NOTICE BIOGRAPHIQUE
La facilité de son esprit et la variété de ses connaissances lui firent changer quelquefois la direction habituelle de ses études et de ses travaux.
Il publia l'histoire de la fondation du Grand-Orient de France, 1 vol. in-8. Paris, Dufart, lib. 1812; ses Acta Latomorum, ou Chronologie de l’histoire de la Franche-Maconnerie, 2 vol. in-8°. Paris, Dufart, lib. 1815.
Ces deux ouvrages ont demandé à l’auteur de laborieuses recherches sur l’origine, les mystères, les rites, le but, les succès et les revers des sociétés secrètes de tous les pays et de tous les âges. Ils ont été
généralement jugés dignes de l’estime des savans et
des écrivains, sous le rapport de l’érudition »; de l'exactitude historique et de l'élégance du style.
Un manuscrit qui contenait une monographie complète des champignons de France, qu'il avait reconnus , analysés, décrits et dessinés lui-même, a été compris dans la dévastation de sa campagne à Belleville, lors de l'invasion de 1814.
IL s’occupait depuis long-temps de l'ouvrage des Roses, grand in-folio, imprimé par Firmin Didot $ en 1817. Lorsqu'il composa son texte, il avait examiné avec soin, et pendant plusieurs années, les collections du Gouvernement, les jardins des pépiniéristes et des amateurs les plus habiles et les plus éclairés de la capitale et des environs ; il avait entretenu des relations avec les savans de tous les pays; il avait consulté les auteurs d’iconographie anciens et modernes. Voulant alors prendre un repos nécessaire à la mé-
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NOTICE BIOGRAPHIQUE. ii]
ditation , il vécut à la campagne, et continua de faire des études et des observations sur les belles collections de rosiers qu’il possédait à Belleville , et ensuite à Clamart-sous-Meudon.
Ce texte est plein de critique, de goût et d’érudition : il offre un travail original et piquant.
Jusqu’aujourd’hui, M. Thory est l’auteur qui a fait le plus de recherches et d'observations sur un genre qu'il est fort diflicile d’éclaircir; il a le mérite d’avoir porté les méditations de l’étude sur un sujet presque délaissé, jusqu’au moment où il a joint son texte aux belles figures de M. Redouté.
Dévoué à l’étude des sciences naturelles, il contemplait avec ravissement l’ordre régulier, les phénomènes et la profondeur des mystères de la nature ; il était porté sans cesse, par un attrait irrésistible, à obtenir de nouveaux résultats : l'intérêt n’a jamais conduit sa plume, et n’a été, dans aucune circonstance, le mobile de ses actions; il n’a connu que l'ambition d'atteindre à la hauteur de la science et de
la vérité; il n’a eu pour but que de frayer une route à ceux qui pourront par la suite chercher à étendre les connaissances humaines.
Lié par l’amitié et par un goût prononcé pour les arts avec M. Redouté, il lui communiqua son plan de l'ouvrage des Roses, que ce dernier voulut bien adopter. On vit naître alors du pinceau ingénieux et savant de cet habile maître, ces portraits de roses qui accompagnent chaque description, véritables chefsd'œuvre où la nature semble revivre dans l’image.
iv NOTICE BIOGRAPHIQUE.
En considérant l’ensemble magnifique des Roses, le mérite et le luxe de la typographie, les talens remarquables des deux auteurs, on se sent disposé à croire que les noms de Thory et de Redouté ne périront pas.
L'auteur du texte ayant découvert par la culture l'existence de deux espèces nouvelles, en donna successivement la description en 1817 et 1819; la première , sous le titre de Rosa Redutea ; la deuxième ; sous celui de Rosa Candolleana, brochure in-12, avec une Dédicace latine riche de pensées et de style.
En 1820 il publia son Prodrome de la. monographie des espèces et variétés connues du genre Rosier, divisées selon leur ordre naturel, avec la synonymie , les noms vulgaires , un tableau synoptique , et deux planches gravées en couleur. Cet ouvrage a été accueilli du public avec une grande faveur; 1 vol. in-1 2. Paris, Dufart, libraire.
À la première publication des Roses succéda une seconde édition , à laquelle il fut étranger.
Invité par M. Redouté à concourir à la publication d’une troisième édition , il y consentit, et profita de cette occasion pour présenter les Roses suivant les principes d’une méthode naturelle ; il traça un plan sur lequel il rangea cette collection par familles , et réunit en groupes les individus d’un même type. (Il a considéré ces groupes comme autant de chapitres prêts à se remplir des découvertes que le temps amenera.) De plus, il a augmenté. cette édition d’un