SCÈNE IL M. DE MALESHERBES , ROSINE
rosine, se croyant toujours seule.
Il se fait tard... Allons vite porter l'argent de mon lait à ma mère et faire un brin de toilette.
M. de malesherbes, allaut au-devant d'elle.
Vous n'en avez pas besoin , ma belle enfant... C'est dcnc vous qui avez la peine d'arroser ce bosquet ?
ROSINE
Ah ! Monseigneur, c'n'est point une peine, c'est un plaisir, et un bien grand.
M. DE MALESHERBES , à part.
Parbleu ! le prix, que ces bons habitans attachent à ces roses , me fait naître une idée... (^Haut. ) Mon enfant, vous pouvez me rendre un service.
Je n 'demandons pas mieux, Monseigneur.
M. DE MALESHEEBES.
Dites-moi : le nombre de celles qui, par leur âge, sont appelées à prendre soin de ce bosquet, est-il considérable?
ROSINE
Monseigneur.?;;
M. DE MALES HERBES
Répondez.
ROSINE
Ah! ce n'est pas ce qui m'embarrasse.... Nous avons Louise , Juliette, Angélique, Pauline , Lucette et moi, Monseigneur j ça fait tout juste six.
M. DE MÀLESHERBES.
La meilleure intelligence règne sans doute parmi vous ?
ROSINE
Oui, Monseigneur, toujours... excepté, cependant, quelques petites castilles qui surviennent de temps en temps; mais c'eçt juste , voyez-vous.... quand on est comme ça six femmes ensemble , on ne peut pas être toujours d'accord.
Cela se comprend.... Mais si l'une de vous s'était rendue coupable , les autres, j'en suis sûr, n'hésiteraient pas à la sauver d'un châtiment.
ROSINE
Ah! Monseigneur! vous m'effrayez.... quel châtiment p
Celui de rester un an sans danser , par exemple,
ROSINE
Non, certainement, nous n'hésiterions pas, et nous ferions, pour elle ce que nous voudrions qu'on fît pour nous.
Eh bien ! écoutez-moi....
doprés , au Bailli , dans la coulisse.
J Vous disons, M. l'Bailli, qu'jons laissé Monseigneur dans c'bosquet.