‹ Les roses, Tome IIChapitre 67 sur 125 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

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ses divisions pinnatifides, couverts d’un grand nombre de petits poils glanduleux, visqueux et odorans. Ces pédoncules et les pédicelles dans chaque corymbe partiel ont leur base garnie de bractées ovales allongées, glabres en dessus, le dessous et les bords munis de poils et de petites glandes brunes, les unes sessiles, les autres pédicellées. Corolle de quatre à cinq rangs de pétales d’un rose pâle , jaune vers l'onglet, échancrés en cœur à la sommité, ceux du centre roulés et chiffonnés , styles velus et distincts; fruits gros et beaucoup plus allongés

que ceux des autres variétés des Ojfèra ou Quatre-

Saisons.

OBSERVATIONS

Ce rosier a été obtenu de semence dans le jardin fleuriste du Roï, à Sèvres, il y a quelques années, par M. Lecteur (de Villesur-Arce), auteur d’un Traité très estimé sur la culture du Rosier, publié à Paris en 1811. Les amateurs se sont empressés de lui témoigner leur reconnaissance, en donnant à cette variété du Rosa bifera le nom de Rose Lelieur, sous lequel il s’est répandu dans les jardins, et que nous lui avons conservé. !

Ce bel arbrisseau se couvre de fleurs depuis le mois de mai jusqu’à la fin de juillet; mais il faut le cultiver à l’ombre. Il est prolifique au plus haut degré; et, dans l’arrière-saison, on trouve des branches entières sur lesquelles des fleurs sortent immédiatement de tous les bourgeons.

* Ce bel arbrisseau a subi, comme tant d’autres de son espèce, les effets fâcheux du système de la synonymie. Ainsi nous le connaissons déjà sons les noms de rose Lelieur, perpétuelle Lelieur, rose du Roi, Portland à fleurs pleines, etc. Depuis que cette plante a pu être appréciée et bien connue par la culture , elle a justement obtenu la vogue la plus constante. Elle orne à Paris, par ses fleurs, les premiers marchés de fin de février, commencement de mars. Alors en sortant des serres chaudes du commerce, les corolles sont en effet à quatre ou cinq rangs de pétales : elles sont au contraire très doubles

et d’un pourpre très brillant lorsque la plante est livrée à la pleine terre et soigneusement cultivée à mi-soleil. Ce n’est plus alors l’épithète de bifera qui lui convient, mais plutôt celle de semperflorens fpuisque depuis la fin de mai jusqu'aux gelées assez fortes pour l'arrêter, elle présente presque toujours des fleurs et des boutons.

Indépendamment de la greffe, de la marcotte longue à s’enraciner, des drageons assez rares, des semences que l’on se procure difficilement encore; 8 , q P

quoique les fruits trop souvent dépourvus de graines paraissent assez nombreux, la plante se multiplie très bien par boutures faites de suite avec les tailles du printemps. Il est entendu qu’elles réussissent d'autant mieux qu’elles sont placées à l'ombre, en bonne terre, et recoivent les soins ordinaires de la culture.

Nous avons obtenu, par le semis des trois rosiers précédens, des variétés précieuses que l’on nomme vulgairement roses remontantes, parce qu’elles fleurissent toutes au moins deux fois À la fin d'octobre. Beaucoup d’amateurs s’attachent maintenant à multiplier par le semis, la série des Quatre:saisons et Portlands ou bifères qui présentent le double avantage de deux floraisons annuelles. On compte déjà dans cette série dix à douze variétés très précieuses qui, multipliées dans un jardin avec les plus belles du groupe des Indicæ où Bengales, Vorneront bien sûrement de leurs fleurs pendant les six plus beaux mois de l’année.

Parmi ces véritables rosiers bifères, Quatre-saisons , etc., si convenables à tous les parterres, et notamment à ceux dont la petite dimension exclut le grand nombre des individus d’un même genre, on cite comme assez nouvelle la Joséphine-Antoinette, fleurs aussi pleines et gracieuses que celles de nos plus parfaites cent-feuilles, dont elles ont encore le séduisant coloris ; la rose Fabert, moins nouvelle, plus large, pas aussi bien ciselée au printemps, mais charmante à l’automne; le Damas gris, dont les fleurs lilas cendré sont admirables; la Quatre -saisons tomenteuse à fleurs panachées, formes et coloris d’un bel œillet flamand à fond blanc strié rose; rose Préval, fleurs superbes et rose doux, à peu près semblables à celles de la rose dite Reine des quatre-saisons, aussi du même groupe, etc.

Les amateurs augmenteront bientôt les variétés de ces intéressantes roses à plusieurs floraisons annuelles, en s’attachant à les semer avec soin ; comme nous le faisons ici. Je dois les prévenir qu'ils ne doivent jamais compter pour une longue durée ces variétés de roses multifères tant qu'ils ne les posséderont que greffées sur églantiers. Elles y périssent très souvent fante de parfaite harmonie entre le suc des deux sèves. Il faut donc aussi regreffer ces roses souvent pour ne pas les perdre, si l’on veut les faire figurer dans une collection greffée à diverses hauteurs données, et que l’on n’obtient du moins pour les plus hautes, que sur les églantiers, notamment les R. canina,

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