EFFETS DE LA TAILLE SUR UN RAMEAU
Les rameaux de même nature ayant un même mode de
végéter, il suffit d'étudier l’action d’une taille particulière pour
préjuger à l'avance le résultat d’une pareille taille sur de mêmes
rameaux (Fig. 28).
Plus un rameau est vigoureux, plus les bons yeux sont éloi-
Fig. 28.
Rameau avec diverses tailles.
gœnés de sa base; ces bons yeux se trouvent à partir de 5 centimètres sur les rameaux faibles et sur ceux des variétés très-florifères et de vigueur moyenne.
Étant admis qu’un rameau taillé plus ou moins long ne donne généralement que deux bons rameaux florifères, une taille raisonnée consistera donc à trouver les deux premiers yeux bien constitués; si on va les chercher trop loin on obtient un long bois dénudé et la touffe du rosier s’affaiblit et se dégarnit. Il est vrai que quelquefois on obtient, au-dessous de ces deux pousses, quelques brindilles, ou, plus bas, quelque rameau à bois; mais cette production est incertaine et n’infirme en rien la règle que nous signalons.
Faire en sorte que sur chaque taille il y ait deux bons veux, telle est la règle à suivre. Rappelons-nous que les bons yeux donnent les bonnes pousses, et les bonnes pousses les bonnes fleurs.
Une taille longue (Fig. 29) convient pour les rosiers francs de pied et vigoureux, et pour les espèces qui ne donnent des fleurs que sur les brin-
dilles venues le long du bois de l’année précédente. Pour les
variétés greflées et de végétation ordinaire, une taille longue ne
permettrait pas le remplacement du vieux bois.
Une taille moyenne et raisonnée, 10 centimètres environ, permet de conserver deux bons yeux; elle concentre la séve, donne de bonnes pousses et maintient l'équilibre dans toutes les parties du rosier (Fig. 30).
Fig. 29. — Résultat d’une Fig. 30. — Résultat d’une Fig. 31. — Résultat d’une taille longue. taille moyenne. taille trop courte.
Une taille trop courte sur les yeux latents fait sortir des rameaux vigoureux, mais peu florifères, surtout chez les variétés non remontantes ; elle fait développer à l'excès, au collet du rosier, des gourmands dont il faut supprimer une partie pour éviter la confusion, et il en résulte des plaies sans nombre qui épuisent l’arbuste. (Fig. 31).