‹ Les roses, Tome IChapitre 43 sur 113 · ROSIER DE LADY BANKS · texte numérisé non relu

ROSIER DE LADY BANKS

DESCRIPTION

ARBRISSEAU rameux, rampant et susceptible de s’élever à une grande hauteur lorsqu'il est fixé à un soutien. Dès sa base, il se divise en longues branches flagelliformes, prenant diverses directions, glabres, vertes, et sans aiguillons. Les feuilles se composent de trois, le plus souvent de cinq ou de sept folioles ovales -elliptiques, luisantes sur les deux faces, finement et simplement dentées, chaque dent surmontée d’un poil glanduleux ; elles sont portées par un pétiole glabre en dessus, recouvert en dessous de poils mous et couchés qui s’étendent jusque sur les nervures des feuilles : à sa base sont deux stipules distinctes, sétacées, velues et pointues au sommet ; ces organes se flétrissent et se détachent promptement, car on ne les aperçoit qu’à la base des feuilles des jeunes pousses. Les fleurs, de petite dimension, d’une odeur suave et pénétrante, analogue à celle que donne la violette de Parme, naissent à l'extrémité des ramuscules qui croissent le long des branches principales. Les pédoncules qui les soutiennent, longs de quinze à vingt lignes, sont réunis à leur base, au nombre de dix, quinze ou vingt, en une ombelle simple, semblable à celle de la primevère. Chacun de ces pédon-

cules est privé de bractées particulières, mais on en trouve deux, foliacées, au point commun de l'insertion: l'une composée de trois, plus rarement de cinq folioles, et l’autre, d’une seule. Ces pédoncules sont glabres ainsi que le tube globuleux du calice. Les divisions du limbe, courtes, entières, pointues au sommet, sont également glabres à l'extérieur, et garnies à l’intérieur d’un duvet blanchâtre. Corolle de quatre à cinq rangs de pétales d'un blanc pur et éclatant; ceux du centre, roulés et chiffonnés, laissent à peine apercevoir ce qui reste des étamines. Les styles, courts et libres, sont surmontés de stigmates d’un rouge assez vif.

Observations particulières à cet arbuste.

Ce rosier, apporté de la Chine en 1807, a été dédié à lady Bawxs, épouse de l’honorable M. Banks, l’un des savans de l'expédition du capitaine Cook. Il a fleuri, pour la première fois, en France, au printemps de 1819. M. Boursauzr, qui l'avait rapporté d'Angleterre, deux ans auparavant, a eu l’heureuse idée de le planter, en pleine terre de bruyère, dans sa magnifique serre tempérée, où l’arhuste s’est élevé à plus de quarante pieds; c’est dans cet état qu’il a fourni quelques beaux bouquets, l’un desquels a servi de modèle pour cet ouvrage.

Notre rosier a des rapports avec le R. sempervirens globosa (Re». Roses, vol. 2, p. et fig. 15; ibid. p- 16, var. «.), et encore avec le Sempervirens microphylla de M. DE CanDoOLte : mais il en diffère,

1°. Par ses tiges, ses pédoncules, et ses tubes absolument glabres;

2°. Par la disposition des fleurs en une ombelle parfaite et très fournie;

3°. Par ses stipules distinctes, filiformes et caduques, caractère très remarquable et propre à cette espèce ;

4°. Par ses pédicelles privés de bractées particulières ;

bo, Et surtout par ses styles libres.

On a vu au contraire, dans cet ouvrage, que les tiges des individus de l'espèce Sempervirens sont armées de nombreux aiguillons, et que les pédoncules et les tubes sont hérissés; que leurs fleurs sont souvent solitaires, et que celles qui sont réunies ne forment jamais une ombelle parfaite; que les stipules sont décurrentes sur le pétiole ; que les pédicelles sont garnis de deux bractées qui leur sont propres; enfin que, dans le Sempervirens , les styles sont soudés et s'élèvent en une colonne allongée. +

De ce que nous avons précédemment dit, il résulte que, pour obtenir les fleurs du rosier de lady Banks, il faut, dans le climat de Paris, le cultiver ainsi que l’a pratiqué M. Boursauzr; car quelques pieds que MM. Cers et Noïserre ont élevés dans des pots, n’ont pas fleuri, ou n’ont donné que des produits maigres et imparfaits. Il est, au reste, à désirer qu’on puisse l’acclimater en pleine terre, dans nos jardins : il serait propre alors à couvrir des berceaux, qu’il embaumerait du parfum exquis de ses fleurs, ?

? Ce rosier, comme les multiflores, passe l'hiver dans nos jardins à Paris. J'en ai vu notamment chez M. Norserre plusieurs individus qui ont bravé les grands froids de 1825 à 827. J'imagine qu’ils étaient déjà un peu forts lorsqu’au printemps, sans doute, on les a livrés à la pleine terre. Dans tous les cas, il est toujours prudent d’avoir un individu des Banksia et des mulriflores, en pot, pour leur faire passer l'hiver en orangerie, et de garantir les autres avec de la paille, afin de les préserver d’être surpris par la transition trop subite de la pluie aux grandes gelées, surtont s’ils sont 'greffés un peu haut sur églantiers, etc., en plein air. Les Banksia et les multifiores, placés en circonstances les plus convenables sous tous les rapports, sont ceux qui, greffés bas, sont employés à tapisser les murs nord-est ou nord-ouest, qu'ils garnissent parfaitement de leurs rameaux, feuilles et fleurs, même dans les années où ceux de plein vent ont péri, ou beaucoup souffert.

Une variété du Banksia, probablement accidentelle comme /a blanche du multifiore, mais à fleurs jaune - soufre, a été introduite de PAngleterre en France depuis deux ans; j’en ai vu les charmantes fleurs en 1827. Nous la possédons déjà, et on la trouve aussi dans le commerce de la capitale, qui l’a recue de celui de Rouen.

Nous ne donnons pas le dessin du rosa Banskia à fleurs jaune - soufre, parce qu'il ne diffère de l’antre que par cette couleur dans les pétales. P.

fleurs, Ja

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