recourbés qui s'étendent, par-fois, jusque sur la nervure de la foliole impaire. A la base de ce pétiole sont deux stipules bifides, pointues au sommet, denticulées et
glanduleuses en leur bord. Les fleurs, latérales et terminales,
(1) Habitus. Frutex magnitudine, circiter, 8 — 10 pedum. CauLES, robusti, aculeis sparsis armati. ACULEI validi, inaequales, subrecti. Forrora, plerumque septenna, orbiculato-ovata, basi rotundata, apice partim acuta, partim obtusa, utrinque glabra. PrTIOLI subpubescentes, aculeati. Srrpurx lanceolate, acuminate, margine glandulose. FLo RES terminales, corymbosi; corymbus bracteis suffultus. PenuNncULI raro simplices, saepius in pedicellos ternos divisi, bracteis ad basim cujusve ramificationis preediti. Br ACTEE angustae, mucronate. CALICIS TUBUS (oblongo-oviformis), pedunculi et pedicelli omnino villosuli. Lacini®a caLycin® mucrone lineari terminate, appendiculate, intus albotomentose, margine glandulis raris predite. CoroLLa speciosa duplex, colore ex albo purpurascente , suavissime olens. PeTALA obcordata. FrucTUS ellipsoideus. Maturum non vidi. Nomen ex D. Ph. No1seTTE, Horti-cult. in America Boreali. ( N.)
les premiéres écloses, plus grandes que celles du Roster Muscade, les autres à- peu-prés de la dimension des fleurs de ce
dernier arbrisseau, répandent une odeur tres-suave. Elles nais-
sent rarement solitaires, plus souvent, trois ou six ensemble, à l’extrémité des rameaux où elles se réunissent en une espèce de panicule souvent composée d’une telle quantité de fleurs, qu'on en a compté jusqu'à cent-trente , lesquelles se développent successivement, et trés - bien. Les tubes ovoides des calices, les pedicelles allongés qui les soutiennent, et les pédoncules communs, sont couverts d'une espéce de duvet court et serré. Les divisions du limbe, deux entières, et trois munies de quelques pinnules simples, sont pointues au sommet, cotonneuses à lin térieur, et garnies en leur bordure de quelques petites glandes sessiles. La corolle est composée de sept è huit rangs de pétales, d'un blanc lavé de rose, un peu jaunes vers l’onglet, irrégulièrement échanerés au sommet. Styles libres, à stigmates un
peu rougeatres.
Observations particulières à ce Roster.
Ce bel arbrisseau est un produit de la culture de M. PAdippe NorseTTE, lun des plus habiles pépinigristes de l'Amérique septentrionale ; c'est pourquoi les amateurs, dans ces contrées, se sont empressés de lui donner son nom, comme un juste tribut de leur reconnaissance. M. Lowis NorserTtE, son frèére, pépiniériste à Paris, s'occupe de le propager en France; et c'est dans sa rare collection (où il a fleuri en 1818) que nous avons pris notre modele.
Le Rosier de PA. NorserTE est, selon nous, hybride du Rosier Muscade et du Rosier des Indes, dont il participe évidemment par le feuillage , la disposition des fleurs, l'’époque de la floraison, etc. Cependant, le premier s'en éloigne par ses styles soudés, comme par ses fleurs absolument blanches et plus petites; et le second, par la déflexion des lanières du calice avant l’épanouissement, ses étamines longues et contournées se renversant sur les styles, enfin par le don qu'il a recu de donner continuellement des fleurs. La semence des graines nous apprendra, par la suite, sil doit se reproduire sous les mémes formes, et constituer une espèce nouvelle. Quoi qu'il en soit, notre Rosier étale ses fleurs au mois de juillet, et elles se succèdent sans interruption et avec abondance jusqu’aux gelées, auxquelles un jeune pied, livré à la pleine terre dans notre jardin, a résisté cette année (1820), quoique nous n’ayons pris que la simple précaution de le faire couvrir de feuilles. Quand i sera acclimaté, il fera l’ornement de nos parterres, avec d’autant plus de raison, que le parfum de ses fleurs est aussi agréable que celui de nos Cert-fewilles , quoique d’une autre nature.
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