‹ Les roses, Tome IChapitre 50 sur 113 · LE ROSIER GRIMPANT · texte numérisé non relu

LE ROSIER GRIMPANT

(A GRANDES FEUILLES )

DESCRIPTION

Czr arbuste peut atteindre à une très grande hauteur comme tous ceux de ce groupe : celui qui existait chez Du Powr avait trente pieds de haut. Ses tiges sont armées d’aiguillons épars, les uns droits, les autres recourbés. Les feuilles se composent de cinq folioles, quatre ou six fois plus grandes que celles du sempervirens de nos forêts, glabres et luisantes, surtout en dessus, arrondies à la base, pointues au sommet, simplement et assez finement dentées. Elles sont portées par un pétiole muni de poils et de glandes, ainsi que

de plusieurs petits aiguillons recourbés, ayant à sa base

deux stipules décurrentes, bifides, pointues au sommet, denticulées et glanduleuses en leur bord. Les fleurs, d’une odeur agréable, naissent par trois, six, et plus encore , à l'extrémité des rameaux qui croissent le long des branches principales, et forment, par leur réunion, une espèce d’ombelle. De longs pédoncules hispides glanduleux les supportent avec grâce : chacun d'eux, excepté celui'du milieu, est muni de deux petites bractées qui lui sont propres. A la base du pédoncule commun sont deux autres bractées plus grandes , quelquefois foliacées. Les tubes ovoïdes des calices sont, le plus Tome L :

souvent, glabres. Les divisions du limbe, trois pinnatifides et deux simples, sont velues extérieurement, et couvertes de duvet à l’intérieur et sur les bords. La corolle est composée de cinq pétales blancs dans l’intérieur, et parfois parés, à l'extérieur, de quelques fascies longitudinales de couleur rose. Les styles, dans cette variété, sont très remarquables : soudés, velus (surtout auprès des stigmates), longs de cinq à six lignes, ils présentent une forme qu’on pourrait appeler

‘phalloïde; c’est par ce motif que Du Powr, qui n’ayant

pas su rattacher ce rosier à son type, le nommait rosa phalloidea. Les fruits viennent difficilement à maturité dans le climat de Paris.

OBSERVATIONS

Ce rosier, très rare en France, conserve ses feuilles l'hiver, ainsi que tous les individus de cette série. Nous sommes autorisés à croire qu'il croît spontanément dans l'Italie, car nous l'avons trouvé parmi plusieurs rosiers sauvages desséchés qui nous ont été envoyés de Florence. Nous le cultivons depuis longtemps, et c’est Du Ponr qui nous l’a communiqué. L’individu qui appartenait à ce célèbre cultivateur a passé, avec sa collection, dans le carré des Roses, au Luxembourg, où nous l’avons vu végéter avec une grande vigueur, et étendre horizontalement ses longs rameaux.

L’arbuste est de pleine terre, et ne donne ses fleurs qu’à l’exposition du midi : toutefois, pour en obtenir, il faut éviter de le tailler. Tous les sempervirens sont dans le même cas.

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